MALSAINES
« Lorsqu'on juge une cause criminelle, et que l'on «veut connaître la vérité, on ne frappe pas l'accusé «avec des verges ou un bâton. »
M. Pautbier : « La raison de cette coutume est que «la détention dans une prison n'ajouterait rien au " cbâtiment. »
i° Il a rendu le verbe actif j£|P li, «juger,» par la raison de cette coutume , et le mot aW[ 7° > fl cause criminelle , » régime du verbe juger, par la détention dans une prison.
2° Il a passé les mots pt riStié tchen-thse , « obtenir l'aveu (du
« crime .
3Ù II a rendu les mots : a ne pas infliger ( yf^ j}X\ pou-kia) « la peine des verges ou du bâton ( jù\\ ~A\\\ khing-pou) , » par « ne
«rien ajouter ( J^ Tjtj pou-hia) au châtiment ( ap|j JK khing-
« pou) !»
« S'il répond sincèrement aux questions qu'on lui « adresse, on rend une sentence juste, basée sur les « faits. »
M. Pauthier : « Dans les interrogatoires qu'on fait « subir aux prévenus , et pour trouver des preuves à leur «charge, on emploie une pièce de bois plate, unie et « creuse dans le milieu ! »
i° Il passe les mots 5yT 3?7r kouan-touî, «répondre sincère- « ment, o
2° H rend les mots Jtîê jfe kiu-sse, «en sappuyant sur les « les faits , suivant les faits , » par « trouver des preuves à leur charge ! »
Le reste de sa phrase est destiné à traduire les deux mots 3^ TJU« p'ing-kho, littéralement : «ajuster la sentence,» c'est-à-dire rendre une sentence juste.
M. P. a supposé que le verbe ^Ë* ping ( littéral, «ajuster» ) signifiait « plat et uni , » et que le mot jjîi* kho , « sentence , décision i>
(voyez le Dictionnaire de Khang-hi), était un instrument de tor ture sur lequel on plaçait les accusés !
a Mais si l'accusé s'obstine à nier son crime , s'il en « rougit et cherche à le pallier, (le juge, ) pour dé- « couvrir la vérité des faits sur lesquels il doit pro- « noncer, emploie en général quatre moyens. »
M. Pauthier : « S'il y a opposition de la part des « prévenus , et que leur honte se manifeste à un haut «degré, ils se reconnaissent coupables, et ils ne déi< sirent pas que l'on pousse plus loin les investiga- « tions sur leurs intentions et les circonstances qui « ont accompagné le crime , en pratiquant sur eux «les épreuves prescrites.))
i° Les quatre premiers mots signifient littéralement : «si en ré-
o sistant ils contredisent ( ïû \& kiu-weï) le crime qu'Us ont corn-
«mis ( DIT ykV* so-fan), c'est-à-dire, s'ils nient leur crime avec
« obstination. » M. P. s'est imaginé que ces mots signifiaient : « si les « prévenus s'opposent à ce qu'on les place sur la pièce de bois plate
« et creuse ad milieu ! » J'ajouterai qu'il rend les mots ajt fl U
so-fan, « le crime qu'ils ont commis, » par les prévenus.
2° Dans le reste de la phrase, M. P. commet une faute des plus
graves contre la syntaxe chinoise. Il y a dans le texte : Jj*fil ^j^
tchi-kouo, «s'ils rougissent (fc/u) de leurs fautes (kouo).» M. P. a
rendu adverbialement le substantif jffijrt kouo, «à un haut degré. »
11 oublie qu'en chinois l'adverbe doit se placer avant le verbe qui l'accompagne. Pour traduire ; «rougir extrêmement, « il faudrait qu'il
y eût en chinois zjfèlt jjiTi houo-tchi (et non jwftl ijm tchihouo) ; mais cette idée se rend, par y|jp Hif.l tchin-tchi, «profon- « dément-rougir. » Le mot Zftft houo étant placé après le verbe Jjif.v tchi, «rougir de, » doit se rendre substantivement par le mot faute.
3° Ii rend le mot Wftl c^> «embellir, pallier,» dont le régime est ;1K fà> «faute, délit , crime , » (s'ils pallient leur crime) par « ils se reconnaissent coupables ! »
4° H fait la négation ne pas du substantif ^Kl fà> « faute , crime , »
(qui est le régime du verbe Wftl chi, «pallier,») et le construit
avec le mot ^T yo , « désirer , » qui commence le membre de
pbrase suivant. Il traduit alors « ils ne désirent pas , » rapportant aux prévenus le verbe désirer, qui se rapporte au juge, comme on va le voir plus bas.
J'ai dit plus haut que M. P. avait pris le substantif T-El fâ<
« faute , crime , » dans le membre de phrase précédent , pour en faire ici la négation ne pas. Voici le mot à mot des douze caractères suivants : « >ftT yo, (si le juge) désire, j4/ hhieou, scruter à fond,
(l 1pf Wî thsing-chi, la réalité des faits, JËË. sse, (pour les) af-
«faires, Tgj tche , qui, -^p| siu, exigent, "$?+. an, une sen-
«tence (c'est-à-dire où il est nécessaire de prononcer une sen-
« tence ) , FI fan , en général , ^tf yeou , il y a , jTuj 4fcp
«sse-thiao, quatre articles (c'est-à-dire, quatre moyens indiqués dans « les articles du code pénal). »
5° M. P. a rapporté le verbe 'AT yo , « désirer, » aux prévenus , au lieu de le rapporter au juge.
6° Il a rendu les mots *jÇj| ||rj thsing-chi, «vérité, réalité des « faits, » par « les intentions (des prévenus). »
70 H a fait régir par le verbe j5r hhieou, « scruter à fond, » le substantif JEf^ sse , « affaire, » qui commence le membre de phrase
suivant.
