Ibid., p
une nolion bien arrêtée de ce qui fait l’individualité !, c’est ce confrère affidé de Jean Baptiste, ce simple d’esprit ?, qui est « devenu la pierre angulaire de l'humanité, à tel point qu’arracher son nom de ce monde serait l’ébranler jusqu'aux fondements ! » n’y a qu’un niais, j'écris le mot en toutes lettres, qui, partant des prémisses de M. Renan, n’arriverait pas à cette conclusion : ou Jésus- Christ est Dieu, ou le monde civilisé est frappé depuis dix-huit siècles d’une incurable folie. Encore une fois, si j'étais du nombre de ceux qui, pour des raisons. qu'ils connaissent, veulent se faire &kloroformer par l’auteur de la Vie de Jésus, son langage m’effrayerait singulièrement ; je me défierais de ses doutes presque autant que de sa science; je verrais dans le relief de ses contrastes une preuve palpable de la divinité de Jésus-Christ; et ne serait-ce que par mesure de précaution, je continuerais d'aller à confesse.
M. Renan semble avoir compris qu'au train dont il allait, il finirait par mener son monde tout droit au confessionnal. Or, cela ne faisait pas l'affaire des lecteurs de M"° la Quintinie, qui sont les siens, Après les dupes, vient le tour des autres. Exaller Jésus-Christ, c’est fort bien ; mais n’allez pas plus loin ; arrêtez-vous tout juste’ à la limite de l’homme incomparable ; déjà même vous en avez un peu trop dit; le lecteur qui réfléchit pourrait arriver à des conclusions qui n'étaient pas dans le programme. Quelques traits de plus, et vous finiriez par faire trouver la divinité de Jésus-Christ dans votre livre, à ceux-là mêmes qui auraient quelque intérêt à y chercher le contraire, Sæpe stylum vertas : en votre qualité de poëte, la chose doit vous être facile : beaucoup ne s’aper-