‹ Examen critique de quelques pages de chinois relatives à l'IndeChapitre 5 sur 10 · XV. DES IMPÔTS ET CHARGES PUBLIQUES · texte numérisé non relu

XV. DES IMPÔTS ET CHARGES PUBLIQUES

(( Les charges publiques , les impôts fonciers que u les habitants sont obligés de payer, sont très-mo- « dérés dans les provinces. »

Suivant le dictionnaire bouddhique San-thsang -fa-sou (liv. VII, fol. 22 à 2 4), l'expression «planter ou cultiver le champ du bon- «heur» signifie faire de bonnes œuvres, par exemple, offrir aux dieux toutes sortes de parfums , parer richement leurs statues , faire résonner en leur honneur une musique harmonieuse : voilà pour les riches. Les pauvres peuvent se contenter de témoigner du respect à Fo , aux trois Précieux , aux religieux , à leurs père et mère. Par là on obtient le bonheur, de même qu'en cultivant un champ avec ardeur, on obtient une abondante récolte. (Cf. ibid. liv. XI, fol. 20 v.)

i° M. P. divise en deux l'expression T|j££ [Jj fo-thien, «champ

«du bonheur;» il met un repos après TlfS fo, «bonheur,» et traduit : Xnx TIJS choii-fo, «procurer du bien-être!»

20 Contrairement à la règle qui veut que le verbe actif précède son régime , il considère le mot Hn t^ien , « champ , » seconde syl-

îabe du mot TjîS rnj fo-thien, «champ du bonheur,» comme le

régime du verbe ^r^ ki, «faire des aumônes,» qui commence le

membre de phrase suivant, et traduit : « (procurer du bien-être) À «la foule de ceux qui ont reçu ces mêmes propriétés territoriales « pour les faire valoir. »

3° Il isole le mot "^3" tchou, qui correspond ici à l'article les,

et qui est toujours suivi d'un substantif (comme en cet endroit, les hérétiques) , et le rend par «la foule de ceux qui. »

4° Il rend le mot J*q ki, «faire des dons, des aumônes,» par « qui ont reço ! »

5° Il ajoute les mots ; « pour les faire valoir, » dont le texte n'offre aucune trace.

6° H rend les mots -¥?»- -iH i-tao, «les hérétiques,» par niait nière d'agir bien différente de celle de! »

7° Il ne tient aucun compte des mots El? y] so-i, «c'est « pourquoi. »

8° Il rend les mots Jjju"' j?W7 }§$£ yi? fou-lien-king-po , « les

«impôts sont légers,» par : «ces hommes qui se livrent à toutes « sortes d'exactions ! »

9° Il divise en deux l'expression double 4aù jd=x kien-sing ,

« modéré , » qui se compose de 4iïtg kicn , « ménager ( adj . ) , » et de

.jQ sing, «économe,» et traduit : «(les impôts) sont modérés

« ( 4ah kien) dans les provinces ( 4E3 sing).» Le mot J^t sing

veut dire quelquefois « province, » mais il faut qu'il soit précédé d'un

nom de pays. Ainsi l'on dit : flè EfeJ ^£g kouang-tong-sing , « la province de Canton. »

M. P. commet encore une faute grave contre la règle de position.

Si, par impossible , le mot jç^x sing eût signifié ici «dans les pro-

« vinces , » il eût été au cas locatif, et l'auteur l'aurait placé , en consé

quence , au commencement de la phrase , avant les mots ejïr "ÉPu

fou-lien , « les impôts. »

ê £ ut n0m fi d #.

«Chacun conserve l'héritage de ses pères; tous « cultivent la terre pour se nourrir. »

M. Pauthier : « Chacun , dans les temps de paix et «de tranquillité, est suffisamment pourvu dans ses « besoins par la culture des terres.»