8° Il joint ce substantif au verbe <fM sia, «exiger,» et fait de
ces deux caractères -Efi -^JR sse-siu un mot composé qu'il rend par les circonstances!
9° Il commence une phrase chinoise par les mots pjfc
an-tche, qui ne peuvent faire un sens. En effet, le mot ij§* tche,
«qui,» se rapporte au mot -EE sse, «affaire,» et le mot "Sic 'an, «sentence,» est le complément direct du verbe £S siu. «exiger. »
(Voyez sa note 2 , pag. 1 63.)
m z m $èm n n
« On lie ensemble deux sacs : dans l'un on met «l'accusé et dans l'autre une grosse pierre; ensuite « on les plonge dans un courant profond , afin d'exa- « miner (c'est-à-dire de reconnaître) l'exactitude ou « la fausseté ( de sa déclaration). »
Littéralement : « L'accusé et une pierre sont mis , «renfermés dans des sacs liés, etc.»
M. Pauthier : a L'homme accusé d'un crime doit, « avec une pierre destinée à cet usage , aller immédiateament se plonger dans le fond d'une eau courante, « et y rester jusqu'à ce que la vérité ou la fausseté <( de l'accusation soit reconnue. »
1 ° Il suppose que l accusé prend une pierre sous son bras et va se
plonger ainsi dans Veau, et rend les mots , rh ^f-t /ffi y /
iu-chi-ching-i , «avec une pierre, il est mis dans,» par «il doit, avec « une pierre destinée à cet usage (!), aller, etc. »
2° Il rend le participe passif ]£b? lien , « liés, attachés ensemble, »
par l'adverbe immédiatement, sens que ce mot n'a qu'en style moderne, et encore faut-il qu'il commence une phrase.
3° Il passe le mot ffijg nang , «sac, sacs,» qu'il n'a pas compris.
4° H rend les mots y It ">* ichin-tchi , « on les plonge , c'est-à-
« dire on plonge l'homme et la pierre , » par « il doit aller se plonger. »
5° Il ajoute que l'accusé doit rester dans l'eau.
6e H rapporte les mots le vrai ou le faux, à ï accusation, tandis qu'ils se rapportent à la déclaration de l'accusé. (Voyez plus haut, S 7 4 : si l'accusé s'obstine à nier son crime, ou cherche à le pallier).
« Si l'homme surnage et que la pierre s'enfonce « dans l'eau , alors on reconnaît qu'il a dit la vérité «(littéral, qu'il n'a rien caché).)) C'est-à-dire qu'il était fondé à nier le crime qu'on lui imputait, et que, par conséquent, il est innocent.
Le mot Ijip^ tri veut dire ici «cacher, celer une chose.» M. P.
ayant trouvé parmi les différentes significations du mot |kÊ^ in ,
celle de «fixé, établi (fixed, settled. Morrison, Dict. chin, part. II, n° 1 23 1 1) , il a traduit : «alors la culpabilité n'est pas démontrée. »
'A n m mM a m ±>
« Pour l'épreuve du feu, on chauffe fortement un « morceau de fer ; le prévenu s'assied dessus. » M. Pauthier : «Quant à l'épreuve du feu, elle se
( 80 ) ((fait avec une barre d'acier rougie au feu. L'homme « accusé d'un crime doit marcher dessus à plusiews « reprises. »
i ° L'auteur ne parie pas de barre d'acier.
2° M. P. a rendu le mot [m|j Mu, s'asseoir, par « marcher dessus. »
3° Il a commis une faute grave contre la syntaxe, en construisant
avec le verbe \\j+* hiu, « s'asseoir» l'adverbe A^f^ou, qui commence
îe membre de phrase suivant, et qu'il traduit inexactement par «à «plusieurs reprises. » En chinois, l'adverbe se place toujours avant le verbe auquel il se rapporte. (Conf. Meng-tseu , liv. I , cap. i , S 1 5 : « fir- « mo-animo (ngan) accipere praecepta tua. » Cf. Rémus. Gram. §177.)
11 résulte de cette règle invariable, que le mot yf]|j feou eût été
placé avant le verbe hiu, s'il eût dû être construit avec lui.
u En outre , on l'oblige à y appliquer ses pieds. »
Si c'est ce membre de phrase que M. P. a rendu par «marcher « dessus à plusieurs reprises , » nous lui reprocherons :
i° D'avoir passé les mots fl4£ r kiu-chang, « s'asseoir dessus. »
20 D'avoir traduit le mot /a fo ou feou, «encore, de nouveau,
(c'est-à-dire en recommençant une autre épreuve) , » par « â plusieurs reprises. »
3° De s'être trompé sur la place que l'adverbe doit occuper en chinois. (Voyez plus haut, § 77 , n° 3.) S'il se fût rapporté ici au verbe
Jfjrj tao , « pedibus-calcare , » l'auteur l'eût placé avant ft-cj tao ;
mais yflp forA fo ou feou-tao eût signifié «iterum pedibus calcare,
y appliquer une seconde fois les pieds. »
# ^ ne &¥ z a m.
« Les hommes faibles et pusillanimes ne peuvent «endurer la chaleur brûlante (du fer). Ils prennent « dans leurs mains des fleurs qui ne sont pas encore «écloses, et les sèment devant un feu. ardent.»
M. Pauthier : « L'accusé ayant été jugé trop faible «pour, etc.... les disperse sur Tacier ardent; s'il est «innocent, alors les fleurs s'épanouissent. »
Les mots fpfj yfëî hiang-yen , signifient « devant la flamme . »
et non « sur Tacier ardent. » Du reste , il serait difficile d'imaginer comment des fleurs peuvent s'épanouir sur une barre d'acier ardent; elles seraient brûlées à l'instant même,
mM a ^ ¥ f Je m m n.
