‹ Examen critique de quelques pages de chinois relatives à l'IndeChapitre 4 sur 10 · LOI · texte numérisé non relu

LOI

u II y a trois manières de rendre les derniers de- «voirs aux morts. »

M. P. « On observe ces démonstrations jusqu'à ce « que les funérailles soient achevées. Le cérémonial « pour les funérailles est de trois sortes. »

Il a rendu le mot >^C song> (accompagner) par observer (des démonstrations ) , et le mot ^^ tchong, (le mort) par être achevées, (en parlant des funérailles). Le sens que je donne à Z$j yf& son9' tchong, est justifié par la version tartare-mandchoue du Thong-kienkang-mou (part. II, liv. 38, fol. 97 r. lig. 3), akô okho be sindara , c'est-à-dire « rendre les derniers devoirs aux morts. »

L'expression Afë? jy£ pin-tsang, signifie enterrer (Morris. DicL

chin. part. Il ), mais ï enterrement proprement dit (humatio), n'étant pas en usage chez les Indiens, je me suis contenté de la traduire avec l'expression précédente (qui veut dire «conduire en terre»), par « rendre les derniers devoirs. »

On voit clairement qu'ici l'auteur ne dit pas un mot du temps que durent les pleurs et les démonstrations de douleur, et de plus , que M. P. a fait deux phrases d'une seule; car le sens littéral est : « quoad << obsequias et sepulturam , ejus modi sunt très. »

<( On les brûle sur un bûcher. »

M. Pauthier traduit : « On entasse du bois pour cet « usage, et on y met le feu en différents endroits. »

i° On voit , par la position des mots, que l'expression xjfr ^SK* tsi-sin, est ici au cas instrumental, et signifie «avec du bois accu « mule , au moyen de bois accumulé ; elle se construit avec ^i& MÊ[ fen-liao, brâler [congestis lignis cremare, comburere). M. P. s'est donc trompé en traduisant le verbe X» tsi, à l'indicatif présent, «on en- « tasse du bois pour cet usage. »

2° Il est encore tombé dans l'erreur en traduisant le verbe Mt liao, brâler, par émettre le feu en différents endroits, y II a été conduit à ce sens par cette définition que Morrison donne du mot MaT

liao, lorsqu'il est pris comme substantif: « fire lit up in various places «as a sign of national concerns, etc.» Mais il s'agit, dans cette définition, de feux qu'on allume de distance en distance sur des lieux élevés , pour transmettre des signaux et annoncer quelque grave événement.

Dans notre passage, le mot jVférliao, doit se prononcer liâo, et non

liào , et dans ce cas, il signifie: «injecto igné comburere» (conf.

Khang-hi, au mot j]0=r liao), «brûler quelque chose en y mettant le

« feu. »

H El Jî &M # IS Mo

u La troisième s'appelle yé-tsang, c'est-à-dire faire aies funérailles (de quelqu'un) dans un lieu désert. «On abandonne le mort dans une forêt, afin qu'il « serve de pâture aux animaux. »

M. Pauthier : « La troisième espèce s' appelle fané- « railles des lieux infréquentés. On abandonne le corps (c du défunt dans une forêt , où il est dévoré par les «bêtes sauvages. »

ic Ici comme dans les passages cités plus haut , le moi qui précède

|§§Ë tsang, (littéral. « enterrer ») , est au cas locatif» dans un désert, »

comme les mots y\^ ho [Jeu) , et ~nt chouï [eau) , dans les locutions

yC g?fc£ ho-tsang, ~Jf( 2fr£ chouï-tsang , littéralement : «en-

a terrer dans le feu, enterrer dans l'eau. » M. P. a regardé le mot 4B*

yè comme étant au génitif ; « funérailles des lieux infréquentés. »

2° Il a pris le mot Hp] sse, «nourrir» (les animaux), pour un verbe

passif. Il a oublié qu'un substantif non précédé de ~ffo iu, «par,»

ne peut être regardé comme complément d'un verbe passif, que lorsqu'il est placé avant ce verbe; alors il se trouve au cas instrumental.

Ex. 1=2 "E^ ou-chi, «être mangé parles corbeaux.» (Cf. Peï-uen-

yun-fou, livre en A, fol 73 r.)

Si le mot fc=^ ou, «corbeaux,» était placé après 1| verbe "^*

chi, «manger,» (comme JËtiT cheou, «animaux,» est placé ici après • — | f* *

fpj 55e, «nourrir»), il deviendrait son régime direct, et les mots

"jÉ^" fcpj chi-ou, signifieraient « manger des corbeaux.» D'où il résulte que, dans le passage qui nous occupe, les mots 'ppj JaTT

sse-tcheou, signifient «nourrir les animaux, et non «être mangé par « les animaux. »

Il arrive ordinairement que le verbe passif est placé avant son complément, mais dans ce cas le nom est toujours précédé de la préposition ~n^ iu , « par, » comme dans cette phrase de Mencius : vdi

yV ZAî "ET" ~ffà> Jkichi-jin-tche, ssè-iu-jin, «ceux qui gou-

«vernent les hommes sont nourris par les (autres) hommes.» (Cf. Rémusat, Gramm. chin. S 172.)

