‹ Examen critique de la Vie de Jésus de M. Renan (volume 2)Chapitre 78 sur 96 · Revue des Deux-Mondes, p · texte numérisé non relu

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écrits. Qu’il s’en tienne à M. Michelet, à George Sand et à d’autres penseurs de la même force, à la bonne heure ! En eflet, il y a lieu de s'étonner avec lui que le père de /a Sorcière et la mère de M"° la Quintinie ne se soient pas laissé tenter par un tel sujet. L'un et l’autre étaient à la fois capables et digncs de composer l'ouvrage de M. Renan. Il leur suffisait pour cela de lire la traduction française de Strauss : ils y auraient trouvé toute l’érudition nécessaire pour égaler le romancier devant lequel M. Havet se pâme d'admiration.

La conelusion de cette revue rétrospective, c’est que l'esprit de la France se taisait avant l'apparition de M. Renan et de son livre. L'orthodoxie régnante tenait chez nous la critique historique en servitude; et ce n’est pas des théologiens catholiques qu'on pouvait attendre une étude patiente des textes sacrés et de tout ce qui s’y rattache . La science grave et l’histoire n’avaient pas pénétré dans le sanctuaire ; le terrain des Evangiles demeurait inaccessible?, « Tout ce qu’on pouvait faire était d’ordonner ces documents, de les accorder ensemble, si on pouvait et comme on pouvait, et d'en composer un seul corps de rédaction pour la commodité d’un lecteur édifié ?. » Enfin Renan vint, et le premier en France, etc... C'était donc, d’après vous, un pays bien arriéré que cette pauvre France avant le mois de juin 1863! J'ignere l'effet que de pareilles assertions peuvent produire sur les lecteurs de la Revue des Deux-Mondes; pour moi, quand je trouve sous la plume d’un professeur du Collége de France ces aménités à l'adresse de mon pays, je m'étonne et je m'indigne. Libre à M. Havet de rester ébahi devant une œuvre qui doit

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