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« Les hommes des générations précédentes , qui « ont traduit les livres sacrés et les règlements , ont «dit (c'est-à-dire ont appelé cette retraite) tantôt « Tso-hia, tantôt Tso-la. »
M. Pauthier : « Avant l'époque où les livres sacrés «(bouddhiques) et les autres ouvrages réglemen- « taires furent traduits , les uns disaient qu'il fallait
( 27 ) « se mettre en retraite les jambes croisées ( ! ) , les autres « qu'il fallait le faire quelque temps avant le solstice « d'hiver. »
Les mots ail -TT"? ifaie/i-faf s'appliquent aux siècles précédents
dans lesquels on a traduit les livres, et ne peuvent signifier avant l'époque où on les a traduits, ce qui serait en opposition avec le texte. On verra tout à l'heure qu'il faut conserver en français les sons
r$S Jif tso-hia et Ap I|s tso-la sans les traduire, pour
montrer, comme le veut l'auteur, à quoi tient cette différence de prononciation. Il ne dit pas un mot qui puisse s'appliquer au solstice d'hiver.
On lit dans l'ouvrage bouddhique intitulé Mi-to-king-sou-tchao , liv.
II, fol. 23 r. « Les religieux appellent une année (vulgo — — * "et?
«i-souf) — — • HE i-la, parce que, dans tout le cours de l'année,
a il n'y a qu'une seule époque appelée Jfe2 la. Ils disent aussi un èiê
« «—j JÊ3 Mua p0ur nne année. Ces deux mots expriment la même
« idée. »
Si cette observation était juste , elle expliquerait d'une manière plus satisfaisante la synonymie de ces deux locutions sous le rapport du sens, et en même temps la différence de prononciation.
t Bl JE W,l& a w*
fit i#
uGela (c'est-à-dire cette double prononciation) « vient de ce que les peuples situés au delà des fron- « tières ont des usages différents , et ne possèdent pas « la vraie prononciation de la langue chinoise (littéra
( 28 î «iement de la Chine), ou bien de ce qu'alors les «mots des pays étrangers n'étant pas encore bien « compris , ceux qui les ont transmis ou traduits ont « pu commettre une erreur. »
M. Pautbier : « Toutes ces coutumes et habitudes « étrangères , si différentes des nôtres , n'avaient pas « encore pénétré dans le royaume du milieu. Quant à la «prononciation exacte (des termes sanscrits), le lance gage, dans certaines provinces , n est jamais en parfaite «harmonie (avec celui d'autres provinces), et les trace ductions ou transcriptions qu'on en a faites sont « pleines d'incorrections. »
M. Pauthier n'a saisi ni la construction ni le sens de la première partie de la phrase : « cela vient de ce que les peuples situés au delà « des frontières ( c'est-à-dire les peuples étrangers ) ont des usages « différents. » Mais les erreurs de la suivante sont infiniment plus
graves. Il y a en chinois : Jt^ iip FH j^j \\* |— f pou-
ta-tchong-koue-tching-in , non pénétrant (i. e. non collent) Chinée rectam pronuntiationem.
i° M. Pauthier a mis un point après ï+* j^j Tchong-kouè ,
«la Chine,» et il a traduit : «n'avaient pas encore pénétré en «Chine!»
2° Il construit les mots Tj- j— « t ching-in, «la prononciation
«exacte,» qui sont le régime direct du verbe ifjjt ta, «posséder
«parfaitement» (M. Pauthier le traduit par pénétrer clans un pays) , avec les mots de la phrase suivante , et il écrit : quant à la prononciation exacte (des termes sanskrits).
3° Le mot r=t|g young a le sens de clair ( Dictionnaire de Basile, clarum); d'après sa position, il signifie ici être compris clairement ( voyez le dictionnaire de Khang-hi ) ; M. Pauthier le rend par être en parfaite harmonie avec.
à° Les mots J-f "EB" fang-yen signifient ici expressions locales
(cf. Morrison, Encjl. and Chim. Dict. part, m, 2 5q, au mot local)] M. Pauthier la traduit par le langage ( "=i yen ) dans certaines provinces ( J-i fang). Dans cette locution, le mot ht fang, regio,
s'applique ici aux pays étrangers. Il a le sens de S H jjp^j pie-koué, «royaumes différents.» (Cf. dictionnaire Peï-wen-yun-fou, liv. XIII, fol. 85 v.)
tf* m-MëMMM M
uLes calculs (des auteurs) relativement à la con- « ception de Jou-laï et à sa naissance , â l'époque où «il sortit de la famille (c'est-à-dire où il embrassa « la vie religieuse) , où il devint Bouddha , où il entra « dans le nirvana, ces calculs , dis-je , offrent des différences de jours et de mois. G'est ce que j'expo- « serai dans la suite de mon récit. »
M. Pauthier traduit : « En outre, pour ce qui concerne la conception de Jou-laï [Bouddha), sa, naissance, la sortie de sa famille, son absorption dans « le Nie-pan (nirvana) , le soleil et la lune(\) , tout « cela ne peut être exposé ( en chinois) que dans des termes « irréguliers , par la nécessité oà l'on se trouve de n'en « parler que de seconde main. »
J'ai besoin de prévenir le lecteur,
i° Que les mots le soleil et la lune (!), employés par M. P.
correspondent aux mots de ma traduction (différences de) jours et de mois.
2° Que les mots «tout cela ne peut être rendu en chinois que
«dans des termes irréguliers,» répondent aux mots chinois -Sr ^p] ^vk. yjpr1 kiaï-yeou-tsan-tcha , [die s et menses) habent differentias. Cf. § 12/1, 5° au mot kiaï, et Rémusat, Gr. chin. S 75. 3° Que la phrase « par la nécessité où Ton se trouve de n'en parler
« que de seconde main » répond aux mots chinois "gjk /Ôl. A& gp iu-tsaï-heou-ki , mot à mot: g& iu, les détails (relatifs à ces
différences chronologiques ) , A-ù tsaï , se trouveront , vf^ ~=P
heovL-ki, dans les récits qui vont suivre ( littéralement in posteriori narratione ) .
Je m'abstiens d'examiner la traduction de M. Pauthier qui occupe les pages 456, 457 et une partie de la page 458. Ce morceau est rendu d'une manière si fautive, qu'il me faudrait le retraduire en entier et consacrer une quinzaine de pages pour signaler les principales erreurs qu'il renferme.
Pag. 458, ïig. 16, M. P. prend l'étoffe de coton IK ynj pour
de la laine ; la soie brune des vers à soie sauvages Jg-r» ^^ wbf» (qui vivent sur les arbres) pour de la soie écrue; le lin pour le chanvre , Wfrç . Mais passons : ces sortes de fautes sont trop nombreuses pour être enregistrées ici.
« Ces poils (d'animaux sauvages) sont fins ■, souples net susceptibles d'être filés. C'est pourquoi on les
( 31 ) « estime beaucoup, et on les emploie à faire des (( habits. »
M. Pauthier traduit : « Toutes ces étoffes sont tis- «sues à la main; c'est pourquoi (parce quelles sont « tissues à la main ! ) elles ont beaucoup de va- « leur. »
i° H rend les adjectifs 2h|+1 B3; si-juen, «fins et souples,» par étoffes, et l'expression 3fflT ^i§ tsi-tsi, «filer,» par tisser à la
main.
Il passe les mots HS* Mh Epi tchong-fo-yong, c'est-àdire servir à faire des habits (littéralement implere vestium usum).
MXMMM *..
«Dans l'Inde du nord, le climat est froid et le a vent souffle avec violence ; on porte des vêtements « courts et étroits. »
M. Pauthier : Dans le In-tou du nord , où le climat q est froid et où les chaleurs durent peu, les vêtements « sont courts et étroits. ...»
En chinois , lorsque deux substantifs sont suivis de deux épithètes , elles deviennent des verbes neutres dont le premier se rapporte au second substantif, et le suivant au premier. Ainsi , dans cette phrase ,
le mot Sf^ han, «être froid,» se rapporte au climat -t* , et le mot 3f)J lie, «être violent» [Lun-tiu, cap. x, S 39), au vent, FÂif ■
i° M. Pauthier a rendu le mot 3f|J lie, «être violent, impétueux,» par le substantif chaleurs.
2° Il a confondu le premier membre de phrase avec le suivant, et il a construit le mot yÇà He> « être violent , » qu'il prend pour le substantif chaleurs, avec l'adjectif -4ft3 toen, «court,» qui commence un autre membre de phrase et se rapporte aux vêtements. H traduit : les chaleurs durent peu.
3° Les quatre mots 4H3 w4 %ÏÉrf >Yv toen-tchi-pien-i signifient littéralement ( les) étroits vêtements, à courte façon , (ressemblent beaucoup à ceux des barbares). M. Pauthier, ayant construit l'adjectif •&& toen, «court,» avec le mot ^ylj lie, «être violent,» a rendu par court et étroit l'adjectif ^v/of pien, qui signifie seulement étroit.
Ainsi , quoiqu'il ait écrit comme moi « des vêtements courts et étroits, » on ne peut pas dire que sa traduction soit exacte, puisqu'elle ne répond qu'aux mots %Ef( -^fV pien-i, « vêtements étroits , » ainsi que je viens de le montrer. En effet, il a rendu par durent peu le mot <4*fcJ toen, « court, » et l'a rapporté au mot chaleurs qui n'existe pas ici.
Le mot courts de ma traduction répond à l'expression W& WJ toen-tchi, « courte façon.»