« Pour l'épreuve de la balance , on pèse l'homme « avec une pierre , et l'on prononce suivant qu'il est « plus léger ou plus lourd ( littéralement : de la lé- «gèreté ou de la pesanteur, on tire la preuve). »
M. Pauthier : « Dans l'épreuve par la pesée , le prévenu est mis en équilibre dans une balance avec « une pierre , pour savoir, par cette expérience, lequel « de l'accusé ou de la pierre est le plus pesant ou « le plus léger. »
J. A. Extr. n°8 (i84i). 6
i° Les mots |K/ rSçrî thsiu-nien, que M. Pauthier traduit : «savoir par une expérience,» signifient : «tirer une preuve (judi-
En traduisant ainsi, M. P. commet une faute grave contre la syntaxe chinoise ; il oublie la règle de position qui veut que le mot qui est au cas instrumental (cas qui indique l'instrument , le moyen par lequel on fait quelque chose) , se place constamment avant le verbe, comme lorsqu'on dit en latin experientia scire (savoir par expérience) , ense ferire (frapper avec une épée). Si par impossible le mot m7 thsiu, signifiait ici savoir, et le mot ïïfri nien , expérience , fauteur chinois
aurait écrit nécessairement (fiji* ffw nien-thsiu, et non TÏU tEp^ thsiu-nien. Voici un exemple où le verbe HU prendre, est construit avec un substantif placé par sa position 4 au cas instrumental ; suivant l'usage constant, ce substantif précède le verbe : /rffc' jjn h thsiu, « prendre les oiseaux avec un filet (retibus capere aves). » Si /yt£ lo , filet, était placé après ÏK7 thsiu, ces deux mots signifieraient nécessairement «prendre un filet (conf. Peï-u en-y un-fou , liv. XXXVII, part. 2, fol. 101 r.),» et non «prendre avec un filet.» De même, dans le cas qui nous occupe , JK7 tS^ thsiu-nien , signifie « prendre, tirer la preuve (judiciaire) , » littéralement «le témoignage, » et non « savoir par expérience. »
20 « On pèse fhomme avec une pierre pour savoir, d'après sa légè- «reté ou sa pesanteur relatives, s'il est innocent ou coupable (c'est ce «qu'indiquent les mots Ht7 (fen thsiu-nien, tirer la preuve),» et non «pour s'assurer s'il est plus léger ou plus pesant que la pierre.»
«Pour Fépreuve par le poison, on prend un « bélier ; on lui ouvre la cuisse droite , et l'on y in- «sère une portion des aliments du prévenu, après «l'avoir mêlée de poison. Si l'accusation est vraie, <( le poison agit et (l'animal) meurt; si elle est fausse, «le poison reste sans effet, et l'animal se rétablit « (littéralement: ressuscite). »
M. Pauthier n'a rien compris à ce passage : « Dans « l'épreuve par le poison, on se sert d'un mouton à laine « blanche et noire que l'on divise par le milieu; la cuisse « droite est donnée à l'accusé qui doit manger immédia- <( tentent cette portion, dans laquelle on, a fait entrer « toute sorte de poisons. Si l'accusé est réellement «coupable , alors le poison se manifeste et il meurt; « s'il est innocent , alors le poison n'agit pas et il se « dissipe. »
i° j|K* —F Kou-yung veut dire «un bélier.»
2° Les mots ^}j H /jf—j fêK. peou-khi-yeou-pi , signifient «fendre sa cuisse droite,» et non «diviser l'animal par le milieu. »
3° La phrase suivante parle « dune portion des aliments que mange « le prévenu ; » le texte ne dit pas « qu'il doit manger immédiatement « la cuisse droite ! »
fil m f
4° M. P. a omis les quatre mots : -f|§r ^\\ ^JE Tp tchi-
peou-pi-ichong , « on place , on introduit cela au milieu de la cuisse qu'on a fendue.»
5° Les mots AA* ssè « il meurt , » et lÔ;fr sou «il ressuscite, il
s'appliquent à l'animal et non au prévenu.
6° Le mot jfljfr son «revenir à la vie,» n'a jamais signifié «se dissiper» (en parlant du poison.)
«On emploie la loi des quatre épreuves pour u fermer la voie de tous les crimes. »
M. Pauthier : ((Les règles de ces quatre sortes « d'épreuves judiciaires défendent tout antre moyen (( que ceux qui sont prescrits. »
Les mots «fermer la voie de tous les crimes» (littéralement : «des « cent crimes » ) signifient « empêcher qu'on ne commette toute sorte « de crimes. »
M. P. a compris qu'on ne devait pas employer d'autres moyens (c'est-à-dire d'autres épreuves judiciaires que les quatre qui ont été décrites plus haut , pour connaître la culpabilité ou l'innocence des
accusés. J'ajouterai, i° que le mot Jp2^ lou [via) ne signifie jamais
moyen. H a constamment le sens de voie au propre et au figuré.