J'ajouterai en terminant que le mot /pp] ssè, «nourrir,» ne peut

être pris au passif dans le sens de « être mangé par, être dévoré par. » Lorsqu'il est passif, on doit le traduire par « être alimenté , être « nourri. » C'est ce que prouve l'exemple de Meng-tseu cité plus haut ,

où le mot >@* (vulgo chi, «manger») ici «être nourri,» se prononce sse, parce .qu'il se prend pour ^pl sse. (Cf. Dictionnaire de Khang-hi, clef 18A, fol. ïo v. lig. i3 et i5.)

4l al t§ MM M M ï£

((Pendant la vie de l'homme, on lui donne un « titre qui rappelle ses vertus; après sa mort, on ne «lui décerne pas de nom posthume. »

M. Pauthier a cru que ce passage , qui a un sens général, s'appliquait uniquement au roi; il a traduit: «Il (l'héritier du trône) établit les qualités du défunt « en proclamant tout haut ses vertus, sans lui donner « de titres honorifiques posthumes. »

Ii y a ici plus d'une erreur. i° M. P. a supprimé le mot /fc

sing, « vivant, » faute d'avoir vu le parallélisme des deux membres de

phrase : « quand un homme est vivant , quand un homme est

«mort,. , . . »

2° Il n'a pas vu que les mots |E2 -%t^ te-hao , litt. «de vertu- «un titre, » étaient en construction et inséparables. Il a pris le génitif xïïïï te, « virtutis ou virtutum , » pour le régime direct du verbe \ t li , et il a traduit : « il établit les vertus. »

3° Il a fait le verbe actif proclamer du substantif "ms hào , «titre

«honorifique,» qui est le régime direct du verbe j| li, «établir»

( 1 1 *Ê2 ±fê li-te-hao, « composer, donner un titre qui rappelle

« les vertus de quelqu'un » ) , et il a traduit : « en proclamant tout haut «ses vertus.»

h° Cette faute grave nous fournit l'occasion de faire une observation importante. Les règles de la syntaxe chinoise s'opposent absolument à ce que le régime de deux verbes monosyllabiques qui se suivent, ou d'un verbe dissyllabique, soit intercalé au milieu. C'est

ce qui arriverait cependant si , par impossible, dans i t ^^ ~mc

li-TE-hao (que M. P. explique par « établir les vertus, les proclamer) ,

le mot *KËÎ te, «vertus» était à la fois régime de i k li, et de "KfW

hao. Pour que ces trois mots signifiassent, comme le veut M. P. « était blir et proclamer les vertus,» il faudrait qu'il y eût dans le texte

1 1 ~Bm i » U-hâo-te , « établir-proclamer-les vertus. » Mais l'expression i * •£fW li-hâo, n'existe pas en chinois avec le sens d'établir et de proclamer. De plus , le mot Tjïs hao , lu au premier ton

( hâo) signifie « clameur » et « crier à haute voix ; » il n'a jamais , étant seul, le sens du verbe actif proclamer.

Il résulte des principes que je viens d'exposer que le mot Ijfff

hao, est nécessairement un substantif, régime direct du verbe i r

li, « établir, » et que le mot 4^21 te, « vertus» se trouve au génitif en

vertu de sa position. (Cf. Rémusat, Gramm. chin. S 79.)

5° Et ceci est bien plus grave, M. P. oubliant que le génitif doit toujours précéder le mot avec lequel il est en construction

(cf. Rémusat, Gramm, chin. S 79) , a été chercher le mot Jb\* sse,

«mourir,» qui commence le membre de phrase suivant, et en a fait le génitif «du défunt» (les vertus du défunt). Pour traduire: «les

«vertus du défunt,» il faudrait qu'il y eût en chinois : Aji

"^ 4ÉP sse-tche-tchi-te , mot à mot : «du défunt-les vertus.

« Dans une maison où quelqu'un vient de mourir, « personne ne goûte de nourriture. »

M. Pauthier : «Le chef de la famille qui a présidé « aux funérailles ne prend aucune nourriture. »

i° Il a réuni ensemble le dernier mot ^R? Ida, «maison» (qui est au cas locatif, « dans la maison ») du premier membre de phrast

et le premier mot du second yl jin, « hommes » (qui est au nominatif) , et il en a formé le mot ^ï? yV kia-jin, expression qu'il

traduit par «le chef de famille, » quoiqu'elle ne signifie que « domes- « tique» (famulus), et cela en style moderne.

2° Les mots Jffi* TrjGL sang-ho, signifient : « malheur qui résulte

«de la mort;» M. P. les rend par le mot «funérailles,» auquel il ajoute le verbe « présider à » dont le texte n'offre aucune trace.

3° En réunissant le nominatif Jl jin , « hommes » au mot S?

Ida, « dans la maison » qui précède, il a fait disparaître cette idée que personne de la maison où quelqu'un est mort ne prend de la nourriture, littéralement : «homines non adeunt, id est non tangunt «cibos,» et s'est imaginé que le chef de la famille (le père) seul s'imposait cette privation.

