Vie de Jésus, Introd., p
mer qui ressemblent fort à des négations, el ses 4 peu près ont une signification toute particulière. Demandez-lui si, ‘d’après cela, on peut dire que saint Matthieu, saint Marc et saint Jean sont réellement les auteurs des Evangiles qui portent leurs noms. Sans doute, vous répondra-t-il, on peut le dire; mais cependant « j'incline à croire que les discours au moins (c'est-à-dire la partie principale) ne sont pas de saint Jean ! ; » d’autre part, « ni pour Matthieu, ni pour Marc, nous n'avons les rédactions tout à fait originales ?. » — Mais, dans ce cas, il n’est donc pas vrai de dire que les Evangiles sont à peu prés des auteurs à qui on les attribue. — On peut le dire tout de mêine, car « en somme, le quatrième Evangile est sorti, vers la fin du I‘ siècle, de la grande école d'Asie Mineure, qui se rattachait à Jean $. » Il est vrai que l'Evangile de saint Matthieu se bornait d’abord « à un recueil de sentences écrit par l’apôtre ; » et celui de saint Marc « à un recueil d’anecdotes et de renseignements personnels que ce disciple écrivit d’après les souvenirs de Pierre... On ne se faisait nul scrupule d’y insérer des additions, de les combiñer diversement, de les compléter les uns par les autres. Le pauvre homme qui n’a qu’unlivre veut qu'il contienne tout ce qui lui va au cœur. On se prêétait ces petits livrets ; chacun transcrivait à la marge de son exemplaire les mots, les paraboles qu’il trouvait ailleurs et qui le touchaient. La plus belle chose du monde est ainsi sortie d’une élaboration obscure et complétement populaire *. » Mais, à part cela, les Evangiles sont, d peu près, des auteurs à qui on les attribue. — C'est-à-dire que, pour