ÈMWMMM
u(Ces vêtements) ressemblent beaucoup à ceux <( des peuples barbares. Le costume des hérétiques « offre un mélange bizarre et une façon étrange. »
M. Pauthier a mis un point après K?|| Ipl po-thong, «ils a ressemblent beaucoup;» il traduit: «pour le reste, c'est comme
fldans les autres provinces.» Puis il fait entrer, dans la phrase suivante, les mots ~£]-\ jyj? hou-fo, «vêtements des peuples bar- « bares, » qui sont régis par le verbe jpj thong, « ils ressemblent. »
« Quant aux vêtements des peuples barbares , aux ha- « billements de ceux qui professent des doctrines étran- « gères aux croyances communes, ces vêtements sont « très-variés d'espèces et de formes très -différentes. »
i° M. P. n'a pas vu que les mots 'fâff 4nP/eil"toa' ttmélangé,» et 4pgy j|i/J i-tchi, «façon étrange,» ne s'appliquaient ici qu'aux vêtements des hérétiques.
2° Il emploie neuf mots pour rendre les mots >yK -Vpf waï-tao. Il fallait dire simplement les hérétiques.
« Les uns se parent d'une queue de paon. » M. Pauthier : «Les uns portent des vêtements faits uavec des ailes et des queues de paons. »
Les mots ,jV i et IJ|? jo ( vulgo se vêtir de ) ont quelquefois la même extension que le mot français porter, en parlant des parties de l'habillement ou des parures : ainsi l'on dit ; 3J7 43 i-kouan ,
«porter un bonnet» (littéralem. : «revêtir un bonnet») ; ^V" BjËF
i-kiu, «revêtir, c'est-à-dire, porter des souliers;» J\^ ^C fo-iu ,
«revêtir du jade» (Fen~loui-tseu-kin , liv. XVIII, fol. 68), c'est-àdire porter sur soi des ornements de jade. Si l'on voulait traduire ici comme le fait M. P. Ton arriverait à ce sens étrange : porter des vêlements faits avec dajade!
J. A. Extr. n° 8 (1841). 3
« Quelques-uns ne portent pas de vêtements et u vont nus (littér. découviwit leur corps ). »
M. Pauthier: «D'autres n'ont de vêtements que
u LA FORME DE LA ROSEE (!).))
M. P. a vu que le mot Sx> /ou, « découvrir, » signifiait quelquefois
rosée, et que -ft> hing, «corps,» avait encore le sens de forme, et
vite il a écrit des vêtements de forme de rosée , sans s'embarrasser si cela avait un sens!
En supposant, par impossible, que l'expression ET& -fp/ lou-
hing eût ici le sens de roris formam habens, il faudrait, d'après la
règle de position, que cet étrange adjectif fût placé avant N\~ïfo>
«vêtement,» de cette manière : pTv jm. ffS Tp* Jf N\5
hoe-ivoa-lou-hing-tchi-fo,et encore la phrase signifierait-elle: «quel- « ques-uns n'ont pas de vêtements ayant la forme de la rosée! »
« Les Kchatriyas et les Brahmanes ont des habi- (( tudes simples et modestes; ils sont propres et éco- « nomes (dans leurs habits). »
M. Pauthier traduit : « Ils portent la pure soie «blanche sans aucune teinte; mais, dans leurs de-
| 35 ) ^ meures , ils retranchent ces pures étoffes blanches t< avec une louable économie. »
i° L'expression y|& ~J^ thsing-sou, qu'il traduit par pure
soie, se dit uniquement au moral d'un nomme simple et ennemi du luxe. On lit dans la biographie de Li-yen { Histoire de la Chine
septentrionale) : «Li-yen était simple et modeste ( yz& JET
« thsiny-sou ) ; il ne cherchait pas à faire valoir ses propriétés -, il «ne prenait de ses appointements que ce qui lui était nécessaire «pour vivre et se vêtir : le surplus, ainsi que les pièces de soie et les « provisions de grains, il en gratifiait les barbares; mais, avant tout, « il s'en servait pour subvenir aux besoins de ses soldats. »
2° L'expression +& rË -km-kien est de Confucius (Lun-yu) ;
elle signifie « s'attacher à ce qui est strictement nécessaire » ( littéra-
Jtement, -fc& kiu, s'établir daûs, c'est-à-dire, s'attacher à p3jP[
kien, la modération ). Conf. Morris. Dictionn. chin. part. II, 6o63. M. Pauthier, faute de comprendre cette locution, a mis un point
après -fa& kiu, s'attacher à (to dicell in , au figuré) , et l'a traduit
par « dans leurs demeures. »
3° Formant le verbe retrancher du mot £On « la modération , »
qui est le régime direct du mot -fc£k kiu, «s'attacher à,» il a écrit
«ils retranchent ces pures étoffes blanches avec une louable éco-
« nomie. »
4° En écrivant retrancher ces étoffes, il a empiété sur la phrase suivante et a pris les mots jJiL p| lde-pe, qui en sont le nominatif, pour le régime direct de FjUn kien, substantif gouverné par kiu, «s'attacher à,» et dont il a fait le verbe actif retrancher L'épithète dissyllabique };§? pî kie-pe ne peut signifier seule pure étoffe blanche. Elle se dit également de la pureté du cœur et de la propreté extérieure. C'est ce que confirme une foule de passages qu'il serait superflu de rapporter ici.
6° H donne à l'épithète dissyllabique 4a&' A^l kien-yo , «mé-
« nager, économe , » le rôle d'un adverbe (avec une louable économie]. Tout le monde sait , cependant, que, d'après un usage invariable , les adverbes chinois se mettent avant les verbes auxquels ils se rapportent. Je me contenterai de citer cet exemple du livre des vers (livre Ta-ya,
oA.W^an,):^ f |g ^ | ^ | Mo Yong-yen-pei, ming-iseu-khieou-to-fou ; c'est-à-dire i « Si l'homme songe « constamment à s'unir aux vues du ciel , il s'attirera naturellement «beaucoup de bonheur. » (Cf. Rémusat, Grammaire chinoise, S 177.}
L'adverbe yk yong, «constamment,» précède le mot yen, qui signifie ici penser [yong-yen, etc. ).
« Les riches colporteurs et les grands marchands « des villes ne portent d'autre ornement que des « bracelets. »
M. P. traduit : « Les marchands qui sont riches « et qui font un qrand commerce ne vendent que ces « objets de luxe, h
i° M. Pauthier divise en deux l'expression nt* ^g ta-kou, «grands marchands-établis » (l'opposé de f|£| chang, « marchands- «ambulants» ) , et il les traduit par faire un grand ( "yr* ta) commerce ( pH kou). Il n'a pas vu que ces deux expressions étaient
employées ici pour former un de ces parallélismes que recherchent les écrivains chinois. Du reste , ces deux mots sont toujours associés
ensemble. Meng-tseu, chap. 1, pag. 17, 1. 7 : «Les colporteurs ( r££f
« chang ) et les marchands établis ( jllj kou ) désireront de déposer
« (les objets de leur commerce) dans les marchés du roi. »
2° H s'agit ici des habillements et des parures, et non des objets de commerce. Il y a en chinois : « les marchands ( portent) seulement
^des bracelets, et c'est tout.» M. P. traduit: «ne vendent que ces % objets de luxe. » H oublie le mot bracelets et rapporte les mots objets de luxe aux ornements qu'il a énumérés plus haut.
«11 y a beaucoup d'hommes qui marchent nu- ■« pieds. »
M. P. traduit: «Les hommes sont très-adonnès a à ces futilités ! »
Il est difficile d'imaginer comment l'on peut rendre >W Rsp tou-sien, «aller nu-pieds,» par être adonné à des futilités. Voici, je crois, la cause de cette grave erreur. Le mot /ml tou, «aller à « pied, » signifie quelquefois en vain; mais il semble que M. P. aurait <lû être averti du sens qu'il a ici, par le mot Wfî- sien, qui signifie
marcher nu-pieds. Ainsi l'analogie des mots /trp. tou, «aller à pied, » et Jt4fc sien, «marcher nu-pieds,» ne laissait pas le plus léger doute sur le sens. (Voy. S 38, i°, lig. 7. Cf. Rém. Qram. chin. § 285.)
% i- A ISo
«Us ont un long nez et de grands yeux. » M. P. «Ils ornent leur nez de grandes boucles h pendantes. »
Le mot 4^ sieou, dont M. Pauthier fait le verbe orner, a ici ie sens de long (voyez Morrison, Dictionnaire chinois, ire part, clef 9, pag. 120, col. 1: yfo 'X'X sieou tchon, «de longs bambous.» On
M'a H WcMWffî
« Après avoir uriné , ils sont obligés de se baigner « et de se frotter le corps avec divers parfums qu'on «appelle tchen-tan (santal) et yo-Mn.
« Quand le roi est sur le point de sortir, etc. »
M. P. traduit: «Chacun doit aller se plonger « et se laver dans l'eau ; le devoir est de faire cette (( action en s' enduisant le corps avec de la terre glaise « délayée.
« Tous ces parfums que l'on nomme tchen-tan et « yo-kin, les rois et les princes en font usage dans «leurs bains. »
i° Il rend les mots -r£ ^Eî Yl±7 YSÊf meï-yeou-seou-niao, a chaque fois qu'ils ont uriné , » par « chacun doit aller se plonger et « se laver dans l'eau ! » Il s'est laissé tromper par le mot w& mao > «uriner,» qui signifie se plonger dans l'eau lorsqu'on le prononce ni; mais le mot précédent, )U£j seou, qui signifie toujours urina
ou mingere, suffisait pour l'éclairer sur le sens et le son du mot suivant. En chinois, lorsque les deux parties d'un mot dissyllabique se rapprochent par une analogie de signification, cette analogie en détermine le sens, quelles que soient d'ailleurs leurs autres acceptions. Par exemple, /(fû. tou veut dire en vain, disciple et mar-
cher à pied. Si on le joint au mot Wfc s[ejlt qUi Veut toujours dire marcher nu-pieds , en prenant les deux sens analogues qui rapprochent
<ees deux mots, on conclura avec certitude que Vgp Jp^f tou-sien
veut dire marcher nu-pieds ( voyez plus haut S 3 i ) .
