‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 18 sur 96 · Viede Jésus, p · texte numérisé non relu

Viede Jésus, p

d’une hypothèse que je ne veux pas discuter. On peut voir déjà que la différence de forme entre les synoptiques ct saint Jean n’est pas telle qu’il faille faire son choix d’une manière tranchée. Les locutions que M. Renan ne voit pas dans les premiers s’y trouvent, et fréquemment. D'autre part, la forme parabolique apparaît chez sain! Jean comme chez les autres évangélistes, témoin les belles paraboles du Bon Pasteur et de la Vigne (x, xv). Le mot « Fils de l'Homme, » qui désigne plus particulièrement le caractère messianique de Jésus, revient dans saint Jean autant de fois que dans saint Marc; et le mot « Fils de Dieu, » qui exprime la nature divine du Christ et sa relation de personne avec le Père, est employé par les synoptiques bien plus souvent que par saint Jean. Où donc voyez-vous une trace de cette contradiction absolue! qu'il vous plaît d'imaginer pour ceux qui n'ont pas assez d’intelligence ou de loisir pour vérifier vos citations ? S’il y a quelque différence de ton et de forme entre saint Jean et les synoptiques, et personne ne l’a jamais nié, rien n'est plus facile à expliquer.

« Si Jésus parlait comme le veut Matthieu, il n’a pu parler comme le veut Jean. » Et pourquoi cela? Penset-on que Bossuet, faisant le catéchisme aux enfants de Meaux, leur ait tenu le langage des E/évations sur les mystères ? Si, au lieu de réfuter M. Renan, j'écrivais une homélie pour le peuple, parlerais-je des Logia et des synoptiques ? Est-ce qu'un enseignement ne varie pas de ton et de forme suivant le sujet, les auditeurs et les circonstances? N’est-il pas naturel qu’en instruisant le pauvre peuple de la Galilée, le Sauveur ait employé d’autres expressions, une autre méthode qu’en répondant aux arguties des docteurs de la loi à Jérusalem ? Qui ne

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