2° Le mot ÏÏTl fang , «mettre obstacle, » s'applique ici à l'action
d'arrêter, de réprimer les crimes. M. P. croit qu'il signifie «défendre « (d'employer) toute autre épreuve judiciaire. »
Ces quatre mots signifient « manières de témoigner le respect. » Dans cette locution le mot tpV tchi (vulgo parvenir), a ici le sens du verbe causatif « faire parvenir;» faire parvenir le respect ?DC ichi-king , c'est-à-dire « témoigner son respect. »
M. P. traduit le mot tchi ( ^V ) , comme verbe neutre, dans son acception ordinaire à' arriver, parvenir; et il prend pour un verbe le le substantif yÇrtT king «respect,» qui est le régime direct du verbe
causatif aîv tchi, «faire parvenir, témoigner.» Il écrit : «Nous ae- « rivons aux règles prescrites pour témoigner le respect. »
« La troisième consiste à élever les mains , et à « saluer en restant droit (c'est- à-dire à saîuer de la u tête sans se courber). »
M. Pauthier : «La troisième consiste à élever les «mains jointes jusqu'à la hauteur du front, et à s'in- « cliner ensuite. »
On lit dans l'Histoire de la Chine septentrionale , biographie de Li-yeou-lien : «Ho-sse-k' aï jouissait de la plus grande autorité. Tous « les magistrats lui donnaient des marques du plus profond respect.
« Mais Yeou-lien se contentait de les saluer en restant droit ( f~l
kao-i).
Pour traduire ainsi , M. P. lit •£££ -^- Jp?« ^TET kiu-chcou-
kao, i,au lieu de -§££ -^r* f|?| <ET kiu-cheou, kao-i.
M. P. a oublié la place que doit occuper l'adverbe dans la phrase chinoise, et il a rapporté l'adverbe JjE** kao {ex alto) au verbe -jlB^ kiu, « élever, » qui précède, tandis que, par sa position , il se rapporte nécessairement à >ft i> «saluer,» J^* >rqr kao-i, «saluer de « haut , saluer de sa hauteur, » c'est-à-dire « saluer sans se courber. »
Pour exprimer l'idée d'élever en haut , les Chinois disent E?- 4?pe. kao-kiu, «in-altum erigere» (cf. Peï-wen-y un-fou, 1. xxxvi, f. i38 :
flrt ^Zfcv hul ~\~ KAO-kiu-liany-cheou, «in-aîtam ioïîere « ambas manus » ) -, et non %§g. Jg?| kiu kao ; car, d'après la règle
de position , les mots j&g, Jë?| kiu-kao , signifieraient « erigere altam a domum , » et cela , par la raison que le régime direct d'un verbe se place après lui. On lit dans Mencius , 1. II , ch. i , § 6 : jn* tjj~* weï-KAO, «lorsqu'on fait, ou construit quelque chose d'élevé , c'est-à- « dire un bâtiment élevé ( E?* kao). » D'un autre côté, la règle générale de l'adverbe le place toujours avant le verbe auquel il se rapporte (voyez plus haut, § 74, n° 2); cette règle trouve son application
dans ce passage même : Ê?* 3-rT kao-i , littéral- « ex alto salutare. *
«La quatrième consiste à joindre les mains, et à uineliner la tête au niveau de la ceinture. »
M. Pauthier : «La quatrième consiste à joindre «les paumes des mains, et à les porter en avant nori- « zontalement. »
L'expression ^ti >ILr p'ing-kong . a ici le même sens que ^V^- TgJT p'ing-heng ( incliner la tête au niveau de la ceinture) , dans le dictionnaire Pin-tseu-tsien. (Conf. Ping-tseu-louï-pien , liv. CCXXXIX.)
Au lieu de «incliner la tête au niveau de la ceinture, » M. P. traduit : « porter en avant horizontalement les paumes des mains. »
u La cinquième consiste à fléchir les genoux. » M. Pauthier traduit : « S'incliner sur ses genoux, »
Cette expression est synonyme de jijrc" koueï, «s'agenouiller en
« tenant les hanches et la ceinture dans une position droite, position « qui a quelque chose de périlleux » (dit le dictionnaire de Khang-hi à qui j'emprunte toute cette définition), parce qu'on est exposé à tomber en avant et en arrière. C'est ce que semble indiquer la compo
sition du mot Rfâf koueï, «s'agenouiller,» formé des mots jni
«pied, » et Jtj weï, « péril. » (Voyez la seconde définition que donne
Khang-hi. Cf. Fa-youen-tcliu-lin, liv. xxviii, fol. 29.)
En traduisant «s'incliner sur les genoux,» M. P. fait une faute grave contre la règle de position. En effet, il paraît considérer le mot
H#v tsi, «genoux» (régime direct du verbe actif féchir) , comme
étant au cas locatif. Or, en chinois , les mots placés à ce cas par leur rôle grammatical se mettent toujours avant le verbe avec lequel ils se construisent. (Voyez S 38 , 4°, et S 67 , 20.)
« La sixième consiste à rester longtemps à genoux. » M. Pauthier : « La sixième consiste à s agenouiller « en faisant une profonde révérence. »
J'ai traduit -g=? jtjn tchang-koueï, suivant la définition que le
Dictionnaire de Khang-hi donne du mot IfE* khi. (Dict. de Basile,
n° 10,699: «diutius genu flectere;» Morrison, part. 11, n° 5,187 s «to kneel for a long time. »)
a La septième consiste à s'appuyer sur la terre à « l'aide des mains et des genoux. »
( 88 ) M. Pauthier : «Avoir les mains et les genoux
« abaissés jusqu'à terre. »
M. P. s'est trompé encore ici sur la règle de position. Les mots
-=p. a&t cheou-tsi , « mains et genoux » sont au cas instrumental ,
et signifient ici : «Par les mains et les genoux, au moyen des mains «et des genoux [manibus et genibus) , s'appuyer sur la terre (inniti «ferrœ).» Cf. S 80, i°, et S 87.
La traduction de M. P. montre clairement qu'il a construit les mots
"=p* B& cheou-tsi, « mains et genoux » comme étant au nominatif. J'ajouterai que le mot SE Mu, littéral, «s'accroupir,» ne peut signifier « être abaissé jusqu'à .... »
« La huitième consiste à fléchir en même temps « les cinq parties arrondies. »
Mot à mot : Les cinq parties arrondies sont fléchies ensemble.
