Ibid., p
possession de ton royaume, où te suiveront, par la voie royale que {u as tracée, des siècles d’adorateurs !. » Certes, voilà plus qu'il n'en faut pour faire des dupes. Je lisais, ces jours derniers, je ne sais où, que le livre de M. Renan est une œuvre profondément religieuse. Ce langage ne me surprend pas. Comme tant d’autres, le jeune homme qui écrivait ces lignes se souvenait trop de sa rhétorique et avait oublié son catéchisme. Eh bien, avant d'aller plus loin, je soumettrai une réflexion à ceux qui cherchent le sommeil de la conscience dans ce qu’ils appellent un admirable ouvrage. Si j'étais à leur place, les paroles de M. Renan ne me rassureraient pas, et même, elles m'inquiéteraient beaucoup. La conclusion naturelle que j'en tirerais, c'est qu’il se pourrait fort bien que le monde chrétien n'ait pas eu tort d’adorer Jésus-Christ depuis dix-huit siècles, et qu’au fond l’auteur de la Vie de Jésus lui-même n’est pas très-éloigné de partager cette conviction. Comment! c’est un Jeune charpentier * de la Galilée qui a créé la religion éternelle de l’humanité! C’est à « un jeune villageois qui a vu le monde à travers le prisme de sa naïveté *, » que nous devons encore, à dix-huit siècles de distance, ce que chacun de nous a de meilleur ! C'est ua juif évhémériste, un jeune démocrate, ne sachant ni hébreu, ni grec, n’ayant aucun élément de culture hellénique, aucune connaissance de l’état général du monde, sans être pourtant ce que nous appelons un ignorant *; c'est un jeune enthousiaste, qui n’a pas la moindre notion d’une âme séparée du corps, pas la moindre idée d’un ordre naturel réglé par des lois, pas même