2° M. Pauthier n'a pas compris le rôle et le sens du verbe V53
thou, qui veut dire ici enduire, appliquer en enduisant, en frottant
(les deux parfums cités) . Il a terminé la phrase au mot */rfc thou,
et, comme ce mot 'Vffi thou signifie quelquefois boue, vase, il a
traduit: «le devoir est de faire cette action en s' enduisant le corps « avec de la terre glaise délayée ! » Puis , prenant les mots
pljl tchen4an et ^^ ''^F Jû'^n' «sortes de parfums,»
qui sont le régime direct du verbe %/ffi thou, a appliquer en frot-
« tant , » il en a fait le nominatif de la phrase suivante. « Tous ces « parfums , dit-il , que Ton nomme tchen-tan et yo-kin , les rois et « les princes en font usage dans leurs bains ! »
3° Il a encore mêlé deux phrases ensemble , en faisant rapporter les mots princes et rois de la phrase suivante au passage dont nous nous occupons, et qui s'applique uniquement: Us qui, post urinam redditam, se abluunt, et unguentis liniunt.
4° Voici l'analyse grammaticale des mots „H|u "V^* ~=$t ^£|
chin-thou-tchou-hiang : le premier mot est au cas locatif ( sur le corps ) ; le second veut dire appliquer en frottant; les deux suivants (divers parfums) sont le régime direct de ce verbe actif. M. P. ayant rejeté l'accusatif ^g* ^pjî tchou-hiang (des parfums) dans la phrase suivante, où il les construit au nominatif, a considéré le locatif j||U chin [sur le corps) comme le régime direct de fjtfe thou, «enduire.»
Il a oublié qu'en chinois, un substantif placé avant un verbe actif ne peut en être le régime , à moins qu'il ne soit précédé d'une marque d'accusatif; le régime direct se place après le verbe.
« Quand le prince est sur le point de sortir, les
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« Après avoir uriné , ils sont obligés de se baigner « et de se frotter le corps avec divers parfums qu'on «appelle tchen-tan (santal) et yo-kin.
« Quand le roi est sur le point de sortir, etc. »
M. P. traduit: «Chacun doit aller se plonger « et se laver dans l'eau ; le devoir est de faire cette « action en s' enduisant le corps avec de la terre glaise « délayée.
« Tous ces parfums que l'on nomme tchen-tan et « yo-kin, les rois et les princes en font usage dans «leurs bains. »
i° Il rend les mots -gj; <^ËÎ )B3 V5w meï-yeou-seou-niao, «chaque fois qu'ils ont uriné,» par «chacun doit aller se plonger et o se laver dans l'eau ! » Il s'est laissé tromper par le mot VÇJ5 niao , «uriner,» qui signifie se plonger dans l'eau lorsqu'on le prononce ni; mais le mot précédent, )£fcf seou, qui signifie toujours urina
ou mingere, suffisait pour l'éclairer sur le sens et le son du mot suivant. En chinois, lorsque les deux parties d'un mot dissyllabique se rapprochent par une analogie de signification, cette analogie en détermine le sens, quelles que soient d'ailleurs leurs autres acceptions. Par exemple, /ffè tou veut dire en vain, disciple et marcher à pied. Si on le joint au mot jjyr sien, qui veut toujours dire marcher nu-pieds , en prenant les deux sens analogues qui rapprochent
tou-sien
ces deux mots, on conclura avec certitude que VJRp Jtfl1
veut dire marcher nu-pieds (voyez plus haut S 34 ).
2° M. Pauthier n'a pas compris le rôle et le sens du verbe 7ffi
thou, qui veut dire ici enduire, appliquer en enduisant, en frottant
( les deux parfums cités) . Il a terminé la phrase au mot "/^K thou,
et, comme ce mot *jff> thou signifie quelquefois boue, vase, il a
traduit : « le devoir est de faire cette action en s enduisant le corps «avec de la terre glaise délayée î » Puis, prenant les mots
/Jn' tB tcnen'tan et m? 4-" yjrkw , « sortes de parfums , » qui sont le régime direct du verbe *{m thou, a appliquer en frot-
« tant , » il en a fait le nominatif de la phrase suivante. « Tous ces «parfums, dit-il, que Ton nomme tchen-tan et jo-kin, les rois et a les princes en font usage dans leurs bains ! »
3° Il a encore mêlé deux phrases ensemble, en faisant rapporter les mots princes et rois de la phrase suivante au passage dont nous nous occupons, et qui s'applique uniquement: Us qui, post urinam redditam , se abluunt, et unguentis liniunt.
4° Voici l'analyse grammaticale des mots J=ï» *pK "=^g" -?||
chin-thou-tchou-hiang : le premier mot est au cas locatif ( sur le corps ) ; le second veut dire appliquer en frottant; les deux suivants (divers parfums) sont le régime direct de ce verbe actif. M. P. ayant rejeté l'accusatif "j^g" ^p| tchou-hiang (des parfums) dans la phrase suivante, où il les construit au nominatif, a considéré le locatif JpK chin [sur le corps) comme le régime direct de ^/ffi" thou, «enduire.»
Il a oublié qu'en chinois, un substantif placé avant un verbe actif ne peut en être le régime, à moins qu'il ne soit précédé d'une marque d'accusatif; le régime direct se place après le verbe.
<( Quand le prince est sur le point de sortir, les
( 42 ) « musiciens battent le tambour, et chantent aux sons « des instruments à cordes. »
M. P. traduit : « En fait de musique, leurs instru- «ments sont de gros tambours et des instruments à « cordes. »
Il y a une transposition dans le texte: au lieu de kou-tseou, il faut lire tseou-kou ( cf. Chou-king, chap. In-tching : « L'aveugle ( c'est- « à-dire le musicien) a battu le tambour [tseou-kou) . n
i° M. Pauthier, ayant fait entrer les mots ^g" -T- kian-wang,
«prince, roi,» dans la phrase précédente (voyez plus haut, § 38,
n° 3 ) , n'a su que faire des deux mots J&S jffi, tsiang-tseou,
o lorsqu'il est sur le point de sortir, » et les a passés. Les deux mots
hien-ko ont chacun un sens verbal. En tartare-man-
IL h
dchou ,Jitkheme outchoulere [chordas pulsare et canere), Li-ki , Mémoire sur la musique, fol. 35.
2° M. Pauthier n'a pas aperçu la transposition des mots T§3f :âfe
kou-tseou au lieu de jg|c alf tseou-kou , et a rendu les deux mots
tjw* kou , i tambour, » et ^ZxJv tseou , « battre , » par de gros tambours. Il est probable qu'il a confondu le verbe jé$L tseou avec l'ad-
jectif xf^ thaï, qui veut dire grand.
3° Il n'a point vu le rôle verbal de X*U hien (fides pulsare) , et rendu ce mot par instruments à cordes.
4° Il a passé le mot Wjt ko , « chanter. »
m wiM m sa m
« (Avant) d'offrir un sacrifice, de saluer (les dieux) « ou de leur adresser une prière , ils se baignent et use lavent (tout le corps), »
( 43 ) M. P. traduit : « Lorsqu'ils font des sacrifices aux «êtres invisibles, et qu'ils rendent hommage aux mânes « de leurs ancêtres , ils s oignent le corps , se baignent, « se lavent les mains , et ils font toutes sortes d ablu- « tions prescrites. »
i° M. P. a paraphrasé inutilement et d'une manière inexacte
les deux mots ££ fur tsi-sse , qui signifient en général offrir un
sacrifice (voyez le Dictionnaire de Basile, ^6996, et Morrison, Dictionnaire chinois, part. 11, n° io58i).
20 II a passé les deux mots 33*. paï, « saluer, » et ^gl ihse, « adresser une prière. »
3° H a divisé en deux l'expression 7*^ t/> mo-yo (Morrison , part. 11, n° 1 2561, to baihe, se baigner) et a rendu la première syllabe , V7k mo, par ils s'oignent le corps !
4° H a divisé également l'expression ffiv VrË kouan-si (Morrison, part. 11, n° 6657, to wash, to clean, laver, nettoyer), et il a rendu la première syllabe, ç^v kouan, par se laver les mains.
Enfin M. P. donne à entendre que c'est en offrant le sacrifice qu'ils .se baignent ainsi , tandis qu'il est évident que ces ablutions doivent précéder le sacrifice.
Le morceau qui traite de la langue et de la littérature a été rendu d'une manière si inexacte par M. P. [Journal asiatique, décembre 1839, Pa§- ^63 et suiv.), qu'il aurait besoin d'être retraduit phrase à phrase et presque mot à mot; mais la place et le temps me manquent. Je me bornerai à en citer quelques passages,
'M km m ejt m
u Leur source ( la source des caractères de récriât ture ) s'est agrandie peu à peu ; ils se sont plies aux « exigences du pays et aux besoins des hommes , et « n'ont subi que de légères modifications. »
M. P. uLeur source s'est perdue sur la large « surface de la terre , et en s'accommodant à la science «subtile des hommes, elles ont subi plusieurs modifiu cations. »
i° Il a traduit l'adverbe *£=> tsin , « peu à peu , » par s'est perdue.