M. Pauthier : « La huitième consiste à avoir les a cinq roues inclinées ensemble.»
Il ajoute en note : « nous ignorons ce que c'est que les cinq roues. »
Suivant l'encyclopédie bouddhique Fa-jonen-tchu-Un , liv. xxviii,
fol. 1 8 , il s'agit ici des deux coudes, des deux genoux , et du sommet
de la tête. {Ibid.) Le mot jËjjxi lun, veut dire dans ce passage «une
« chose arrondie ( al youen).»
xM • ft
( 89 ) «La neuvième consiste à jeter à terre ses cinq «membres; c'est-à-dire les genoux, les bras et la « tête. »
Cf. Fa-youen-tchu-lin, liv. xxviii, fol 18 r.
M. P. dit en note que les cinq membres dont il s'agit ici sont le front, les deux joues et les deux mains. Il pense que cette cérémonie répond à celle qu'on appelle en sanscrit qirnjf pantchânga, mot composé de pantcha, cinq, et de anga, membre.
Si M. P. eût consulté le Dictionnaire sanscrit de Wilson (nouvelle édition , p. 4t)4) , au mot M ^i $ pantchânga , il aurait donné une définition des « cinq membres , » conforme à celle de l'encyclopédie bouddhique, Fa-jouen-tchu-lin. Wilson : «Révérence by extending a the hands, bending the hnees and the head; salut respectueux qui « consiste à étendre les mains et à fléchir les genoux et la tête. »
« De loin, on frappe la terre de son front, ou bien « on incline sa tête en l'appuyant sur ses mains. »
M. Pauthier : «Lorsqu'on se trouve éloigné de la « personne qu'on veut saluer, alors on incline la tête « vers la terre en saluant avec la main. »
Je traduis ici les expressions Jj& S§ M-sang, et 3J3Ë -=£»
paï-cheou, d'après la définition de l'encyclopédie bouddhique, Fayouen-tchu-lin, livre xxviii.
i° S| sang, veut dire «le front» et non «la tête.»
20 3cp -^R paï-cheou, ne signifie pas « saluer de la main. » Pour
dire : « saluer de la main , avec la main , » il faudrait écrire -=p> 3jjp
cheou-paï, par la raison qu'en chinois un substantif au cas instrumental se place constamment avant le verbe avec lequel il est construit.
Le dictionnaire Pin-tseu-tsien définit ainsi l'expression 33s -^R
paï-cheou : « Abaisser les mains de manière que la tête n'arrive pas «jusqu'à terre, et se lever immédiatement. » Suivant le Fa-youen-ichulin, c'est incliner sa tête en l'appuyant sur ses deux mains. J'ai dû préférer l'explication des commentateurs bouddhistes.
3° L'auteur parle ici de deux sortes de salutations, M. P. les a réduites à une seule.
« Lorsqu'on est près (de la personne ) , on lui lèche « les pieds et Ton caresse ses talons avec la main. »
M. Pauthier : « Lorsqu'on se trouve à proximité, « alors on embimse les genoux que Von baise , et Von « presse les talons. »
/in m m.& &.%%&&.
u Tout indien qui veut adresser la parole ( à un « sage) , ou recevoir ses instructions , relève la partie ((inférieure de ses vêtements, s'agenouille et reste « longtemps dans cette position. »
M. Pauthier : « Tout Indien à qui il arrive de sol- « liciter un emploi ou de recevoir une mission, doit se « prosterner aux- pieds de son supérieur, et lui relever u un peu son vêtement en signe de respect. »
i° M. P. a décomposé l'expression zttî "=p| tchi-thse, litt. « faire « parvenir des paroles , » c'est-à-dire adresser la parole à quelqu'un ; et il a rendu la première syllabe &V tchi , «faire parvenir,» par «il
b arrive de , » et la seconde , "H« j thse , « paroles , » régime direct du
verbe TV tchi, «faire parvenir, adresser;» par «solliciter un em~
«ploi. » (!)
2° L'expression r*»* <jjV cheou-ming , litt. « recevoir des ordres , »
ne signifie pas ici « recevoir une mission , » mais « recevoir les ins-
« tructions » d'un sage , instructions qui sont comme des ordres ( pjV
ming) , pour celui à qui elles s'adressent.
3° M. P. a supposé que celui qui témoigne son respect à un sage lui relève son vêtement (c'est-à-dire le vêtement du sage). Il fallait dire, au contraire, qu'il relève la partie inférieure de son propre vêtement. Il prend cette précaution pour poser ses genoux nus à terre par excès d'humilité , et afin de ne point s'embarasser dans ses vêtements en se relevant. (Cf. Fa-youen-tchu-lin , liv. xxvm, f. 18.)
4° H traduit l'expression -l||r Rjn tchang-koueï , «rester long-
« temps à genoux» (voyez plus haut, S 87), par «se prosterner aux « pieds de. »
5° H construit les mots l§| JE-' kien-tchang, « relever son vê-
« tement inférieur, » avec l'adjectif J=lf thsun , « honorable » qui commence le membre de phrase suivant, et il termine le sens au mot jla
tfisun. Il traduit : «En lui relevant un peu son vêtement en signe de respect. » De cette manière, il fait une sorte d'adverbe de l'adjectif
j|§L thsun, «honorable, » et oublie qu'en chinois un mot ne peut
être traduit adverbialement, s'il ne précède le verbe avec lequel on le construit. (Voyez S 74, n° 2.)
