Vie de Jésus, p
et ceux qui s’attaquent aux miracles de l'Evangile perdent leur temps et leur peine, tant qu’ils n’auront pas effacé de l'histoire ce fait qui s'impose à eux comme à nous avec une irrésistible évidence. Moins ils supposent de miracles à l'origine du christianisme, plus le triomphe de la religion devient miraculeux; en voulant éliminer le surnaturel de l'histoire évangélique, ils le font reparaître avec d'autant plus d’éclat dans l’œuvre de la conversion du monde!. Mais non, M. Ernest Renan a trouvé dans le dictionnaire un mot qui explique tout. Si Jésus-Christ seul a parlé d’une manière efficace ; si sa doctrine a conquis et changé le monde; si, pendant trois siècles, des milliers de martyrs ont versé leur sang pour lui; si les nations civilisées sont prosternées à ses pieds; si encore aujourd’hui, à dix-huit siècles de distance, d’une extrémité de la terre à l’autre, l’abnégation, le sacrifice et la charité se pratiquent en son nom et par amour pour lui, c’est que... « Jésus-Christ avait un caractere aimable, un accent plein d’onction ; c'était un charmant rabbi, qui devait ses nombreuses conquêtes au charme infini de sa personne et de sa parole. » Il est vrai que cette « nature idyllique et douce » devenait quelquefois « rude et bizarre ?; » mais cela n’empêehe : somme toute, c'était un charmant petit caractère. Et voilà pourquoi le monde civilisé l'adore comme le Dieu toutpuissant et éternel. Faut-il s'en étonner ? Il avait le caractère si aimable! il parlait avec tant d’onction ! OÔ imagination d’un romancier ! de quoi n’es-tu pas capable? Tenez,
4. S'il y a eu des miracles, disait saint Augustin, pour établir la croyance à la résurrection et à l'ascension de Jésus-Christ, nos adversaires sont bien insensés, et, s’il n’y en a pas eu, ce seul miracle doit leur suffire, que toute la terre ait cru une chose si incroyable sans miracles. » (Cité de Dieu; 1. xxu, c. 5.)