2° H a rendu par l'adjectif large, le verbe hpf kouang, «s'élar- «gir, s'agrandir,» et, le confondant avec les deux premiers mots du membre de phrase suivant, |^| "pîfj in-ti, qui signifient se conformer au pays, il a traduit la large ( nÉf kouang ) surface de la terre ( fc/ç| "f/j|J in-ti)i J'ajouterai que si, par impossible, le mot h^j in» «se conformer,» signifiait ici surface, le mot "pm ti,
«pays,» ne pourrait être construit avec lui au génitif, puisque, suivant une règle invariable, le terme conséquent se met alors avant le terme antécédent, c'est-à-dire que le mot qui serait au génitif en latin
se place en chinois avant le nominatif. Par exemple, les mots /V
"^fe, jin-chen signifient hominis virlus , la vertu de l'homme; mais si
le mot f^é chen était placé avant le mot yl jin, cette transposition
changerait leur rôle grammatical, et ils signifieraient vertueuxhomme, c'est-à-dire homme vertueux (cf. Rémusat, Gram. chin. § 79).
3° Il a en outre rattaché les mots lÏÏfe /l souï-jin, «se plier
« aux besoins des hommes , » à l'adverbe À$& weï, « légèrement , » qui commence le membre de phrase suivant, et il traduit: «en s'accom- «modant ( Jww souï) aux connaissances subtiles ( ^5v weï) des
«hommes ( À jin). Les mots /tfgv /^J Rff Wjfo WEÏ-yeou kaï-pien signifient légèrement — ■ avoir ou éprouver — des changements.
Le lecteur remarquera qu'outre les fautes signalées ici, M. Pautbier a construit ensemble deux mots qui appartiennent à deux membres
différents, yV jin, «hommes,» et vrëv weî, «légèrement,» qu'il
rend par connaissances subtiles des hommes !
« Il y a des magistrats particuliers qui sont chargés « de noter les paroles et d'écrire les actions des sages. « Les annales et les décrets royaux sont compris sous «le nom collectif de Ni-lo-pi-tcha.»
M. P. traduit : « Arrivons maintenant aux livres « de préceptes traditionnels. Chaque action de la vie a uses règles prescrites, qui sont consignées dans des « livres de lois dont le titre général est Ni-lo-pi-tcha. »
Il y a ici un grand nombre d'erreurs.
i° M. Pautbier a rendu les mots ^\[ "T4 tchi-iu, «quant à» ( noter les paroles et écrire les actions ) , par arrivons à.
2° Il a réuni l'expression ~^P "p£" ki-jen, «noter les paroles,» au verbe actif ~^Ê£ chou, «écrire (les actions),» de l'expression suivante, et il en a fait le mot composé gp "|Eï* -3^ M-jen-
thou, « les livres ( ^EPï chou ) de préceptes traditionnels f = P ~5EÎ W„)!, ^ P * °C ^
3"" Il a joint le mot ~^Â sse, «actions,» régime du verbe .^K
àiou, «écrire,» au mot sÇ^ ko, «chaque,» qui commence un autre
mtmbre de phrase , et en a fait le nominatif du membre de phrase suivant.
4* II a divisé en deux l'expression '/tj "SI J^ou-sse, «magls-
«trat. » Il a rendu la première syllabe, /fcjj yeou, par avoir, et la
seconde, "gfl 55e, par ks rè^ïes prescrites!
5° Il explique par «être consigné dans» le mot A&L thsun,
«exister» (c'est-à-dire des magistrats se trouvent). Conf. Lun-yu, «h. vin, § 4; en tartare mandchou : A$ y^^-K M^\' \. afakha-oursè-bi.
6° Il a, en outre, confondu le mot /&. thsun, «existent, se
« trouvent , » avec les mots CP Hp£ chi-h-ao , « les annales et les
«décrets royaux,» qui sont le nominatif de la phrase suivante , et il à
écrit : « les règles prescrites ( "J^ 1 55e / ) sont consignées ( £*
thsun) dans les livres de lois ( tt* =~+p chi-kao ! ), » contrairement à la règle du locatif et du génitif.
Vt i\
« On y rapporte à la fois les bonnes et les mau- « vaises actions ; on y expose toutes les calamités et « tous les événements heureux. »
M. P. traduit : « La vertu et le vice y sont pré- « sentes sous le point de vue des récompenses. »
Il n'a pas compris: i° "ÏÏJ+ tsaï et ~fi£ tsiang , «calamités et
«événements heureux;» 20 f=§. jffifr/tui-fcia, «sont cités ensemble;» 3° 1fi§f jg^f* pi-tchou , « sont exposés complètement. »
vi Mais , pour ouvrir l'esprit aux commençants et v< les initier (à l'étude), on leur fait d'abord étudier x( l'ouvrage intitulé) Chi-eul-tchang , c'est-à-dire les « douze chapitres. »
M. P. « On en explique les obscurités en vous « faisant avancer pas à pas , et comme en vous me- « nant par la main. On enseigne d'abord à observer « et à respecter les douze chapitres. »
Le mot *|Fâ* meng (littéralement, «stupide, bouché») est consacré pour dire un commençant (Morrison, a stapid school boy). On le trouve dans le titre d'une foule d'ouvrages élémentaires. C'est ainsi
qu'a été formé celui de la grammaire mandchoue ydE- «^/ P5C
*|Fâ Thsiny-wen-khi-meng ( littéralement , « mandchou — littérature
— instruire — commençants » ) .
i° Il rend le mot S5j haï, «ouvrir» (l'esprit à quelqu'un) par expliquer.
2° Il traduit le mot ^â meng, «un commençant,» par les
obscurités. Sa version des mots ffjt ^VB. yeou-tsin manque de
justesse et de précision. Ils signifient littéralement attirer et faire
avancer. On lit dans le Sse-ki (chap. Li-chou) : E^ >T£ yj
A~* :=?fë etc. «Attirez les hommes par l'humanité et la justice,
« contenez-les par les châtiments. »
-h Mît fcm « 3£ HH * m.
« Au bout de sept ans , on leur donne successive- « ment à étudier les grands traités des Cinq lumières. »
M. P. «On communique les cinq lumières qui « sont de grands entretiens. *
11 n'a pas vu que, d'après la position, les mots -fa pH ou-
ming, « cinq lumières , » sont au génitif, et que les mots "yr* ~=ïn
ta-lun , « grands traités , » sont le régime direct du verbe 2w cheou, « donner. »
u (Ce livre traite) du principe femelle et du prin- « cipe mâle (d'où sont formées toutes choses), et de « la science du calendrier. »
M. P. : «(Il contient) la doctrine des deux prin* u cipes de T astronomie et des mathématiques. »
M. P. à rendu l'expression M^fv t|v li-sou ( littéralement :« les nombres du calendrier ») par Y astronomie et les mathématiques. L'expression }0& llx ^"50U ne désigne point deux sciences distinctes, comme le pense M. Pauthier t elle s'applique uniquement aux calculs astronomiques qui sont nécessaires pour la composition du calendrier. On voit que M. Pauthier a considéré ces deux mots
comme étant au même cas ; tandis que , par sa position , le mol }fâ$
U, a calendrier, » se trouve au génitif. (Conf. Chou-king , chap. Ta-iùmo, S i4 : en mandchou : A-û-*- 0 A" » *> rA Forgon i ton; voy. aussi la traduction de Gaubil, pag. 27, lign. 5: «/es nombres écrits « dans le calendrier. » )
« (Dans ce traité) l'on scrute et l'on examine avec « soin ce qui est vrai ou faux. »
M. P. « Il fait connaître les épreuves judiciaires « auxquelles on doit soumettre les prévenus. Il enseigne « les moyens d'acquérir la certitude des faits en démêlant « h vrai du faux. »
L'expression aJ7t Jgfy jen-he signifie simplement scruter et
examiner. Elle a pour régime les mots |g 4J3l tchin-weï, «le
«vrai et le faux» (des doctrines). Il ne s'agit ici ni d'épreuves judiciaires ni de prévenus. Je ne puis découvrir dans quelle partie du texte M. Pauthier a pris les mots « il enseigne, les moyens d'acquérir « la certitude des faits en démêlant. » Ainsi il a employé vingt-sept mots français pour rendre quatre monosyllabes chinois ; encore s'>est-il gravement trompé dans la première partie de sa paraphrase.
«On approfondit et Ton pénètre la loi des cinq « chars. »
M. P. traduit: «Ce livre porte ses investigations « sur le bien dont on peut jouir dans ce monde, sur « les cinq systèmes. »
Le mot char est pris ici au figuré. Il indique les moyens employés par cinq classes d'êtres éminents pour parvenir à la perfection. Selon le dictionnaire bouddhique San-tsang-j a-sou , liv. XXII, fol. 16 et suivants, il y a cinq sortes de chars : 10 le char de Fo; 20 le char des Bodhisahoas ; 3° le char des Youen-khio ou des Pratjékas; 4° le char des Ching-wen ou des sages qui ont acquis l'intelligence après avoir entendu la voix de Fo ; 5° le char des hommes purs. « Le mot *achar, dit le même ouvrage, renferme l'idée de transporter. Jou-laï, « au moyen de la loi du premier char de la vraie image , transporte « tous les êtres , les conduit tous ensemble dans le nirvana et les fait «parvenir à l'autre rive. Les Bodhisatwas , au moyen d^ l'aumône,
J. A. Extr. n°8 (1841). 4
de la patience à supporter ies outrages, de lardeur dans l'étude de la perfection , de la méditation , de la prudence et de la pénétration, transportent tous les êtres et les délivrent des trois mondes, qui sont le monde des désirs, le monde des formes et le monde sans formes,» etc. etc.
