Constitutionnel du 7 septembre
M. Havet n'ait pas lieu de se plaindre d’une omission tant soit peu grave, nous voudrions le suivre jusqu’au bout dans ses savantes élucubrations.
Le seul regret qu’il exprime au sujet du livre de M. Renan, c'est que « la critique de ce dernier, dans le détail, ne soit pas toujours assez ferme ni assez sévère !. » Il la voudrait encore plus tranchante et mieux accentuée : «à certains moments, il plaît à l’auteur de croire qu'il entend Matthieu dans l'Evangile qui porte ce nom, et Jean dans le quatrième, et dans les deux autres deux autres (style d'essai de premier ordre !) compagnons de Jésus. » M. Havet est un enfant terrible : les concessions du maître lui agacent les nerfs ; si M. Renan ne sdvait pas tout ce qu'on peut savoir, son panégyriste serait assez en humeur de lui faire la leçon. En tout cas, il lui échappe de dire là-dessus des choses fort sensées dont Pascal lui aurait su gré aussi bien que nous :
«a M. Renan demeure indécis et vague, il dit : « Les « Evangiles sont d peu prés des auteurs auxquels on les «attribue, » comme s’il pouvait y avoir en cette matière de l’à peu près. Ou bien : « Je n'ose être assuré que le « plus ancien Evangile ait été écrit fout entier de la plume « d’un ancien pêcheur galiléen, » quoiqu'il lui soit absolu ment impossible de faire le départ entre ce qu’il accepte et ce qu'il rejette ?. »
Ces réflexions sont très justes, et l’on dirait que l'éditeur de Pascal s’est souvenu en cet endroit de l’epuscule sur l'Esprit géométrique. Seulement M. Havet ne voit pas que par là il renverse tout l’échafaudage de M. Renan; car la prétendue vie de Jésus repose tout entière sur ces suppositions complaisantes et sur ces d peu près contre les-