« Après les funérailles , ils reprennent leurs habi- « tudes ; ils ne célèbrent point l'anniversaire de la umort (de leurs parents).»

M . Pautbier : « .... Il est d'un usage constant de « ne pas renvoyer ceux qui ont accompagné, etc. »

Reprendre ses habitudes , c'est recommencer à prendre de la nourriture.

i°M.P.traduitlesmots ,/Q *5^ fo-tchang , «reprendre ses habitudes, c'est-à-dire recommencer à manger,» par : «il est d'un usage « constant. »

2° Suivant le dictionnaire bouddhique Tseng-tsie-tch-in (fol. 1 7 v. ) ,

le mot =|a hoeî, a quelquefois le sens de *3 Ë=î hi-chin, «jour «anniversaire de la mort (des parents).» (Voyez Khang-hi, au mot synonyme *i3 P3 ki-ji, et Gonçalvez, Dict. port. chin. au mot

o.nivcrsario.)

Il rend les mots /ffff Sa wou-hoeï, «ne pas avoir de jour «anniversaire de la mort, » par «ne pas ( jm. wou) renvoyer ( 5B « koeï!) ceux qui ont accompagné, » etd.

« Ceux qui ont assiste aux funérailles sont regardés « comme impurs. On ne les reçoit qu'après qu'ils se « sont tous baignés hors des murs de la ville'. »

Mot à mot : « Après qu'ils se sont tous baignés , « ils entrent. »

M. Pàuthier : « 77 est d'un usage constant de ne pas « renvoyer (voyez plus haut, § 106) ceux qui ont ac- « compagne le mort dans ses funérailles, et qui, par a cela même, sont considérés comme impurs, sans « leur faire à tous prendre un bain hors de l'endroit oà « le mort a été enterré; après quoi ils rentrent chacun <( chez eux. »

ia M. P. a confondu les quatre derniers mots de la phrase précédente, qu'il n'a pas entendus, avec les premiers mots de celle-ci.

2° Le verbe Vz> yo> étant précédé de hien, «tous,» signifie ici

« se baigner, « et non « baigner quelqu'un. » Pour le traduire activement ou lui donner le rôle du verbe causatif « faire prendre un bain « à , c'est-à-dire faire baigner quelqu'un, » il faudrait qu'il fût suivi du

pronom relatif "y* illos. Cette règle de syntaxe ne souffre point

d'exception.

3° L'expression 3&\\ Jy L houo-waï, signifie : « en dehors des mur?

>■■ extérieurs, o et non « hors de l'endroit où le mort a été enterré. »

4° Le mot /l ji , « entrer » ne veut pas dire ici « entrer chez soi , >

mais « entrer, » c'est-à-dire être admis , reçus dans la maison des autres habitants, qui les regardaient comme impurs avant qu'ils eussent pris un bain.

« Quant aux vieillards accablés d'années dont la « Pin approche , lorsqu'ils se sentent réduits à une « faiblesse extrême ou atteints d'une maladie grave, « et craignent d'être arrivés à la dernière limite de a la vie, ils se dégoûtent et s'éloignent du monde. <( et désirent de quitter la société des hommes. »

M. Pauthier : « Quand les Indiens arrivent à l'âge « de soixante ans ou à soixante et dix et quatre-vingts , et « que la mort est attendue à chaque instant, le temps «fixé de la vie paraissant écoulé, l'homme retombe « en enfance et s'affaisse sous le poids des infirmités. uArrivé sur le lord de la vie, à une époque ou les (( craintes sont portées à l'extrême , il se résigne à uquitter le monde, à se séparer de sa poussière. 77 «est d'usage qu'il désire être rejeté du milieu des <(hommes.... »

i° Les mots z& "j^ tchi-iu, signifient ici «quant à, pour ce

■ qui regarde (quoad, quod attinet),? et non «arriver à (l'âge, etc.).»

3° Les quatre mots 4fL ^êf ^^% W&. nirnhhi.-cheou-mao,

désignent d'une manière générale des vieillards très-avancés en âge , sans indiquer trois âges déterminés, comme Ta cru M. P.

C'est ce que montre clairement le membre de phrase suivant ; «lorsque l'époque, le moment de la mort va bientôt arriver.» Ces expressions ne pourraient que dans un cas exceptionnel s'appliquer à un homme de soixante ans.

Les mots 3* ~~p' -SE 'g ^j? §fi tchi-iu-nien-khicheou-mao , me paraissent signifier : « quoad homines annis graves et « longa setate vel senio confectos. » Je regarde les mots :jeE» nien , et ~~=M=\' cheou , « années et longévité , » comme placés ici au cas instrumental, et les mots ^§T khi, 3pT mao, comme des adjectifs avec lesquels ils sont en construction , et dont ils sont le complément.

3° M. P. a séparé les deux mots J&fc j^R sse-khi, littéral, «de

« la mort-1'époque précise ; » il a traduit le premier par « la mort, » et le second par «le temps fixé de la vie. » Il a ajouté les mots «parais- «sant écoulé,» qui ne se trouvent point dans le texte.