\iÊk hkieou-tchang.
1 ° Il divise en deux l'expression double « pénétrer à fond. » Il traduit la première syllabe par porter ses investigations sur, et prend un nom de chose ( le mot livre ) , au lieu d'un nom de personne, pour sujet de ce premier verbe.
2° Il explique la seconde syllabe, |jj|| tchang, «pénétrer,» par le bien dont on peut jouir dans ce monde !
3° En rendant 3ÎS ching, «char,» par système, il méconnaît et fait disparaître le sens figuré du mot char, dont nous avons donné plus haut l'explication, d'après le dictionnaire bouddhique Sant s an y -fa-sou,
ÀÂMM
(Suite.)
«(On approfondit et Ton pénètre) la doctrine «subtile des causes et des effets (c'est-à-dire des ac- « tions et de leur rétribution). »
M. P. traduit: «(Il porte ses investigations) sur «les motifs et les fruits des œuvres, sur les causes «les plus extraordinaires et les plus merveilleuses. »
i° Il n'a pas vu que les mots "h\) J^miao-li, « doctrine subtile, »> sont le régime direct des verbes approfondir, pénétrer, et que l'expression J5cl jB* k%°> «causes et effets,» est au génitif. Il traduit comme si ces deux expressions, dont la relation lui échappe, étaient deux régimes directs du verbe actif ^ hhieou, «approfondir.»
2° Le mot j^j in, «causes,» désigne ici les actions bonnes ou
mauvaises ( de la vie antérieure et de la vie actuelle ) , qui sont les causes des récompenses ou des châtiments. Il ne peut signifier les motifs des œuvres. Je nai pas besoin de montrer combien est inexacte
ïa traduction des mots "Wj) ^H? miao-li, «causes les plus mer-
« veilleuses et les plus extraordinaires , » au lieij de doctrine subtile.
3° Le mot -3?* ko, «fruits,» sapplique, dans ce passage, aux
récompenses ou aux châtiments qui sont, les effets, les résultats des actions bonnes ou mauvaises.
Nota. Avant le passage qui suit, M. P. a passé deux pages et demie du texte.
« La première caste s'appelle celle des Po-lo-men « (Brahmanes); ce mot veut dire : celai qui agit avec a pureté. Ils gardent la loi, s'attachent à la droiture, «et persévèrent dans la pureté. »
M. P. « La première est celle des Po-lo-men; « c'est la caste aux actions pures, ou qui purifie les ac- « tions* Elle conserve les saines doctrines , et habite « des lieux sans souillures; le blanc est la couleur quelle « porte. »
Le mot jpj^ khi (vulgo habiter) se prend ici au figuré, comme
le mot anglais to dwell in dans un passage analogue que cite Morrison {Dictionnaire chinois, part, il, n° 6o63) : to dwell in benevolence ,
«demeurer dans,» c'est-à-dire s'attacher à l'humanité (4pE -j kiu-jin ) .
i° Ha pris le mot ■££' hiu (vuigo habiter) au sens propre,
2° H a confondu le mot }=|| tching, «rectitude,» qui termine
le sens, avec l'adjectif yf^ hie , qui commence le membre de phrase suivant; et, faisant un substantif de ces deux syllabes, qui ont chacune un rôle différent, il prend ^ };§? tching-kie pour
lieux sans souillures !
Il prend au sens propre le mot tft pe (vulgo blanc) , qui, avec ^jtb hie, forme l'adjectif pur (au moral) , et le rend par couleur blanche des habits.
4° Le mot A^B. tsao signifie ici jirnium animi propositum. Il n'es$:
pas permis, comme le fait M. Pauthier, d'en faire un verbe actif, e«, de le traduire par porter (des habits).
UMrMMMMÏÏ,
« La troisième caste est celle des féi-che ou des «marchands; ils échangent (les marchandises) qu'ils u ont contre celles qu'ils n'ont pas, et vont en tous «lieux pour courir après le gain. »
M. P. «La troisième est celle des feï-tche , c'est la « classe des marchands ou négociants , lesquels , dans ulears transactions commerciales, ne repoussent aucune « sorte de gain proche ou éloigné. »
i° ïl a fait l'expression transactions commerciales du verbe composé *^j ^pËk meou-tsien , « échanger. »
2° Tl a retranché le mot /fcj| de l'expression /El <ffff yeou-won ,
ce qu'on a et ce qu'on a pas,» régime direct du verbe ^=j i
meou-tsien, « échanger. »
3° Il a fait une négation du mot ^fffl- «ou ,« ce qu'on n'a pas ,» et
Fa construit avec îe mot ^^ fc/io, qui commence le membre suivant.
4° H a traduit ^^ tcho , « courir après , » par repousser.
5° H a fait les adjectifs proche ou éloigné ( qui! rapporte au gain )
des mots -ïp£ in* jouen-kin, «les marchands s'éloignent ou se
rapprochent, » c'est-à-dire : vont dans leur voisinage ou loin de leur pays. Je dois ajouter que, contrairement à la règle constante qui veut que l'adjectif soit placé avant le substantif, il a considéré
les verbes 4^ jouen et .In* kin comme des qualificatifs du mot
^)J li3 «gain.»
En traduisant les lignes suivantes, M. P. a fait un bon nombre d'omissions et de fautes graves.
S0^ BMM A &.
km m #.»*»#$*.
fo # £ é;« * * &.
&mm m.u un m.
« La quatrième caste est celle des soudras (labou- «reurs); ils emploient leurs forces à cultiver les « champs, et s'occupent du soin de semer et de moisce sonner. Ces quatre castes se distinguent en pures « et impures. Lorsqu'il s'agit de se marier ou de «former des liens de parenté, les personnes d'un « rang élevé et celles d'une basse extraction suivent « une route différente. Les parents du côté du mari « et ceux du côté de la femme ne se mêlent pas en- « semble par des mariages. Dès qu'une femme s'est ((Une fois mariée, jusqu'à la fin de sa vie elle ne <( contracte pas une seconde union.
« Les autres familles se divisent en un nombre in- «fini d'espèces, dont chacune ne fraye qu'avec les « personnes de la même classe , et qu'il serait fort « difficile de faire connaître en détail. »
M. P. «La quatrième est celle des Seou-to-lo; «c'est la caste des agriculteurs; ils doivent con- « sacrer toutes leurs forces corporelles, de génération « en génération , à cultiver les champs , à semer et à « moissonner.
« Chacune de ces différentes castes pures et im- « pures ne contracte pas de mariages avec une autre. (( Une femme , une fois mariée , l'est jusqu'à la fin de «ses jours; elle ne se marie pas une seconde fois. « Le restant de la population est composé de classes « mêlées, qui suivent les lois qui leur sont propres. »
i° H ne s'est pas aperçu que le mot jflisÉ tcheou formait, avec le mot Rnif long, un mot composé qui signifie champs , et il la
traduit par de génération en génération, d'après cette définition de Morrison ( Dictionnaire chinois , part, n , n° 1 4 1 4 ) : to be handed down through successive âges. Si le mot tcheou eût rempli ici le rôle
d'un adverbe , il aurait été nécessairement placé avant le verbe *£+-,
sse (cf. Rémusat, Grammaire chinoise, n° 177).
20 II a passé les mots Wjt Jpp hin-chin, mot à mot: appliquent leur personne , c'est-à-dire : donnent tous les soins à.
3° H n'a pas compris les mots yfc V"ff? tchu-lieou, «suivent
«un cours différent,» c'est-à-dire se séparent, s'éloignent mutuellement.
4° H a passé les mots iè 3fB thong-thsin, «contracter des
« alliances , former des liens de parenté. »
5° Il a passé les quatre mots 515 Âjt J§ jïg- feï-fo-i-lou ,
« les personnes des classes supérieures et des classes inférieures ( lit- «téralement: celles qui volent et celles qui rampent) suivent une voie «différente,» c'est-à-dire ne se marient pas ensemble.
6" Il a passé les mots t\1 syL i=E* TwtT neï-waï-tsong-tchi,
« les parents du côté du mari et ceux du côté de la femme » ( littéralement: «les parents intérieurs et extérieurs » ) . Cf. Morrison, Die tionnaire chinois, part. 11, n03 807& et 863.
70 H a passé les mots J=L WÊ ^Kp fftfc chi-min-tchong-
tso, «(les autres castes) se composent de familles d'espèces nombreuses. »
8° Les quatre mots v|C |Ep| 2® ji£ ko-souï-louï-tsia signifient singuli [homines) secundum speciem congregantur, c'est-à-dire que les individus de chaque famille ne fréquentent que les personnes de la même classe qu'eux. M. Pauthier traduit: (elles) suivent les lois qui leur sont propres !
90 II a passé les quatre derniers mots, 3NÉ yj "=¥; nan-i-tsiaîig-tsaï , «il est difficile de rapporter tout cela en détail,
i 2ê iit tu m w $t
M k mm "êJà-^i-.
«La succession des rois ne se compose que de « Kchatriyas , qui ont commencé à s'élever par l'u- «surpation et le meurtre (du souverain légitime). u On les regarde comme les plus honorables des dif- «férentes familles (ou castes).
