Ibid., p
siècles ! ? » Est-ce confondre le « royaume de Dieu » avec une « révolution cosmique, » que de dire : « Le royaume de Dieu est déjà arrivé à vous, t/ est au dedans de vous *?» Est-ce « renoncer à un monde près de crouler, » que de « jeter les bases d’une Eglise destinée à durer #? » Libre à M. Renan d'enseigner le oui et le non, le pour et le contre sur tous les points qu’il touche ; mais rien ne l’autorise à prêter ses fantaisies d'artiste à Jésus-Christ et aux Apôtres.
Il suffit d’avoir parcouru l'Evangile pour savoir que le Sauveur ne précise nulle part l’époque de la fin du monde: il déclare, à maintes reprises, qu’il n’a pas mission pour révéler aux hommes Ja date de ce grand jour‘. M. Renan trompe ses lecteurs ou s’abuse lui-même, quand il confond la prédiction de la ruine de Jérusalem avec l’annonce de la catastrophe finale. Tout en rapprochant dans un même discours ces deux événements, dont l’un devait être comme la figure de l’autre, Jésus-Christ les distingue sulfisamment par les traits particuliers qu'il assigne à chacun. D'un côté, il s’agit d’un événement limité à Jérusalem et à la Judée; de l’autre, il est question « d’un jour qui enveloppera tous ceux qui habitent la surface de la terre‘. » Ici, c’est une catastrophe dont on pourra se sauver en