Le mot Js£ qu'il rend par «en signe de respect,» doit être joint
au mot suivant ç^f hien, «sage,» et fait partie du mot composé
*7=fv ï|g thsun-hien, «homme honorable et sage, ou homme sage
« et digne d'honneurs. »
etc.
« L'honorable sage qui a reçu cette salutation (d'un « Indien) doit lui adresser des paroles bienveillantes; « tantôt il lui touche le sommet de la tête , tantôt il «lui caresse le dos avec la main; il l'instruit et le « dirige par de salutaires avis pour lui témoigner une «tendre affection.
«Le prêtre samanéen, etc.»
M. Pauthier : « Le sage qui reçoit cette marque « de déférence doit faire à celui qui la lui donne des « compliments de congratulation. Quelques-uns Imposent «les mains sur le sommet de la tête, d'autres lui « frappent légèrement de la main sur le dos , en lui (( donnant de salutaires instructions pour se conduire « convenablement dans toutes les circonstances de la vie, « lorsqu'il sera sorti de sa famille. »
i° M. P. traduit les mots ^P£» "=pl weï-thse , « paroles consolantes , «c'est-à-dire bienveillantes,* par a compliments de congratulations.»
2° Il rend les mots "m/ o m> hoe, lioe, « tantôt, tantôt, » para quel- « ques-uns , d'autres. » Il est cependant évident que les verbes fHP mo , « caresser, » et TtvT/ou , « flatter de la main , » ont pour nominatif l'adjectif composé \*=f. Pg thsun-hien, a le sage honorable, » que l'Indien vient de saluer.
3° Les quatre mots *^fe. "pET gjjf. ^UaL chen-yen-hoeï-tao, signifient littéral, cpar de bonnes paroles, il l'instruit et le dirige.»
M. P. a rendu le verbe gj§; hoeï, «instruire,» par le mot «ins- « tructions ; »
4° H a rejeté au commencement du membre de phrase suivant le
mot ^Û^ tao , « il le dirige , » qui ne peut être séparé de "gGf hoei ,
« instruire , » et l'a rapporté à la conduite que l'Indien , qui reçoit ces bons avis , doit tenir dans le monde. Il traduit : « Pour se conduire
{%JM. tao!) convenablement dans toutes les circonstances de la vie. Je
dois ajouter que le mot gjÊL tao, «diriger quelqu'un,» ne signifie
jamais « se conduire. »
5° Il rend les mots y] TTf 5Jp jj|* i-chi-thsin-heou,a])oxir
« lui montrer sa sincère affection , » par « convenablement dans toutes « les circonstances de la vie! »
6° 11 termine cette phrase par les mots : « lorsqu'il sera sorti de sa
« famille , » tandis que les quatre caractères q-J ^3E£ V^K PR
tchhou-kia-cha-men , «le samanéen qui est sorti de sa famille,» sont le commencement et le nominatif de la phrase suivante.
« (Les Indiens) ne se bornent pas à saluer en s a- « genouillant. Suivant le degré de respect qu'ils ont « pour quelqu'un , il en est beaucoup qui tournent « autour de lui , tantôt une fois , tantôt deux ou trois «fois; et si leur profonde vénération exige davan- « tage , ils tournent autant de fois qu'ils veulent. »
M. Pauthier : « Et sans s'arrêter à faire toutes ces « génuflexions , ces actes de politesse , ceux qui « prennent ainsi congé de leurs supérieurs vont où
( M ) u leur devoir religieux les appelle : un grand nombre « d'entre eux ayant des tournées à faire dans l'intérêt « de leur ordre. Il en est qui ne font qu'une tournée , « d'autres répètent trois fois la même tournée. Si , m au premier stage , leur cœur défaille , ou s'ils de- « mandent à n'en faire qu'un certain nombre, alors « on les laisse faire ce qu'ils désirent. »
M. P. n'a rien compris à tout ce passage. Il s'agit ici d'une sorte de salutation respectueuse bien connue, qu'on appelle en sanskrit pradakchina q^fcam. Wilson [Dictionnaire sanskrit, 2 e éd. pag. 571) : « Reverential salutation, by circumambulating a person or object. Salut «respectueux qui consiste à marcher autour d'une personne ou d'un «objet. » (Conf. Lois de Manou, liv. II, S 48.)
Avant d'examiner ce passage mot à mot, je dois faire observer que M. P. l'a fait rapporter en entier au sage , au religieux samanéen , qui , suivant lui , se trouve en présence de son supérieur, tandis qu'il doit se rapporter, en général, aux Indiens qui veulent témoigner leur respect.
i° Les quatre mots yt^ \V RjFj 3hk signifient: «lesln-
« diens ne se bornent pas à saluer en fléchissant le genou , » ainsi qu'on l'a dit plus haut; ces mots servent de transition au salut circumambulatoire appelé pradakchina q^f%rjj.
M. P. traduit: « Sans s'arrêter à faire toutes ces génuflexions , toutes «ces politesses, les religieux bouddhistes qui prennent, etc. »
20 Les mots |w^ U Wt i3* J-ffi sonï-khi-so-tsong-sse ,
signifient « suivant le degré de leur respect. » M. P. « ( Les religieux «bouddhistes) qui prennent ainsi congé de leurs supérieurs, se « rendent où leurs devoirs religieux les appellent ! »
M. P. se trouverait saris doute fort embarrassé de faire grammaticalement le mot-à-mot des cinq caractères Jvpl pf t PjT -yr* J^ souï-khi-so-tsong-sse , de manière à justifier sa traduction. Pour
moi, je ne vois pas un mot du texte, qui se rapporte, de près ou de loin , au sens qu'il a adopté.