« Les soldats du royaume sont tous choisis parmi « les hommes les plus intrépides et les plus braves. »
M. P. « Les rois et les princes , de générations « en générations , sont pris dans la classe des Kchât- «triyâs, et, dans le cours des siècles, des races «royales ayant été anéanties, il s'est élevé des fa- « milles différentes au pouvoir souverain , lesquelles , «quoique honorées et dignes de l'être, ont suscité « des guerres dans le royaume. »
i° M. Pauthier a passé le mot >|=C tsouan «usurper le trône.»
2° Il a rendu le verbe -JhfÇ chi, a tuer un supérieur, un roi,»
dont le nominatif est les Kchatriyas, par [des familles royales) ayant été anéanties.
3° Il traduit l'adverbe fEfc chi, «quand, lorsque,» par dans le cours des siècles.
4° H a confondu le verbe
khi, «s'élevèrent,» dont le nominatif est 4h| ^pP? yRjl Tsa-ti-li, «les Kchatriyas,» avec les
deux premiers mots de la phrase suivante, A^Fr. Tlcp i-siny, «fà-
«milles différentes,» et, contrairement à la règle qui veut que le nominatif précède toujours le verbe, il a supposé que ce verbe avait
pour nominatif les mots suivants -Pp*. Tïifc i-sing, « familles diffé-
« rentes , » et il a traduit : il s'est élevé des familles différentes !
5° Ensuite il a rapporte aux familles différentes les mots Ppfff, J==E
tching-tsun, «on les appelle honofables,» qui se rapportent aux Kcbatriyas ; « lesquelles , dit-il , quoique honorées et dignes de l'être. »
6° Il rend les mots |^| ~S Jgjj» -rr" koue-tchi-tchen-sse ,
aies soldats du royaume, » qui commencent une autre phrase, par : (les familles différentes) ont suscité des guerres dans le royaume!
7° Il a omis les quatre mots ffrë. y/ffe -TTÎ* !*5JP- Mao-hiong-
pi-siouen, «ils sont tous choisis parmi les plus intrépides et les plus « braves. »
^ Ht HT il "M M ^ W
« Les pères transmettent cette profession à leurs «fils, qui bientôt deviennent profondément versés « dans l'art militaire. »
M. P. ((Les grades militaires se transmettent «de père en fils, lorsque ces derniers sont suffi- « samment instruits et consommés dans l'art de la « guerre. »
i° Il a rendu le mot ^fc nie, «profession,» par grades militaires.
2° Le sens inexact de lorsque, qu'il a attaché au mot ZZj£ souï, «aussitôt, bientôt après,» Ta empêché de saisir la pensée de l'auteur,
« En temps de paix , ils montent la garde dans « les postes qui entourent le palais. »
M. P. «Dans les temps de paix, lorsque les « troupes sont à demeure , elles vont tenir garnison adans les forts, les casernes, et autres lieux destinés « à cet usage. »
M. P. n'a pas compris le sens de t^ /g kong-liu, «corps «de garde du palais» (cf. Tchao-ming-wen-siouen , Si-tou-fou , fol. 22), ni celui de Si A^T tcheou-weï, « garder tout autour. » Le texte ne parle ni de garnisGn, ni de forts, ni de casernes.
«Quand ils vont au combat, les troupes légères « forment l' avant-garde. »
M. P. «Quand elles vont à la guerre, elles mar~ « client en corps , précédées par une avant-garde. »
i° Il na pas vu que les mots ^g" jftt> /en-ïm désignent ici un corps particulier (les troupes légères) ; il a rendu par un verbe le mot Sfg fen ( qui remplit ici le rôle d'un adjectif) , et, au lieu de troupes légères, il a écrit: elles marchent en corps.
2° En rendant l'expression ail 'J^g thsien-fong, 1 forment
« l'avant-garde, » par p recèdes par une avant-garde, il la construite au cas instrumental, ce qui est inadmissible, parce que les mots qui se trouvent à ce cas , par leur position , se mettent constamment devant un verbe, dont ils sont alors le complément indirect.
« Les éléphants sont couverts de cuirasses épaisses, « et leurs défenses sont munies d'éperons tranchants. »
M. P. a fait ici une faute des plus étranges : il s'est imaginé que les sons -yt- ~ffm A\)\ W& Jd-chi-li-hiu (mot à mot : aux dents — mettre — de tranchants — éperons) étaient la transcription du mot sanscrit «Ulrich jâcht'îka, armé du yâcht'i» (ou de la forte massue ) , et il a traduit : « ceux qui combattent montés sur des élé- «phants sont les ja-chi-li-kiu , protèges par des armes ou massues « solides. »
On voit qu'indépendamment de Terreur que je viens de signaler, il prend les cuirasses ( des éléphants ) pour les armes ou massues de ces guerriers de nouvelle espèce, dont le texte ne dit pas un mot.
C'est à eux qu'il fait rapporter le verbe passif /4£ pi : ils ( les éléphants) sont couverts, et il le rend par (les guerriers) sont protèges !
« Un général assis sur un char, est chargé de les «commander (c'est-à-dire de les diriger).»
M. P. traduit : « Les uns , se plaçant en repos ou « immobiles sur un char de guerre , se tiennent à une « certaine distance. »
i° Il rend les mots — —* -jj^f* i-tsiang, «un général,» par les uns se plaçant, et il fait l'adverbe *en repos» du verbe -fg ngan, « s'asseoir. » Peut-être aussi qu'il a cru trouver le sens de se placer en repos dans les mots -ffër -^fr* tsiang-ngan , « le général est assis » ( littéralement : a se repose sur » ).
2° H rend les mots fë»* cneou, «recevoir,» par se tenir, et /mT| £^ tsie-tou, aie commandement, » par une certaine distance.
«Des soldats sont rangés (près de lui), et le pro- « tégent de tous côtés. Ils poussent les roues et mainte tiennent le moyeu. »
M. P. «Les troupes rangées en ordre de bataille « s'étendent au loin dans les positions qui leur sont assi- «gnées, en s' appuyant sur les chars dont la masse est « cachée autant que possible à l'ennemi. »
i° Il ne s'agit pas ici de soldats rangés en ordre de bataille. M. P. rend le mot ïij tcheou, «autour,» par au loin, et le mot ijïT weï, «protéger,» par s'étendre dans les positions assignées!
2° Il rend les mots 4>/r* jErâ fou-lun (littéralement: «soutenir,
aider les roues » , c'est-à-dire les pousser en les tenant ) par s'appuyer sur les chars!
3° Il m'est impossible de découvrir, dans les mots 3SW j|N*
hie-ko , « maintenir le moyeu , » l'origine de sa paraphrase , « dont la «masse est cacbée, autant que possible, à l'ennemi.»
«Des cavaliers épars écartent de lui (l'ennemi). « S'il est vaincu et s'échappe pour sauver sa vie , des «fantassins agiles le défendent; les plus braves ob- « tiennent seuls cet emploi. Ils portent un grand bou- « clier, etc. »
M. P. «La cavalerie se développe à l'opposé « pour forcer l'ennemi à battre en retraite , et pour « porter les ordres avec la plus grande célérité. « L'infanterie, manœuvrant avec agilité, remplit ses «devoirs avec audace et énergie; un grand et large «bouclier protège les plus timorés.»
Les mots J£@& T-p king-kan signifient littéralement agiliter défendant.
i° M. P. a confondu ensemble les deux premiers membres de ce passage , dont le sens lui est échappé. Il rend les mots dt *lBQ
san-iu ( équités ) sparsi repellunt ( hostes) , par se développe ( &\f san )
à l'opposé ( ^jlffi iû ! ) . Ainsi il fait un adverbe du verbe actif 'fiM
iu (repellere), et encore il construit cet adverbe ù contre-sens; car on sait que l'adverbe doit toujours se placer avant le verbe dont il dépend. (Rémusat, Grammaire chinoise, § 177)
20 II a traduit les mots i&s. J fc tcho-pe . « être vaincu , » et
^j-re* «m pen-ming, «fuir pour sauver sa vie,» par forcer l'ennemi
à battre en retraite.
3° Il a traduit îf£ kan, «défendre quelqu'un,» par porter les ordres.
i° Il a rendu adverbialement [avec audace et énergie) les mots TJÏV JËB kan-yong, qui signifient les plus audacieux et les plus braves.
5° Il a rendu Wt> *3£ tchong-siouen, « remplir un choix, » c'est-à-dire obtenir un emploi, par remplir ses devoirs.
6° H paraît avoir tiré du mot g3 fou, « ils portent, » le sens de protège ! Ainsi , tout en faussant le sens , il fait un nominatif du régime du verbe glï fou, qui serait à l'accusatif en latin (gerunt.
fou y magnum, ta, clypeum, lou) , et il oublie qu'en chinois le verbe ne peut jamais précéder le nominatif dont il dépend. Il n'y a aucun inconvénient à dire, en latin, protegit clypeus, parce que la terminaison us indique suffisamment que le mot bouclier est au nominatif; mais, si un verbe actif chinois était placé avant son nominatif, dont aucune terminaison n'indique le cas , on serait exposé à prendre ce nominatif pour le régime direct du verbe.
Je ne puis découvrir où M. P. a vu le sens de « les plus timorés. »
«D'autres, armés d'un sabre ou d'une épée, s'é- « lancent à lavant-garde ou marchent en rangs, s
M. P. traduit : «Quelques-uns tiennent aussi un « glaive ou un sabre à deux tranchants qu'ils étendent «devant eux, en marchant en ordre de bataille.))
Le texte chinois parle de deux actions différentes , savoir : s'élancer à l'avant-garde et marcher en corps avec le gros de l'armée. M. P.
n'en a vu qu'une, et s'est imaginé que les mots ail -vB^ ihsien-
fen, «s'élancer en avant de l'armée,» signifiaient étendre en avant un sabre.
