Vie de Jésus, p
3. S. Matth., xix, 26 ; S. Marc, x, 27; S. Luc, xvu, 27, 4, S. Matth., xix, 21.
5, S. Luc, xix, 8, 9.
pété à chaque page de l'Evangile, aurait un sens quelconque, si la propriété y étail interdite ? Je conçois la sympathie de M. Renan pour les Ebioniles, qui niaient comme lui la divinité de Jésus-Christ; mais les transformer en seuls et vrais représentants du christianisme primitif, c’est pousser la plaisanterie au delà de toute limite.
Il plaît à notre adversaire de prétendre que la parabole du « mauvais riche » devrait s’appeler purement et simplement la parabole du « riche. » Si ce dernier « est en enfer, c’est parce qu'il est riche, parce qu'il ne donne pas son bien aux pauvres, parce qu’il dine bien, tandis que d’autres, à sa porte, dînent mal ‘. » Comment! ce n’est pas là pour vous un « mauvais riche! » Faire bonne chère tous les jours, et laisser aux chiens le soin de s'occuper du mendiant couché à la porte, vous paraît un attribut naturel de la richesse! Soupirer après les miettes qui tombent de la table, et ne pas même en recevoir, vous appelez cela mal diner! N’insultez donc pas à la misère, et ne cherchez pas un argument contre l'Evangile dans l’apologie d’un égoïsme infime. |
Enfin, M. Renan renvoie ses lecteurs à un passage des Actes des Apôtres, pour montrer que « la propriété était interdite dans la première génération chrétienne ?. » Si nous ne savions pour qui écrit l’auteur, nous pourrions nous étonner qu'il ait osé citer, sans même le discuter, un texte tant de fois éclairci. Nous lisons bien au 1v° et au v° chapitre des Actes que les premiers fidèles de Jérusalem, v’ayant qu'un cœur et qu’une âme, mettaient librement leurs biens en commun; mais nous y voyons en même temps que cette pratique de perfection chrétienne n’excluait nullement la propriété; car, tout en reprochant à