Ibid., p
assurance à l’aide de citations fausses et d’assertions en l'air. Doctrine et histoire, tout est traité de la même façon, jusque dans les moindres détails. Ainsi l’auteur veutsavoir que Marie de Béthanie «plaisait à Jésus par une sorle de langueur ‘.» Là-dessus, il renvoie à saint Jean, xr, 20. Voici le verset : « Marthe donc, dès qu’elle eut appris que Jésus venait, alla au-devant de lui, mais Marie se tenait dans la maison.» Au nom du ciel, où trouvez-vous là une sorte de langueur? Avez-vous quelque ennemi secret qui arrange vos citations pour se jouer de vous ? — « Jésus allait volontiers aux divertissements des mariages ?. » Saint Jean parle bien des noces de Cana ; mais où Al. Renan a-t-il appris que le Sauveur ait accepté d’autres invitations de ce genre? Est-ce une des découvertes qu’il a faites pendant son voyage en Orient?
Si l’auteur de la Vie de Jésus sait ajouter à l'Evangile
ce qu’il invente, il nes’entend pas moins bien à retrancher
ce qui le gêne : « Pour l'institution de l'Eucharistie, dit-il, Jean seul, parmi les narrateurs évangéliques, a la valeur d’un témoin oculaire *. » Et saint Matthieu, qu’en faitesvous? Saint Matthieu, l’un des douze, présent à la dernière Cène, aussi bien que saint Jean! N'est-ce pas là un témoin occulaire ? Un enfant des écoles chrétiennes ne commettrait pas une bévue de ce genre, et M. Ernest Renan est membre de l’Institut !
Ici du moins nous avons la consolation de penser que le défaut de connaissance peut servir d’excuse au romancier. Mais en est-il de même des incroyables asserlions que voici : «Îl échappait sans cesse à Jésus des naïvetés qui, à Jérusalem, pouvaient paraître singulières“. » Si l'on parlait