3° Au lieu de : «H y en a beaucoup qui marchent autour (de la
xi personne révérée),» M- P. traduit : «un grand nombre d'entre eux « (c'est-à-dire d'entre ces religieux) , ayant des tournées à faire clans « l'intérêt de leur ordre ! »
4° M. P. a passé le mot VT3 feou, une seconde fois; de plus, il
a traduit les mots Rj|j tcheou, et |"ft isa, «action de tourner,»
c'est-à-dire ici « salutation circulaire , » par « tournée faite dans l'in- « térêt d'un couvent ! »
5° M. P. a commis, dans la dernière partie de ce passage, une
erreur aussi grave qu'inexplicable. Il y a en chinois /fS j t \ so-sin ,
«si sa vénération profonde (littéral, «si ses sentiments anciens »
(Cf. Morris. Dict. chin. part. I, pag 8^7, col. 2, lig. 9 : /Jg 2?^
*so-yoaan, an old resentment ) , Sj| "5p£ pie-thsing , demande
«(quelque chose) en outre (conf. Dict. Peï-iven-yun-fou, liv. 53, fol. « 80 v.), » c'èst-à-dire «demande qu'il tourne un plus grand nombre
«de fois; JbV sou, quant au nombre, /iU >gT tsong-yo , il suit
« son désir. » Sur /fS )t \ , voyez le dictionnaire Pin-iseu-tsien.
M. P. a cru que le mot )t a sin (sentiments), avait ici le sens de cœur, que le mot ,fg so , « anciens, formés de bonne heure, » signifiait un caravansérai, et que le mot ^î|| pie , «autre,» ici adverbe
« en outre » (voy. 8 lignes plus haut, n° 5 ) , voulait dire défaillir! « Si
« leur cœur, dit-il, défaille au premier stage (c'est-à-dire, suivant lui,
• * ■ t «au premier caravansérai). » Il ajoute en note: /tt so> «c'est un
« endroit où les pèlerins font halte en passant la nuit; on le nomme «ordinairement caravansérai. Les caravansérais se trouvent à une « distance l'un de l'autre d'environ trente lis. » Il est évident que M. P. n'a fait que traduire cette définition de Morrison (part. II, n° 9656). qui n'a aucune application ici : « A halting-place at the distance of « every thirty le etc. A stage to rest at during the night, etc. » Je ferai observer, en passant, que le mot anglais stage ne conserve pas en français le sens de « lieu de repos en voyage , lieu où l'on prend des «relais;» il signifie : «l'espace de temps pendant lequel les avocats « sont obligés de fréquenter le barreau , avant d'être inscrits sur le ta- « bleau. » (Dict. de l'Acad. franc.) Je relève cette faute qui paraît étran-
gère à mon sujet , pour montrer la légèreté avec laquelle M. P. traduit ; même lorsqu'il s'agit de l'anglais.
6° On a vu plus haut que l'auteur parle , dans tout ce passage , de l'espèce de cérémonie qui consiste à tourner autour de quelqu'un. M. P. a cru qu'il s'agissait encore de tournées (que font les religieux dans l'intérêt de leur couvent) ; il traduit : « S'ils demandent à n'en « faire qu'un certain nombre, on les laisse faire ce qu'ils désirent; » au lieu de : « Si leur profonde vénération exige qu'ils tournent un plus « grand nombre de fois , ils contentent leur désir. »
7° Il a regardé le mot nombre ( voy. n° 5, lig. 8 ) comme le régime direct du verbe demander.
« Toutes les fois qu'un homme tombe malade , il «s'abstient de manger pendant sept jours. Dans cet ((intervalle, il y en a beaucoup qui guérissent. <( S'ils ne se rétablissent pas , alors ils prennent des e médicaments. Ces médicaments sont différents d'es- « pèces et de noms. »
M. Pauthier : « Ils doivent, s'ils ne se trouvent
« pas mieux après ce laps de temps, envoyer un exprès «dans le pays pour chercher an ingrédient, espèce de « gâteau dont la nature et l'espèce se nomment tchong, «différent des médicaments, etc.»
i° M. P. a traduit le mot ^p. tch'aï, «se rétablir, guérir» (cf.
Morrison, part. I, rad. 48. «to put away disease,» et Kkang-hi, clef 48 , fol. 45 r. lig. 4), par « envoyer un exprès. »
2° H a rendu l'adverbe ht fang, (alors) par le substantif pays.
Je dois fLire observer qu'il a mal ponctué tout ce passage. Il a con-
struit le dernier mot =£r tch'aï (guérir) avec J-j fang (alors), qui commence la phrase suivante, et il traduit « envoyer un exprès ( ~EÊr « tcKaï) dans le pays ( J-j fang ) ! »
3° Il rend les mots t§H Sfàk eul-yo, « avaler ( îf]ï eul), c'est-à- «dire prendre, des médicaments ( iUj& J0)>w Par <(Un ingrédient ( êËk y°)-> espèce de gâteau ( ÛW,eu0 ! »
Il ne s'est pas aperçu que d'après sa position, le mot pH eul.
remplit le rôle d'un verbe actif , dont ijj&4 yo (médicaments) est le
régime direct.
4° Ce qui suit est bien plus grave encore. Il a confondu deux parties de phrase qui signifient littéralement : «les espèces de natures « et les sortes de noms des médicaments ne sont pas semblables. » Il
a traduit : «gâteau ( Bn[ eul) dont la nature et l'espèce se nomment
« tchong, différent des médicaments, etc. »
M. P. a rendu le génitif yv ming (nominum), par le verbe se
nommer, et il a pris le mot ~T>m tchong, « sortes, espèces, ( vv 5pjïf
«ming-tchong, sortes de noms),» pour un nom propre. Espèce de gâ-
«teau, dit-il, dont la nature et l'espèce se nomment ykœ tchong! »
5° Dans les mots nyïî llL£\ sing-louï, le premier est au génitif par
sa position; ils signifient: «espèces de natures, de propriétés. » M. P. les regarde tous les deux comme au nominatif, et il écrit : « dont la « nature et l'espèce. »
6° Enfin , il cite en note , à propos de JF>œ tchong, l'expression
cochinchinoise : discipuli bonziorum, qui ne se rapporte pas le moins du monde à sa traduction fautive, ni au sens exact des mots du texte chinois.