* m n x-Ti m & ■#.* % n $ z m.% ■& % &
« En général , leurs armes ( de guerre ) ont une « pointe ou un tranchant aigus. Les armes appelées « hallebardes, boucliers , arcs, flèches , sabres , épées, «haches, lances de différentes sortes (telles que le «ko, le chou, le long so), les frondes, leur sont « familières depuis des siècles. »
M. P. « Chaque arme offensive est aiguisée en «pointe; c'est ce qu'on appelle généralement lance, « hallebarde. Le bouclier, l'arc, les flèches, les glaives, «les sabres à deux tranchants, les haches d'armes « de toute espèce, les lances, les bâtons, les longues «hallebardes, les chars et tout ce qui en dépend, sont « dans les usages du siècle. »
i° Il rend les mots wé£ mfr fong-jouî, «pointu et tranchant» ( le second s'applique aux sabres et aux haches) , par aiguisé en pointe.
2° Il met un point après "pf* meou, «lance» ( pjt "=w ••?£*
( so-weï-rneou) et rapporte les mots mt "=9 so-weï, «ce qu'on
« appelle, » aux huit mots qui les précèdent, tandis qu'ils se rapportent aux seize mots suivants.
3° L'expression Mrâi 3j\ lun-so signifie littéralement cordes
qu'on fait tourner comme une roue ( rotabiles junes ) , c'est-à-dire les
frondes. M. P. rend la première syllabe, Mââ lun, qui a le sens de
1 adjectif verbal rotabihs , par le substantif chars, et la seconde, J^Xf so [fanis] , par tout ce qui en dépend !
4° H ne s'est pas aperçu que les trois mots -5?^ "IJJ* "t?*3
kial-chi-si signifiaient littéralement : « ( à ) toutes ces choses , de gég nération en génération , ils sont accoutumés. «
Il a rendu l'adverbe I M* chi , « de génération en génération , »
par le génitif du siècle, et le verbe y^\ si, « être accoutumé, » par le substantif usages.
« Passons à leurs mœurs. »
M. P. termine son article du cahier de décembre i83q par cette phrase : a Voilà les coutumes des Indiens relatives à l'art de la « guerre. »
Les quatre mots que je viens de traduire plus haut n'appartiennent pas , ainsi que l'indique leur sens , au morceau précédent , qui traite de l'art militaire : ils servent de transition à la suite du récit inséré dans le cahier de mars i8io, page 161.
« Quoiqu'ils soient naturellement légers et em- « portés , leurs intentions sont très-droites et très- « sincères. »
M. Pauthier : « Quoique le naturel des Indiens « soit ennemi de l'action, qu'ils soient timorés, leur vois lonté est cependant fortement attachée aux prince cipes de sincérité et de droiture. »
îl est difficile de concevoir comment il a pu rendre le mot 3jpj hiouen, o léger, » par ennemi de l'action , et le mot jzpr M, « prompt, « emporté , » par timoré.
« Ils n'acquièrent point des richesses par des voies « illicites ; dans les choses justes , ils font toutes sortes « de concessions. »
Littéralement : « Quoad divitias , contra fas non « acquirunt (illas); quoad justitiam, effuse cedunt. »
M. P. a divisé ce passage en trois parties: «Ils ne k se livrent pas à la poursuite des richesses par des « moyens illicites ; — quand ils en acquièrent, c'est « par des moyens conformes à la justice ; — ils ont de la « déférence et de la soumission plus qu'il ne leur convien- « droit d'en avoir. »
i° M. P. emploie huit mots pour rendre les deux syllabes ■^F* .?f\C iu-i, «quant à la justice, » dont il n'a saisi ni le rôle ni le sens. Dans les deux membres de phrase du texte, la préposition -+-' in, «quant à,» n'a pas d'autre objet que d'appeler l'attention du lecteur sur les mots JByf thsaï, «richesses,» et se i, «jus- « tice. »
2° Il rapporte le mot Jap i, «justice, » au premier membre de
phrase, où se trouve le mot Asb te, «acquérir,» tandis qu'il appartient au suivant, où se trouve le mot "gpf jang, «céder. »
3° Voici, je crois, la cause des erreurs que M. P. a commises
— l-fr-
dans ce passage. Il paraît qu'il a mis un point après l'adverbe /£jt
J. A. Extr. n°8 (i84i). 5
keou, « illicitement » ( -+- &T ffif. Apto m-thsaï-iuou-keou) 7 et qu'il a commencé le second membre de phrase par le mot /f-Efr
te , « acquérir, » qui termine le précédent , et il a lu 43z - I ■ ^rfc o ie-iu-i. C'est ce qui résulte de sa traduction : « Quand ils en «acquièrent ( /Ji te) , c'est par ( -Hp in) des moyens conformes
« à la justice ( |1|E i ) . » Pour traduire ainsi, il a supposé que les mots -+-* ^rT^ i-hi (quant à la justice) signifiaient par /a justice, par le moyen de la justice. La construction de la phrase s'oppose absolument à ce sens, et d'ailleurs jamais le mot '] ' ia n'a remplacé le mot y] i pour indiquer le moyen par lequel on fait quelque chose.
!\ Enfin, après avoir mis un point après irK i < «justice, » il a traduit /fcj Sfe "gjp yeou'Ju-jan9 Par ({ ^s ont de ^a soumis - «sion, de la déférence plus qu'il ne leur convient d'en avoir. » Il ne s'agit ici ni de soumission, ni de déférence, mais de concessions qu'on fait à une personne qui réclame une chose juste.
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HE g 2! ff.fi « « jf.
ails craignent les châtiments de la vie future, « et s'abstiennent des actes qui peuvent leur attirer a des malheurs ; ils n'emploient ni la ruse, ni la fraude, « et confirment leur parole par des serments so- « lennels. »
M. Pauthier n'a rien compris à tout ce passage; il traduit : k Ils craignent les châtiments d'une transit migration enveloppée de ténèbres; ils font assez peu u de cas des occupations mondaines de la vie , qu'ils re-
i 67 ) « gardent comme de fausses et insidieuses déceptions. Ils « ne font point de déclarations publiques en prenant les <( dieux à témoin , et cependant ils gardent religieu- « sèment leur foi promise, »
i° Les mots J^ïé Xm signifient destin de ia vie future; il les rend par transmigration enveloppée de ténèbres.
2° Les mots A? -ffi T>^ ?^ij sing-sse-tchi-nie signifient
les actes ( }=è£i nie) produisant ( Al sing ) des embarras ou des
malheurs ( ~£K sse). "V* tchi est une particule relative. M. P. rend ces quatre mots par occupations mondaines de la vie. On voit qu'il a traduit Al sing, «produisant.» par le génitif Je la vie, et qu'il n'a tenu aucun compte du mot Jg sse, « embarras , malheurs , » régime direct du verbe Al sing, «produire.»
3° Il a regardé comme une apposition les mots =îp =^S koueïkiu, « la ruse et la fraude , » nominatif du membre de phrase suivant ,
et les a mis dans la dépendance du verbe Jw-ft king, littéralement: « mépriser. »
4° H met un point après les mots ^jîfl gjp£ koueï-kiu , « ruse et «fraude,» et empiète sur le membre de phrase suivant, qu'il commence par A^ V~I* pou-hing , derniers mots de la phrase se rapportant à koueï-kiu : «la ruse et la fraude ( Ijln =$5 koueï-kiu) ne «sont pas pratiquées par eux ( Jt^ A'T* pou-hing). » Alors il rend les mots Â\ J~T pou-hing par «ils ne font pas,» et leur donne pour régime direct les mots **)\ -=- ming-chi, «serments solennels,» qui commencent le membre de phrase suivant, et qui, par leur position , sont au cas instrumental : « par des serments so-
«lennels ( **H ^ff^ ming-chi), ils confirment leur foi ou leur
!,Parole ( S f!f weï-sin)
Il a supposé que les mots ^ë£ j= weï-sin, « faire , établir, »
c1 est-à-dire , confirmer sa parole donnée , signifiaient être
fidèles ( i==* sin). II traduit : «Ils gardent religieusement la foi
« promise. »
6° En déplaçant les mots Jf^ J~T pou-hing , « ils ne prati-
« quent point ( la ruse et la fraude) , M. P. a avancé un fait qui est contraire au texte , savoir, que les Indiens ne font point de serments !
jft m n m.
« Les instructions administratives se distinguent upar un caractère de sincérité. »
Littéralement : « (Dans) 3 es instructions adminis- «tratives, ils estiment la sincérité.))
M. Pauthier : « Leurs principes politiques et cl'éducao tion sont fixés et déterminés dès une haute antiquité. )>
Il y a ici plusieurs fautes graves.
i° Les mots jpv* ip)/ tching-hido forment un mot composé qui veut dire exactement : «les instructions de l'administration, les « instructions administratives. » Le mot ~jut tclùng se trouve ainsi au génitif. M. P. en a fait un nominatif, « les principes politiques. »
2° Il a donné le sens de éducation au mot £si\7 làao , « instructions »
« ordres, » qui est construit avec le génitif Tpn* Ichiny , « de Tadmi-
o nistration , » et se trouve au cas locatif, [dans les instructions de l'administration, c'est-à-dire, dans les règlements administratifs).
3° Le mot Tpt cnan9 signifie ici estimer (Morrison : to esteem, to value). M. Pauthier en a fait l'adverbe en haut, des l'antiquité.
4° Il a rendu ^M tchi , o sincérité , » régime direct de \&\ chang , «estimer,» par les verbes passifs être fixé, être déterminé.
