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bien de reproduire le texte littéralement, afin de pouvoir y placer ce qui ne s’y trouve point. Voici le fragment de Papias, conservé par Eusèbe : « Matthieu a écrit en hébreu les oracles du Seigneur (r& éyx); or, chacun les a interprétés comme il a pu {. » M. Renan conclut de là que, pour Papias, l'écrit de Matthieu se composait uniquement de discours?, Où a-t-il vu cela? Est-ce que le texte de Papias exclut le moins du monde le récit des faits à l’occasion desquels le Sauveur donnait son enseignement? Ne peut-on pas rappeler les oracles du Seigneur en même temps que les traits principaux de sa vie ? Tertullien, employant le style du droit romain, appelle les Evangiles des « instruments, » et saint Justin « des mémoires. » S’ensuit-il de là que les Evangiles n'aient été pour l’un que des pièces juridiques, et pour l’autre que de simples relations sans caractère doctrinal ? Et pourtant, c’est sur cette pointe d’aiguille que M. Renan échafaude toute sa théorie touchant la rédaction des deux premiers Evangiles #,
* 4. Eusèbe, Hist. ecclés. nr, 39.