« Les médecins diffèrent entre eux par leur savoir,
J. A. Extr. n° 8 (i84i). 7
( 98 ) «et la manière d'observer les symptômes (des maladies). »
Littéralement : « Des médecins — l'habileté — et (( la manière d'observer — ont, c'est-à-dire offrent , des « différences. »
M. Pauthier n'a pas compris un mot de ce passage ; il traduit : « Gâteau différent des médicaments « préparés par les gens de l'art, et sur lequel ils comptent « beaucoup ; mais le résultat est souvent bien diffé- « rent de celui qu'ils espéraient. »
i° M. P. a commencé cette phrase par les mots Jt^ IpJ pouthong, littéralement «ne ressemblent pas,» qui appartiennent au membre de phrase précédent , et le rapporte au mot faEf eul, (avaler) dont il a fait le mot gâteau : « (gâteau) différent des médicaments ! »
2° Il rend le mot ■&§- i, (médecin) par médicament s, et le mot
jfe kong-tchi, «art, habileté,» par «les gens de l'art.» Ainsi
au lieu de « l'habileté des médecins , » il traduit : « médicaments pré- « parés par les gens de l'art. »
3° Il rend l'expression J^ 4j£ tchen-heou, «l'action d'obser-
«ver» (les symptômes des maladies) , par espérer.
4° Il traduit les mots /v^\ -£§>. yeou-i, «présenter des diffé-
« rences , différer , » par « le résultat » -, c'est-à-dire , selon M. P. « l'effet «médical (du gâteau ! ) est bien différent.»
Je ne puis découvrir quels sont les caractères du texte chinois qu'il a cru traduire par les mots : « sur lequel cependant ils comptent « beaucoup. »
« Lorsqu'un homme est mort et (que les parents)
( 99 ) «sont près de faire les funérailles, ils se lamentent « et le pleurent en poussant de grands cris. »
M. Pauthier : a Quand leur fin arrive, alors coma mencent les cérémonies des funérailles et du deuil , « qu'ils surnomment état de pleurs mutuels et silen- « deux. »
i° M. P. a rendu le mot composé -%K> jQ tchong-mo, «être a mort , par « leur fin arrive. »
2° En construisant JÎK, sang avant W^î lin, ( suivant lui «les fu- « nérailles commencent») , il a oublié qu'en chinois, le verbe ne doit jamais précéder son nominatif. Mais le mot ï/ÏtL Un, veut dire ici : « être près de, » et non « commencer. »
3° Il réunit le mot Jj'lP. sang, «funérailles, » qui complète le sens du premier membre de phrase , au verbe ÇH ngaï, premier mot du membre de phrase suivant, et il a traduit ce verbe Gcî ngaï, « ils « se lamentent, » par le substantif deuil!
4° H a rendu le mot Tjjs hao, «pousser de grands cris,» par «surnommer» (état qu'ils surnomment).
5° Le mot ^sH siang (vulgo réciproquement), se dit souvent de
Faction d'une personne sur une autre. (Voy. le Dici. de Basile,
n° 6597.) En cet endro't ^Ma *j\t siang-peï veut dire «ils le pleu-
«rent,» c'est-à-dire «ils pleurent le mort,» et non «état de pleurs * mutuels et silencieux. »
« Je n'ai pas entendu parler des règlements rela- « tifs au deuil. »
M. Pauthier : « On assiste à la cérémonie sans «rien entendre. »
L'expression rjj-r ^\jfo-tchi, «règles du deuil,» se trouve avec
le même sens, dans le traité du philosophe Tchou-hi, sur les Rites domestiques, et a été traduite en mandchou par sinakhi i kemoun, expression qui a le même sens. Ces règlements se rapportent tant à la forme qu'à l'étoffe des vêtements de deuil.
i° Il rend le génitif ÎÛU fo, « du deuil, des vêtements de deuil , »
par le verbe assister, et le mot TCn tchi, ( règlements ) par la céré-
monie !
En traduisant les mots hfhr vfijj fo-tchi , «les règlements du
« deuil , » par « on assiste à la cérémonie , » il a rapporté aux parents
du défunt, les mots "-fffifc FetJ ivou-wen , «je n'en ai rien appris,»
que le voyageur Hiouen-tsang s'applique à lui-même.
3° Il rend les mots -mf. \&\ wou-wen par « sans rien entendre, »
c'est-à-dire, suivant lui, «sans entendre les cris funèbres,» au lieu de «quant aux règlements du deuil (dit le voyageur) , je n'en ai pas « entendu parler. »
m m mm.
« La durée du deuil n'est pas limitée. » M. Pauthier : « Le temps de ces démonstrations « est indéterminé. »
En Chine, le deuil dure tantôt cinq ou neuf mois , tantôt un ou trois ans , suivant le rang du défunt ou les degrés de parenté.
M. P. rend le mot IjJïLsanq, (deuil) par « démonstrations (de dou-
«leur).» Il a compris qu'il s'agissait ici «du temps pendant lequel «on déchire ses vêtements, on s'arrache les cheveux, etc. » L'auteur parle au contraire du temps pendant lequel ou porte le deuil.