4° Le mot M^ ing seul veut dire ordinairement « enfant ; » mais lorsqu'il est joint au mot jr^K louï, ce composé signifie «faiblesse, « affaiblissement physique , faible , affaibli. » [ Voy. le Dict. de Khanghi, au mot Jjffi ing, clef 38, fol. 65 v. ligne i4. )

M. P. traduit : «l'homme retombe en enfance. »

5°Lesmots wtt ffiiït tchin-'o, signifient «être gravement malade.»

M. P. a rendu comme verbe, l'adilrbe tchin, «profondément,» et comme substantif le verbe 'o, « être malade : » « il s'affaisse sous le « poids des infirmités. »

6° M. P. a traduit les mots /r~* f=p; sing-yaï, «les limites, les

« bornes de la vie , par « le bord de la vie , » expression qui signifie au contraire « le commencement de la vie. » Dans cette locution , le mot

jFH Jai (Dict. de Basile, 2,325) se prend pour VŒ* y°-ï (Basile,

5,o 1 6 ) dans le sens de « terminus , » comme dans les mots -7? 7«p

thien-haï, «cœli terminus,» que cite le même dictionnaire. Le mot

V/hf ya^' mty° «rivage» (Basile, 5,oi6) , se dit au figuré, suivant

le Dict. de Rhang-hi, de la dernière limite d'une chose ; puis on y

( no )

cite à l'appui de cette définition , cette belle pensée du philosophe Tchoang-tseu : « Notre vie a des limites (yaï) , mais notre faculté de

« connaître n'en a pas. » Sur Jotl 7Hp sing-yaï, « limites de la vie, »

on peut consulter aussi le Dict. Peï-wen-yun-fou, liv. ix, fol. 2 5 r.

7° Il traduit les mots -*y> /Ç&H kong-khi, par «les terreurs sont

«portées à l'extrême. » Cependant le mot «-r/* kony , est ici un verbe

neutre et signifie «craindre que ;» le mot ~Amt khi, «être arrivé au

« faîte , au comble , » se rapporte uniquement aux mots JoÇ. JFF?

siny-yaï, «limites de la vie; » littéral, «il craint que les bornes de sa « vie ne soient arrivées à leur dernier point. »

8° Il rend passivement le verbe actif -~jffi khi, «abandonner,» et

lui donne le sens de «être rejeté de. » Dans l'expression yl

jin-kien, le second mot n'est pas ici un adverbe signifiant « au milieu

n de. » Les mots A^ fflj jin-kien désignent ici « le monde ; » ils sont

le régime du verbe £§£ khi, «abandonner. » (Cf. Ssè-ki, histoire de

Lieou-heou.) Ce sens est confirmé par cette définition d'un dictionnaire chinois-espagnol , « este mundo » (ce monde) .

9° Il rend sou, 2 e syllabe de tchin-sou, le siècle, par il est d'usage!

$ m jc»m m ii #.

u II s'éloigne des voies du monde. Alors ses parents « et ses amis se réunissent et lui offrent un repas « d'adieu, aux sons des instruments de musique. »

M. Pauthier : «Il fuit autant au il est possible les ■(voies du monde, même avec ses proches. C'est pour- « quoi il fait savoir à ses amis qu'il désire les réunir <pour se réjouir avec eux dans un festin. »

M. P. a commis plusieurs fautes graves qui tiennent surtout à ce qu il a mal ponctué ce passage.

i° Il a rendu par « autant que possible , » le mot Mnt hi, qui , joint ^CX y | - rij*

kyouen, forme le verbe composé Afifh ytt hi-youen, «s'éloigner. »

(Cf. Morrison, Dict. chin. part, n, n° 3,289.)

20 Les six mots ■ ^p J|L 3?S ifr 4p 7§f° iu-chi-thsinkou-tchi-yeou , signifient mot à mot : iu-chi, «sur cela,» c'est-à-dire « là-dessus, alors, » thsin-kou, « ses parents et ses anciens amis, » tchi, yeou, « ses connaissances et ses compagnons. » M. P. divise l'expression

ThiF UjC ^lsin~k°u ; il rattache les mots iu-chi-thsin , à la phrase précédente, et les traduit ; « même avec ( -T-4 iu) ses ( JÉjL chi) proches (fj^thsin).»

Jamais -H— ' m, n'a eu le sens de la préposition avec , dans la locution avec quelqu'un; jamais, non plus, le pronom démonstratif J9L chi , n'a été employé pour le possessif so n, sa, ses.

3° Il commence un autre membre de phrase par le mot ifît hou , « anciens amis , » qu'il rend par « c'est pourquoi. »

4° H change le mot^ÇP'c/iî, «ses connaissances,» en un verbe causatif, « il fait savoir à, » et lui donne pour régime direct le nominatif ~/ôf yeou, «compagnons,» qui forme avec 4*0 tchi, le mot

composé ^jM A/ tchi-yeou, «les connaissances et les camarades » (noti et socii).