M. P. n'a pas vu que le mot -f^ ngan est ici le verbe neutre

«rester dans» [to remain in, Morrison, Chin. Dict. n° 2 834) ; il en a

fait le substantif «paix, tranquillité,» et a rendu l'adjectif ~Hp chi, «héréditaire, » par le mot «temps. »

2° Il a rendu le mot ^fj nie, «propriété , » par suffisamment. »

3° H a traduit y£hL Mu, «tous,» par «pourvu (dans ses besoins). »

\° II a laissé de côté les quarante mots suivants :

m & %% mm ttt

« Ils empruntent des semailles aux champs du roi et payent en «tribut la sixième partie de leur récolte. Les marchands, qui pour- « suivent le gain, vont et viennent pour leur négoce. Aux gués des «rivières, aux barrières des chemins, on passe après avoir payé une «légère taxe. Lorsque le roi construit un édifice, il n'oblige passes « sujets à travailler gratuitement. Il leur donne un juste salaire, proportionné au travail qu'ils ont fait, »

(( (Les soldats sont chargés de) défendre les frontières ou d'aller combattre les ennemis; d'autres « montent la garde , pendant la nuit, dans les postes «du palais. »

M. Pauthier traduit : « Lorsqu'on entreprend une «campagne pour marcher contre les barbares, les « palais , les chaumières , tous les lieux de stations sont « employés à loger les troupes , s'ils sont reconnus « propres à cet usage. »

i° Il a pris le mot kL' chou, «garder les frontières,» pour

le mot ^2V jong, « barbares ,» et il a traduit les mots ^\U J>y

tchiny-chou , «fines tueri,» par «entreprendre une campagne contre « les barbares ! »

2° Il fait des mots C* Jf& kong-liu les deux nominatifs «pa-

«lais» et «chaumières.» Cependant le premier est au génitif et le second au locatif. Ils signifient littéralement : « dans les postes ou « corps de garde du palais. » (Cf. § 55.)

3° Il rend le verbe /r*g so, « passer la nuit, » par les mots «lieux de stations,» et le verbe -jêr* iveï, «protéger, monter la « garde , » par « loger des troupes. »

à0 II déplace les deux mots -pg- ffe liang - sse, littéralement

«mesurer les choses,» qui appartiennent à la phrase suivante, et les rend par : « s'ils sont reconnus propres à cet usage. »

|f *"ft £UK * H A.

« On lève des soldats suivant les besoins du ser- « vice; on leur promet des récompenses et l'on attend « qu'ils viennent d'eux-mêmes. »

M. Pauthier : « S'ils (les lieux de stations ) sont re- « connus propres à cet usage (c'est-à-dire à loger des «troupes), on appelle aux armes les divers districts, « ou bien on leur permet d'attendre l'issue de la cam- «pagne et de rentrer dans l'intérieur. »

Le mot LbJ& liiouen, littéralement «suspendre en haut,» veut diïe ici « montrer de loin , promettre. »

i° M. P. n'a pas entendu un mot de ce passage. J'ai signalé plus haut (S 1 17, n° 4) son étrange version des mots -ppC -Efc liang-sse,

qui veulent dire ici : « suivant les besoins du service. » Ce qui suit est encore plus grave. Il a confondu deux membres de phrase séparés, et a pris le verbe iB-f* hiouen, «suspendre en haut,» c'està-dire promettre, pour le substantif leJzè hien, «district» (qui s'écrit de même). Il en a fait le régime direct des verbes Jfê\ -^Êsz. tchao-mou, «lever des troupes,» qui forment un sens complet, et a traduit : « appeler aux armes les districts ! »

20 II a passé le mot je tchang, «récompenses, » régime direct du verbe JBJ& hiouen, « suspendre en haut, promettre, » dont il a fait le mot « district. »

3° Le mot /f^f taï veut dire que le roi attend que les soldats

s'enrôlent d'eux-mêmes (littéralement «entrent» 7\ji) et ne ^es

prend point de force. M. P. a supposé que ce mot se disait des soldats qui attendent l'issue de la campagne.

4° Il rend le mot 71 ji, «entrer,» c'est-à-dire s'enrôler, par: « rentrer dans l'intérieur. »

u Les gouverneurs, les ministres, les magistrats et ules employés reçoivent chacun une certaine quantité de terres. Ils consomment seuls les revenus u de leurs domaines. »

M. Pauthier divise ce passage en deux, et commence son paragraphe xvn par la seconde phrase; il traduit : « ( Rentrer dans l'intérieur ) pour aider les « ministres et la foule des magistrats T ainsi que ceux «qui les assistent dans l'accomplissement de leurs « devoirs, h

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