«Leurs mœurs respirent la douceur et la con- « corde. »
M. Pauthier : « Leurs usages et coutumes sont « comme la concorde et l'harmonie elles-mêmes. »
Les mots Jfffit yfcn yeou-ho forment un verbe composé qui veut
dire «être doux et sociable.» M. P. a fait l'adverbe comme du mot
Jmt yeou, et a rendu par deux substantifs, «la concorde et l'har-
« monie , » le mot tçQ ho, seconde partie du verbe Am* jkW yeou-ho.
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à JE.* M A ira.
« Quant aux hommes féroces ou rebelles qui violent u constamment les lois du royaume et ourdissent des « complots contre la vie du roi, lorsque leur conduite « a été mise au grand jour, on les enferme à perpè- « tuité dans une prison obscure , mais on ne leur fait « subir ni châtiments, ni mort violente. On les laisse « vivre ou mourir, et on ne les compte plus au nombre « des hommes. »
( 70 ) M. Pauthier traduit : « Les actions perverses cotn- « mises dans le but de nuire à la société , par un «nombre quelconque de personnes, sont jugées par « les magistrats du royaume aux époques ou la lune est « dans son plein, etc. »
H n'y a pas un mot de traduit exactement dans tout ceci, mais la phrase soulignée renferme dès fautes extrêmement graves.
i° Le mot \)(\ hiong , « cruel , » est rendu par « actions perverses ; »
2° Hî2 peï, «rebelles,» par «commises dans le but de nuire;»
3° 3hÉ A\ kiun-siao (expression empruntée au Chi-king) , qui
veut dire a la multitude des méchants, » est rendu par « la société. »
k° Les mots HEx c/u, «en tout temps,» et Kt* koueï, «trans-
« gressent , » sont traduits par « aux époques ( H3c chi) où la lune
EST DANS SON PLEIN ( |j|>| TtOUdï) !»
Tâchons de trouver l'origine de cette faute étrange.
Le verbe T&t» kouaï, qui est ici actif, « violer, transgresser, » et a pour régime «les lois du royaume ( [|x] -^pr koue-hien) ,» veut dire, au neutre, «manquer, diminuer, être dans son décours,» en parlant de la lune ; mais alors il est toujours précédé du mot El youeï, la lune.
M. P. trompé par un souvenir vague de ce dernier sens de K"u
kouaï, iidecrescere,» lui a donné un sens opposé à celui de decrescere
(sens qui exige toujours la présence de El youeï, la lune) , et il a
traduit : «la lune est dans son plein (!) » au lieu de «violent, trans- « gressent (les lois) . » ,
5° Ne sachant que faire des mots tfiËI "lH* koue-hien, areqnî
« leges , » qui sont le régime du mot K"C koueï, « ils transgressent , » il a traduit : « (les actions perverses) sont jugées par les magistrats " ( -ël» hien !) du royaume ( Ie5&l kow
Continuons.
M. P. «Si des complots sont tramés contre le « prince , on en recherche avec soin les traces ( lisez : u quand leur conduite a été mise au grand jour, «c'est-à-dire quand leur crime est avéré); alors « les conspirateurs sont communément enfermés ( li- «sez : sont renfermés à perpétuité) dansune prison «sûre (lisez obscure), sans supporter (!) la peine de « mort. »
6° Les quatre mots wf pjT jtU ^b won-so-hing-lou forment un sens complet (on ne leur fait subir ni châtiments ni mort violente). M. P. prend le mot ÂX* jin, qui commence le membre
suivant (on les laisse) , et, contrairement à la règle de position, lui fait régir les mots précédents hing-lou; il rend ces trois mots par «supporter [jin) la peine de mort [hing-lou)\y>
7° Il s'est trompé en rendant les mots #Jj ^tt? par peine de
mort, au lieu de «châtiments corporels ( #M hing) ou peine de «mort ( 2&j? lou).n
La syntaxe chinoise s'oppose à ce que l'on mette au second rang le mot qui est au génitif : pour traduire ainsi , il faudrait qu'il y eût
*0*)L hU l°u~ain9 > ou plutôt Ml* #Jj sse-hing (de mort la
peine). De plus, en traduisant 4-J-» jin, « permettre , laisser, » par
supporter, il l'a rapporté aux coupables qu'on punit, tandis qu'il se rapporte aux magistrats qui punissent.
M. P. «Ils y passent leur vie; mais la mort ne « leur arrive pas dans un âge avancé. »
Il n'y a pas un mot de cela dans le texte : -i-X pf /f~* Â^ V£\ /V Itoî Jin-khi-sing-sse , pou-tchi-jin-hin. Ces mots si
gnifient littéralement : « On les y laisse vivre ou mourir, et ils ne soni « plus comptés parmi les hommes. »
Pour arriver à ce sens étrange, M. P. paraît avoir lu ainsi le texte :
ï fîfî 4 lL wou-so~hing-lou-jin , hhi-sing, sse-pou-tchi , jin-lun-fan , mais la syntaxe chinoise s'oppose absolument à ce qu'on ponctue ainsi pour en tirer ce mot à mot : « Ils ne supportent pas la peine de mort « - ils vivent - ils ne meurent pas dans un âge avancé - les hommes «violent les lois!» De cette manière il a confondu le premier mot jin du second membre de phrase avec les deux derniers lùng-lou du précédent ; le dernier mot sse du second avec les deux premiers pou-tcki du troisième; les deux derniers mots jin-lun du troisième avec le premier fan du quatrième ! J'ajouterai quelques observations.
8° Le mot ~g£? tehi [vulgo âge) a ici, d'après sa position, le sens de «être rangé, être classé;» il le rend par âge avancé.
9° M. P. a rejeté dans la phrase suivante les mots yV Afïrs jin-lun, « dans la classe des hommes, » qui sont le complément indirect du verbe A££f tchi, «être rangé,» et les rend par ceux qui — les lois. (Voyez § 70, n° 1.)
iO° Il a construit le génitif /V jin, «des hommes,» au nominatif.
ii° Il a fait gouverner le mot 4tirt lun, «dans la classe,» qui est au locatif, et dépend de "R£| tchi , « être rangé , » par le mot aU fan> «violer,» de la phrase suivante, et le prend pour les lois. (Voy. S 70, n° 1.)
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« Ceux qui violent les rites et la justice , et qui « manquent à la droiture ou à la piété filiale ...» M. Pauthier : « Ceux qui violent les lois, qui trans-
( 73 ) agressent les rites de Injustice, dont la perversité les « fait agir contrairement à la droiture et à la piété « filiale. »
i° M. P. a divisé l'expression composée ^j|7 /C& fan-chang,
«violer et blesser. » Il a rattaché le mot AN fan, «violer,» au
substantif Atrtt lun, « classe , » qui appartient à la phrase précédente :
« Ils ne sont plus rangés dans la classe des hommes. » Il a oublié que le régime d'un verbe actif doit toujours être placé après ce verbe, à
moins qu'il ne soit précédé du mot y / i [vulgo se servir) , qui, en style antique, est souvent une marque d'accusatif, comme les mots "Wr* pa et ^ff\ tsiang, en style moderne. (Voyez la dissertation latine qui termine mon Mencius.)
Ajoutons que le mot Amt lun signifie ici classe, ordre, et non pas les lois.
2° Le verbe composé y|[7 4& fan-chang, «violer, blessser, »
gouverne les mots Hlg- JaS li-i. M. P. n'a pris que le mot 4&
chang, afin de faire régir le mot Ami lun par le mot \ H fan, ainsi qu'on l'a vu plus haut.
En traduisant les rites de la justice, M. P. a méconnu la règle invariable qui veut que le génitif soit placé au premier rang, et le nominatif ou l'accusatif dont il dépend , au second. Pour traduire comme
lui, il faudrait qu'il y eût dans le texte rrfc TTlg- i-li, et non fflfï lpp li-i. Mais cette locution, les rites de la justice ( rr&
ffig i-li) , n'existe pas en chinois. Dans les livres classiques et dans tous les auteurs anciens, les mots ffle jëÉË li-i se traduisent toujours séparément, au même cas, et signifient les rites et la justice. Cf. Meng-tseu, 2e partie du texte chinois, pag. 10, lig. 3 : =^
Mkk 3a£ yenfeï-H-i> « en parlant, blesser les rites et la jus- «tice (et non les rites de la justice !). »
3° Les mots HîS! ^hH pd-ni forment un verbe composé qui
signifie «se révolter contre, désobéir à, manquer à.» M. P. rend le premier mot TE peï, «rebellare,» par perversité , et le second ^1+| ni, a résisterez par le verbe causatif faire agir contrairement,
3$ # Ut ^.
« Ou bien on les exile dans le pays des barbares. » M. Pauthier : « On les envoie dans des contrées « désertes et malsaines. »
Le mot W fang veut dire ici &rikr, et non envoyer.
Les mots C^ -£g5 hoang-i signifient littéralement déserta cou-
jinia, comme si l'on disait «pays déserts qui touchent aux frontières « de la Chine. Les historiens se servent de cette expression pour désigner le pays des barbares Tmfe pS ^JS* Jj A/an , I, iïoa et
Hia, qui habitent au delà des quatre frontières, et qui (suivant l'Histoire des Weï, biogr. de Kong-sun-tou) , n'ayant pas encore ressenti l'influence des instructions de l'empereur, se cachent dans leurs pays sauvages comme des troupes d'oiseaux (cf. Peï-wen-jun-jou , liv. 67 Hia, fol. 34) . On ne voit pas où M. P. a pu trouver le sens de contrées