Sur 3?P jW thsin-kou , « parents et anciens amis , » voyez le Dict. Peï-wen-yun-fou, liv. 66 Hia, fol 4i v. Sur Wi\ X/ tchi-yeou, [noti et socii) , voyez ibid, liv. 55, fol. 106 r.

5° Il rejette dans la phrase suivante les mots jy£ jjgjp, tseoa-yo (canere fistulis).

6° Il rend les mots ^2* TÊzf tsien-hoeï, « se réunir pour donner

«un repas d'adieu à une personne qui s'éloigne,» par «les réunir « pour se réjouir avec eux dans un festin. » Le lecteur remarquera que M. P. a regardé «l'homme qui veut quitter la vie,» comme le

(iifi) .

nominatif des verbes 'HjS4 159 tsien-hon, suivant lui : a il désire les «réunir, etc. » tandis que ces verbes, ainsi que .VyV %fcE4 tseou-yo {canunt fistulis) , ont pour sujet les mots thsin-kou, ichi-yeou, oies « parents et les anciens amis , les connaissances et les compagnons. »

it n & m.m %% m ej.

t m n èM % êE n>

« Il monte sur une barque que dirigent des rate meurs, traverse (en partie) le Gange et se noie «au milieu du courant. Par là, il croit devenir un a dieu.

« Sur dix , on en voit un qui , etc. »

M. Pauthier : « A la suite duquel (festin) , il se rend, « accompagné par des instruments de musique, au milieu « du fleuve King-kia (le Gange) , et là , s'abandonnant « à son courant, il se noie dans ses flots. On dit alors « qu'il a conquis le dixième ciel. Il en est qui , etc. »

Il y a dans cette traduction une multitude de fautes graves.

i° Il a fait entrer dans cette phrase les mots >Sv &K tseoa-yo

{ canerejistulis ) , qui appartiennent à la phrase précédente.

2° Il a construit l'adjectif H-* tchoncj [médius) , avec le mot Vrtï

ho, «fleuve,» qui termine le membre de phrase précédent, et en a fait l'adverbe « au milieu. ■

3° Il a rendu le mot "jfêj'tsi, «traverser une rivière,» par «se « rendre dans. »

4° Par suite du déplacement de l'adjectif VP tchoncj (médias), il

a rendu le substantif VÎff Ueou, «le courant,» par «s'abandonner à

« un courant. » L'expression VM r/fF tchong-lieou , est, par sa position, au cas locatif, et doit être traduite par « in mediojlumine. »

5° Il a construit le mot — J— chi (dix), avec le mot -yr thien ( ciel ) , qui termine le membre de phrase précédent , et a traduit les mots "7^ — r~* thien-chi, par «le dixième ciel.» Cette faute contre

les règles de position, est extrêmement grave, car les nombres cardinaux ( î, 2 , 3, etc.) et les nombres ordinaux ( ier, 2e, 3e, etc.) se mettent constamment devant les substantifs auxquels ils se rapportent.

En style ancien comme en style moderne , les nombres ordinaux

sont toujours précédés de la particule pS, ti, qui a le même rôle que

us dans primus, secundus, etc. C'est ainsi qu'on trouve dans notre

auteur, liv. XI, fol. 7 r. ^e » pf -^H» ti-i-pe-nien , «la

« centième année. » Pour traduire : « le dixième ciel , » il faudrait deux choses : i° que le mot dix fût placé avant ciel ; 20 que le mot dix fût

précédé de la particule ordinale 3^ ti, et qu'il y eût : ç& —r-*

-j\? ti-chi-thien. (Cf. Rémusat, Gramm. chin. S 117.) Enfin l'auteur

eût employé un autre mot que JolI sing (naître) , s'il eût voulu

exprimer la pensée que donne M. P. Mais il ne s'agit nullement du

dixième ciel. L'expression jotl -f? sing-thien, est employée par

ellipse , pour JolI jfc \ « naître dans le ciel , obtenir la vie des

«dieux.» (Conf. San-tsang -fa-sou, liv. 22, fol. 18 d.) «Lorsqu'un «homme (ibid. fol. 19 r.) commence à naître au ciel (c'est-à-dire à «devenir un dieu) , une lumière brillante voile son corps comme un « vêtement , etc. »

J. A. Extr. n°8 (18/n). 8

uSur dix, il s'en trouve un qui, n ayant pas en- « tièrement renoncé à la vie , quitte sa famille , et se « met au nombre des religieux bouddhistes dont la « régie exclut les cris et les lamentations.

« Si son père ou sa mère viennent à mourir, il « récite des prières pour les remercier de leurs bien- « faits , il leur rend les derniers devoirs et leur offre « des sacrifices funèbres. Par là il leur procure Suit rement le bonheur de l'autre vie. »

M. Pauthier : «Il en est qui, ne paraissant pas « avoir épuisé toutes les humiliations, toutes les conditions « méprisées de la vie , sortent de leurs familles , se font «admettre dans la foule des religieux bouddhiques, û sans titres honorifiques , pour y déplorer hautement la « perte d'un père ou d'une mère , en récitant , à haute «voix et avec mesure, les louanges de celai qui leur a ac- « cordé un tel bienfait, en éloignant de leur esprit tous « les soucis du monde, jusqu'à ce qu'ils trouvent, à la fin, « les biens réels dans une félicité obscure. »

Cette traduction est encore plus inexacte que celle des § 108, 109.

i° M. P. a inséré le mot —y-* chl (dix) , dans la phrase précédente,

comme nous l'avons vu plus haut, et en a fait l'adjectif dixième, contrairement aux règles de position. Voyez S 1 10, 5°.

