‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 67 sur 96 · Vie de Jésus, p · texte numérisé non relu

Vie de Jésus, p

son rôle : il ose à peine croire à «un tel excès de noirceur; » nous y croyons, parce que le fait n’est pas unique dans l’histoire. Qu'il cherche à établir que « Pilate ne pouvait guère faire que ce qu'il fit !, » cela ne me surprend pas : il n'a pas assez le sentiment de la justice pour comprendre que ne pas sauver, quand on le pourrait, une victime qu’on sait innocente, c’est la perdre. Qu'il accorde à « l'humble et doux Spinosa » un avantage sur Jésus- Christ *?, cette prédilection s’explique d'elle-même : lorsqu'on appelle Dieu « un bon vieux mot, un peu lourd, » on ne peut qu'être de la religion de celui qu'Henri Heine, peu suspect de partialité sur ce point, nommait /e grand athée *. Qu'il appelle saint Jean-Baptiste « une sorte de Lamennais toujours irrité *, » et qu’il ose même établir un parallèle entre le Sauveur du monde et l'apostat breton *, cela est excentrique sans doute, mais l’auteur ne nous à pas laissé le droit de nous en étonner ; et l’on conçoit, du resie, que la figure du malheureux abbé Lamennais vienne se poser par intervalle devant M. Ernest Renan. Encore une fois, rien de tout cela n’est de nature à nous causer la moindre surprise; mais ce qui m'afflige, ce qui me révolte, ce qui m’indignerait, si les facéties de M. Renan méritaient l’indignation, c’est l'audace avec laquelle ilne cesse d'affirmer sans preuve, de nier sans motif, de citer à torlet à travers des textes qu'il ne s’est pas donné la peine de vérifier. Car je m'arrête devant une autre hypothèse qu'il me serait trop pénible de discuter.

Nous n’avons guère fait autre chose, dansle cours de ce travail, que signaler cette détestable méthode, qui réduit à

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