‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 56 sur 96 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

Ananie et à Saphire d’avoir fraudé sur le prix de leur champ et menti à l’Esprit-Saint, Pierre a soin d’ajouter que rien ne les obligeait à vendre leur fonds de terre, ct que, même après l’woir vendu, ils auraient été libres d'en garder le prix'. On doit convenir que c’est là une singulière manière d'interdire la propriété. IL faut presque du courage pour oser reproduire des explications mille et mille fois données ; mais il paraît que tout cela est - nouveau pour le docte critique et la classe d’esprits qu’il se propose d'éclairer.

Si « l’ébionisme » de M. Renan est un conte, son « apocalypse » est une chimère. L’une des assertions qu’il répète avec le plus d'assurance et le moins de fondement, c'est que Jésus-Christ croyait à la proximité de la fin du monde, et que toute la première génération chrétienne partageait cette croyance *. Il va sans dire que l’auteur, fidèle à ses habitudes de contradiction, est le premier à détruire cequ’ilavance : « La morale admirable que Jésus tire de la notion de Dieu père n’est pas celle d’enthousiastes qui croient le monde près de finir et qui se préparent par l'ascétisme à une catastrophe chimérique ; c’est celle d'un monde qui veut vivre et qui a vécu ÿ. » Et, en eflet, quiconque, en lisant l'Evangile, est assez mal doué pour y voir un code religieux destiné à un monde qui devra durer cinquante ans tout au plus, n’est pas digne de l'ouvrir. Est-ce croire « le monde près de finir, » que de dire : « Allez et enseignez toutes les nations, leur apprenant à garder tout ce que je vous ai commandé, et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la consommation des

1. Actes des Ap., v, # + « Votre champ ne demeurait-il pas toujours à vous, si vous aviez voulu le garder? Et même, après l’ävoir vendu, le prix n’en était-il pas encore à vous ? »

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