20 II a passé le mot « 1 (un), dans la phrase : « sur dix . il s'en

«trouve un.))

3° Les mots ~7fÊ "êo fini) S weî-tsin-pi-kien , signifient :

«qui n'ont pas encore entièrement dépouillé les vues terrestres,» littéralement «les vues grossières,» c'est-à-dire «qui n'ont pas encore « entièrement renoncé à la vie. » Il traduit : « ne pas avoir épuisé toutes « les humiliations, toutes les conditions méprisées de la vie. »

4° Il a passé le mot jfjj] tchi, « la règle. »

5° Il a divisé en deux parties le mot composé "TjW fiE. hao-kho ,

« crier et se lamenter, » et il a traduit la première syllabe ~cjW hao (crier), par « titres honorifiques ! »

6° Puis , empiétant sur la phrase suivante , il rend le verbe neutre -£L kho , « pleurer, se lamenter, » qui forme la seconde syllabe de hao-kho, « crier et se lamenter, » par le verbe actif déplorer.

7° De cette façon, il prend les nominatifs A/ "uT. fou-mou, « le père et la mère,» pour deux génitifs, et le verbe neutre composé j*fft wang-sang, «mourir,» pour le substantif «mort.»

8° Ensuite il fait régir ce substantif par le verbe neutre -jJ5u ko .

qu'il a rendu activement : « déplorer la mort ! » L'expression Tifs iix. hâo-kho se retrouve, avec le sens que nous lui donnons, dans le Sse-ki, Biogr. de Sun-tchi : « Tseu-sang étant mort, le peuple deTching se livra aux cris et aux lamentations. » tç/s PfjL hâo-kho.

Nous avons vu plus haut ( conf. § 98), que les séculiers qui viennent de perdre un parent, poussent des cris et des lamentations. Ces bruyantes démonstrations de douleur sont interdites aux religieux.

90 Sous ce rapport, M. P. s'est encore trompé, puisqu'il s'imagine que les hommes dont parle l'auteur, embrassent la vie religieuse pour « déplorer la perte de leur père et de leur mère. »

io° Les mots |m '~f* song-nien signifient «réciter des prières»

(conf. Dict. de Basile , n° 1 0,090 ) , il traduit : « réciter, à haute voix et « avec mesure, les louanges. »

ii° Il traduit les mots |M»[ 13j tcheou-ngen, «remercier quelqu'un de ses bienfaits,» par « (Les louanges) de celui qui leur a « accordé un pareil bienfait. »

Il est évident qu'il s'agit ici des bontés que le père et la mère du religieux ont eues pour lui pendant leur vie.

M. P. serait sans doute fort embarrassé de dire où il a trouvé l'idée de louanges, et ce qu'il entend par « celui qui leur a accordé un pa- « reil bienfait. »

1 2° Il passe le mot ^S tchouï, « poursuivre, remonter à, » et fait le verbe actif « éloigner, » de l'adjectif -Ï££ youen , « éloigné, » régime direct du verbe ^fjp tchouï.

Les mots du Lun-yu (liv. I , S i 5) jfjj ^0^ tclioiïi-youen, « remon-

« ter à ceux qui sont éloignés, » signifient, suivant les commentateurs, « offrir des sacrifices à ceux qui sont morts depuis longtemps. » Ces

deux mots et les deux suivants : t]M -ft^S cliin-tchong , sont tirés

du Lun-yu de Confucius [ibid.), mais ils se trouvaient transposés dans

le texte de Hiouen-tsang.il faut lire : 'jW ^K*- ^jla Xfê chin-

tchong, tchouï-youen (au lieu de chouï-youen, chin-tchong) , «donner « tous ses soins aux funérailles , » littéralement : « à ceux qui sont «morts, et leur offrir, longtemps après, des sacrifices funèbres. »

i3° Il a divisé en deux la locution r\M -Çk*- chin-tchong (Lun-

iu, liv. I, S i5) , «donner tous ses soins aux morts» (c'est-à-dire, suivant le commentaire de Tchou-hi, «rendre les derniers devoirs à « ses parents , avec tout le soin convenable » ) , et il a traduit le verbe

neutre 'jijW chin, «donner toute son attention à,» par «les soucis du

«monde!»

ià° H a fait régir ce substantif soucis, par l'adjectif 4^£ youen, « éloigné » (voyez 1 2°) , dont il a fait le verbe actif « éloigner. »

1 5° Il a fait un adverbe du substantif ••%£&* tchong, «morts (les pa-

■Jfcu

«rents) ,» qui est le régime du verbe "[jË chin, « dilig enter attendere

t rei, » et il traduit : «jusqu'à ce qu'ils trouvent à la fin. »

i6° Il a suppléé sans motif les mots «jusqu'à ce qu'ils trouvent, i» dont le texte n'offre aucune trace.

