LES ÉVANGILES
Il y a plusieurs années, M. Ernest Renan, qui, pour parler son langage, venait de passer de l'état de foi absolue à celui de foi relative, écrivait dans la Liberté de Penser : « À peine peut-être, en exprimant de tous les Evangiles ce qu’ils contiennent de réel, obtiendrait-on une page d'histoire de Jésus !. » Le mot parut fort ; et le
jeune disciple de Strauss, donnant à sa foi relative une |
nouvelle forme, crut devoir le. supprimer dans la collection qu’il fit plus tard de ses premiers essais ?. Aujourd'hui, le même auteur, se ravisant avec l’âge, se décide à donner au public une Vie de Jésus de 460 pages, dans laquelle il prétend s'appuyer d’un bout à l’autre sur le texte évangélique. Evidemment, M. Renan est en progrès. Pouvons-nous espérer qu’une nouvelle évolution finira par le ramener purement et simplement aux quatre Evangiles canoniques? Avec une telle souplesse de pensée, rien n’est impossible. |
Donc, voyant qu’une page d’histoire.ne suffirait point pour faire un livre, M. Renan se résigne à cette déclaration : « En somme, j’admets comme authentiques les quatre Evangiles canoniques. Tous, selon moi, remontent -au [*" siècle, et ils sont.à peu prés des auteurs à qui on les attribue *. » A lire cette phrase, on dirait que nous ne sommes séparés que par un d peu près ; mais ne nous hàtons pas de rien conclure : M..Renan a des façons d’affir-
1. Art, Historiens critiques de Jésus, 15 avril 1849. 2. Etudes d'histoire religieuse, p. 210.