Revue des Deux-Mondes, p
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quelle langue il a été assez heureux de pouvoir lire une traduction du Talmud, qui n’a jamais été traduit dans aucune langue. Jusque-là il nous permettra de croire que si M. Renan sait tout ce que l’on peut savoir, son panégyriste aurait besoin d'apprendre beaucoup de choses qu'il ne devrait pas ignorer.
Après avoir suivi l'écrivain de la Revue des Deux- Mondes dans l'excursion qu'il lui a plu de faire sur le domaine de l’histoire des sciences théologiques en France, nous allons examiner de près ses opinions religieuses et philosophiques. Car M. Havet a une philosophie à lui, une théologie, et par dessus tout une prose qu’il importe de prendre en sérieuse considération. Cette philosophie, c’est l’athéisme et le matérialisme; cette théologie, c’est de l'enfantillage, et cette prose n’a pas de nom. Neus prenons l'engagement de prouver la thèse dans tous ses points.
Pascal, voulant énumérer les règles nécessaires pour les démonstrations, posait celle-ci : « Prouver toutes les propositions en n’employant à leur preuve que des axiomes très évidents d'eux-mêmes, ou des propositions déjà démontrées ou accordées ‘ ». Son éditeur n’a pas compris cette règle dictée par le sens commun, ou il l’a oubliée. Car voici ce qu’il avance dans son admiration naïve pour le livre de M. Renan : « L’historien se place tout d’abord et se tient constamment, dans tout son livre, en dehors du surnaturel, c'est à dire de l'imaginaire... C'est le principe dominant de la vraie histoire comme de toute vraie science, — et sans lequel on peut dire qu’elle n'existe pas, — que ce qui n'est pas dans la nature n’est rien et ne saurait être compté pour rien, si ce n’est pour une idée ?. »
4. Opuscules de Pascal, de l'Esprit géométrique, édit. Havet, p. 467.