170 II a pris l'adverbe £L chi, «en réalité,» qui commence le

dernier membre de phrase, pour l'adjectif «véritable.»

ï8° 11 a rendu le verbe "p^ï tse, «donner, procurer» (conf. Dict,

Tseu-weï) par le mot «richesses. »

19° Il a fait régir les mots « les véritables richesses, » par le verbe actif « trouver, » qui n'existe pas dans le texte. Il n'a pas vu que

îe mot "§|? tse , est , par sa position , un verbe actif qui a pour régime

les mots li^H, Him ming-f°> m°t à mot : È3. chi, « véritablement, » •g? tse , « ils procurent à leurs parents » (par ces prières et ces sacrifices funèbres), '&, TÎÎIm nûng-fo, «le bonheur de l'autre monde. »

200 Le mot 'j^Ç ming, n'est point ici comme l'a cru M. P. l'ad

jectif du mot Tlfs/o, «félicité;» c'est un substantif signifiant : the

invisible state of departed spirits, Hades. Morr. Dict. chin. part. II, n° 7,723. Conf. Gonçalvez, Dict. port. chin. au mot mundo (outro).

2i° M. P. traduit „j=a, TTffi| ming-fo,-par «dans une félicité obs- « cure. » Sans m'arrêter de nouveau à la manière dont il a traduit '«?!. TïfS mi-ny-f° ' je fera* observer que si ces deux mots eussent été par leur position au cas locatif, et qu'ils eussent signifié par impos sibïe : «dans une félicité obscure,» ils auraient été placés devant un verbe, le verbe trouver, par exemple, s'il eût existé dans le texte. En chinois , les mots qui expriment le temps , le lieu , se mettent toujours devant un verbe , lorsqu'on les emploie sans prépositions. Pour les placer après un verbe dont ils sont le complément indirect, on les fait

précéder d'une des prépositions JPr râ, ~T^ iu, -^p* hou. qui signifient « dans. »

iït m HE mm m * fô.

& ïf f f ». A

«Les règlements administratifs étant très-bien « veillants , les affaires de l'état sont peu compliquées.

( 118 ) «Les familles ne sont point portées sur des registres «civils, et les hommes ne font point de corvées et «ne payent point d'impôts.»

M. Pauthier n'a rien compris à tout ce passage : (( Quant à la direction de l'enseignement, il y a de «grands établissements d'instruction publique, et «cependant, même dans les plus grands de ces éta- «blissements, on ne fait point usage de livres. Les « habitants ne payent point d'impôts pour les écoles. »

i° L'expression ttu £pV tching-kiao , «de l'administration-

«les instructions, » signifient litt. «les instructions administratives, » c'est-à-dire les règlements que publie le gouvernement pour maintenir le peuple dans le devoir ou le ramener au bien. M. P. n'a pas compris le sens de ces deux mots, qu'il rend par «direction de l'en- « seignement. »

2° II a encore oublié la règle invariable qui veut que , lorsque deux noms sont en construction, le terme antécédent (le nominatif) se place après le terme conséquent (le génitif) (cf. Rémusat, Gramm.

chin. S 79) , et il traduit : « la direction ( ~tuf tching) de l'enseigne-

[\T kiao) , » au lieu de : «les instructions ( /et/ kiao) de

« l'administration ( jtfr tching ) . »

3° H rend le mot |Èg kouan, «être indulgent, être bienveillant, »

par « de grands établissements! »

4° H traduit les mots /$& 7T^ ki-we , « affaires du conseil

«d'état» (Morrison, Dict. chin. part. II, n° 5272) par : «on s'efforce « de donner de l'instruction à la jeunesse ! »

5° Il construit le mot P^k kien, « être abrégé , être peu compli-

«qué,» qui finit un membre de phrase, avec le mot fcî hou,

«famille,» qui commence le suivant, et il traduit: «dans les plus

« grands ( ffjn kien!) de ces établissements ( B5 hou ) ! »

6° Il rend les mots r^g- -~4|£ tsi-chou, «être inscrit ( -^ff

• chou) sur un registre ( ^S- tsi ) , » par « faire usage de livres d'é- « tude! » On voit qu'il a pris le mot =ê|x. tsi, « registre, » pour le mot

4g> ihsie (Basile, n° 9262) , «se servir pour un temps.» De celte

manière, il a pris les mots =è|±- -^Éï tsi-chou, «sur un registre-

«être inscrit,» pour les mots 4j£ ^^K thsie-chou, selon lui «se

« servir de livres , » locution qui n'existe pas en chinois. On dirait

Epi ^^ yong-chou, uti libris. D'après sa position, le mot ^K

chou est ici verbe passif et signifie «être écrit, être inscrit. » Le mot

=£££■ tsi, étant placé avant -v^^ chou, «être inscrit,» se trouve au

cas locatif, a sur un registre, dans un registre.» Le sens que je

donne ici au mot £& tsi se trouve dans tous les dictionnaires.

