Ibid., p
3. Journal général de l'instruction publique, 9 septembre 1863, programme de philosophie, etc., art, 19.
cette grande doctrine de réve individuel. On conçoit que je doive m'abstenir de toute réflexion.
Que M. Havet ne s’imagine pas qu’on veuille le troubler dans son enseignement matérialiste. Au contraire, nous souhaitons, quant à nous, qu’il lui soit donné jusqu’au bout de formuler nettement sa pensée. Il importe, en effet, que les pères de famille sachent bien ce que leurs enfants sont exposés à entendre et à lire. Mais ce qui ne saurait être permis à un adversaire, même quand il ne sait n1 penser ni écrire, c'est de travestir nos croyances et de prendre le monde chrétien pour un amas d’imbéciles qui croient à l'aveugle et sans motif. Pascal disait : «Qu’ils apprennent au moins quelle est la religion qu’ils combattent, avant que de la combattre *, » Son éditeur n’a pas suffisamment médité cette phrase, sinon il n'aurait pas écrit les lignes suivantes : « Le philosophe part de la raison, le croyant part de la foi. Pour lui (pour qui ?) a foi n'a pas de titres à produire... L'orthodoxe n’a pas besoin de prouver le miracle *... » Ne dirait-on pas, d'après cela, que nous sommes tous là, nous chrétiens, acceptant les yeux fermés tout ce qu’il plaît au premier venu de rous donner pour une vérité ou pour un miracle ? Eh bien! apprenez de nous, Monsieur, que la foi a besoin de produire des titres, et que si elle n'en produisait pas, nul d'entre nous ne croirait. Les motifs de crédibilité sont une condition indispensable de la foi du chrétien. Apprenez également, puisque vous semblez l'ignorer, que nous n’admettons aucun miracle qui ne soit constaté par un témoignage certain. La seule différence entre vous et neus, c’est que vous rejetez à priori, sans examen, et en vertu d’un système préconçu les faits qui vous embarrassent, tandis que nous les ac-