‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 23 sur 96 · Vie de Jésus, Introd., p · texte numérisé non relu

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dans un ordre de choses quelconque. Que dirait-on au physiologiste, à l’astronome, au philosophe, qui affirmerait à priori, sans discussion préalable, comme autant de principes qui n’ont pas besoin de preuves, l’un que l’essence de la médecine est Ha négation de l’âme, l’autre que la rotation de la terre autour de son axe est chose impossible, le troisième que le premier mot de la philosophie, c’est qu’il n’y a pas de substances. On leur dirait : Vous n'avez pas le droit de poser comme une vérité incontestable ce qui n’est qu’une simple hypothèse ; discutez, raïisonnez, prouvez, nous vous attendons sur ce terrain ; mais aussi longtemps que vous vous contenterez de suppositions arbitraires, d'allégations toutes gratuites, vous pourrez faire du roman, vous ne ferez pas de la science.

Nous devons l'avouer, M. Renan semble avoir compris qu’une méthode qui consiste à nier les faits 4 priori, en vertu d’un principe qu’on se garde bien d'établir, est tout ce qu’il y a de plus contraire à Ja science. Sur ce point, il bat en retraite, sans même se donner la peine de dissimuler son mouvement rétrograde. Il y a quelques années, il écrivait avec ce ton tranchant que donne l’inexpérience à l’homme qui débute : « L’essence de la critique est la négalion du surnaturel. — Qui dit au-dessus ou en dehors de la nature dans l’ordre des faits dit une contradiction". » Aujourd'hui, le ton change. On dirait que le disciple de Strauss à médité cette phrase de Rousseau: « Dieu peut-il faire des miracles, c’est-à-dire peut-il déroger aux lois qu’il a établies? Cette question, sérieusement traitée, serait impie si elle n’était absurde : ce serait faire trop d'honneur à celui qui la résoudrait négativement que de le punir; il faudrait l’enfermer, » (in° Lettre de la Montagne.) \ ne s’agit donc plus de l'impossibilité du miracle,

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