Basile, n° 7634 : «registrum in quo plebis nomina scribuntur ; » Gonçalvez (Dictport. chinois) : «liste delà population.»

De plus, M. P. suppose, sans le moindre scrupule, que dans les grands collèges de l'Inde on ne faisait point usage de livres d'étude! Il oublie qu'il a cité (voyez le cahier de décembre 1839, pag. 465 et suiv.) les ouvrages que les Indiens étudient.

70 II passe le mot yr-- yao > «corvées» (travail gratuit et forcé ,

dû au roi par les hommes du peuple) , et rend le mot ^ffl. ko ,

«impôt en argent ou en grains» [Thong-kien-kang-mou, part. II, liv. XXXVIII, fol. 96), par «taxes pour les écoles. » Voici l'origine de cette erreur étrange. Le mot :j|± ko signifie aussi «le

« devoir, la tâche que le maître donne en classe à ses écoliers ; » Morrison [Dict. chin. part. II, n° 6442) : «a duty or task imposed at « school. » C'est évidemment dans cette dftinition anglaise du mot

gifi ko que M. P. a découvert le sens de taxes pour les écoles. II a

pris le mot task, «tâche» (en latin, pensum) , pour le mot anglais tax , «taxe. » Les mots imposed at school, « (devoir) imposé en classe , «à l'école,» aurait dû l'avertir, ce semble, qu'il ne s'agit point ici d'impôts pour l'entretien des écoles. Cette idée s'exprimerait tout autrement en anglais, soit par school-tax, soit par a tax for the support ou for the maintenance of schools.

- ïx # m m à % g.

«La seconde partie (des revenus des domaines «royaux) sert à constituer des fiefs aux ministres et « aux membres du conseil d'état. »

M. Pauthier : « La seconde est assignée en jouissance « aux ministres et aux autres grands fonctionnaires «de l'état, pour les aider (à occuper dignement leur «emploi). »

i ° Il n'a pas compris l'expression rËTT jfepf fong-hien , « établir

« un fief en faveur de quelqu'un. »

2° Il a rendu le substantif composé jHJn <yZ fou-tso , «mi-

enistre» (Gonçalvez, Die. port. chin. aministro de estado»), par le verbe « aider. »

«La troisième partie (de ces revenus) sert à ré~ a compenser les hommes doués d'une rare intelli- «gence, d'un savoir solide ou de talents élevés. »

11 taduit : « La troisième est donnée en jouissance « aux hommes qui ont des lumières supérieures , qui «sont doués d'une intelligence profonde, et qui, « par leurs études et leur savoir, ont acquis des ta- « lents sublimes. »

M. P. ayant trouvé le sens de « oblectari, to take pleasure in, » parmi ies différentes significations de jH» chang , « récompenser, » l'a rendu

par «être donné en jouissance. » Il paraît ignorer que ce mot signifie toujours «récompenser,» lorsque, comme ici, il a pour régime un nom de personne, et qu'il ne signifie «jouir de, prendre plaisir à une chose,» que lorsqu'il est suivi d'un nom de chose. Ainsi l'on dit

l||» Jy chang-hoa, «jouir de la vue des fleurs» (conf. Dict. de

Basile, n° 10,478) , et 0t JEJ chang-youeï, «jouir de la vue de

la lune» (Dict. Peï-wen-jun-fou , liv. XCV, foi. 28).

Sa traduction n'est qu'une paraphrase dont plusieurs parties manquent d'exactitude.

i° Il emploie deux lignes pour rendre le mot composé n»r* ^r

tsong-jouï, «intelligent, perspicace, » c'est-à-dire doué de grandes lumières.

20 II fait dépendre la troisième expression È^* y hao-ilxsaï,

littéralement «talents élevés,» de la seconde Ma Jp» chi-hio. « savoir solide , » qui s'applique à un genre de mérite particulier.

3° Il prend le mot 1/ thsaï pour les talents qui sont le fruit de l'étude. Ce mot chinois désigne les talents naturels de l'homme, innatœ ingenii dotes. Ici l'expression EE?* ~^jy kao-thsaï signifie « les « hommes doués de talents élevés , distingués , » et non « des talents « distingués. » C'est le mot j||» chang , « récompenser, » qui détermine ici cette nuance. De même l'expression JnÙ Jp> chi-hio

doit se prendre adjectivement. Elle signifie : «doué d'un savoir « solide. »

m mm m.fâmmB.ffi

« La quatrième partie (de ces revenus) sert à cul

i 122 ) « tiver le champ du bonheur, et à donner des au <( mônes aux hérétiques. C'est pourquoi les impôts « sont légers , les corvées et les taxes sont très-mo- « dérées. »

M. Pauthier n'a pas compris un mot de tout ce passage, dont il a coupé en deux la dernière phrase pour commencer son paragraphe xv. Il traduit : « La quatrième est destinée à procurer du bien-être à <( la foule de ceux qui ont reçu ces mêmes propriétés « pour les faire valoir; manière d'agir bien différente de « celle de ces hommes qui se livrent à toutes sortes « d'exactions.))

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