‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 38 sur 96 · bid., p · texte numérisé non relu

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quelquefois entendu parler à Charenton et ailleurs. Si un pareil état ne constitue pas l'hallucination, comment la définir et où la chercher ?

« Il s’envisageait depuis longtemps avec Dieu sur le pied d’un fils avec son père, il se croyait le fils de Dieu ‘!» Fort bien; mais était-il réellement ce qu’il croyait être? Là est la question. S'il le croyait sans l'être, c'était un halluciné ; s’il le disait sans le croire, c'était un imposteur. Il n’y a pas de milieu, et il faut appeler les choses par leur nom. Bien d’autres, plus habiles que vous, ont cherché une issue à ce dilemme sans pouvoir la trouver; et aujourd'hui comme au temps de Celse, comme à l’époque des sociniens, la question se pose nette et franche entre la divinité d’une part, l’imposture et l'hallucination de l’autre. Le monde civilisé a fait son choix : libre à vous de faire le vôtre.

Mais voici que les deux Socins, Fauste et Lélio, secouant la poussière qui recouvre leur nom et leurs écrits, reparaissent sous la forme de M. Ernest Renan pour chanter leur vieux refrain. Il est vrai, s'écrient ces deux revenants d’un autre âge, Jésus-Christ s’est dit le Fils de Dieu, mais non pas dans le sens où l'ont entendu les siècles chrétiens. Cette « haute affirmation de lui-même » se réduisait à dire « qu’il était supérieur aux prophètes; le titre même d’envoyé de Dieu ne répondait plus à sa pensée : la position qu'il s’attribuait était celle d’un être surhumain, et il voulait qu’on le regardât comme ayant avec Dieu un rapport plus élevé que celui des autres hommes ?. » Si je ne me trompe, voilà encore des mots bien inquiétants pour les lecteurs de Mk Ja Quintinie; la limite de l’homme incomparable est franchie; avec l’éfre surhumain, nous sommes bien près de toucher à Dieu; et

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