S XVIII. DES ALIMENTS, ETC
n II est une espèce d'aliment qu'il est ordonné de ne « préparer qu'en dehors des faubourgs des villes par « la pression. »
On voit que M. P. n'a rien compris à tout ce passage.
i° Les mots fi/S' p^ tan-chi signifient simplement «manger. » Il les rend par «manger jusqu'à satiété. »
2° Le mot Zj-çf souan veut dire ail, aulx; il le traduit par poireaux.
3° Il rattache le mot 4Sm* hi , « rare , » qui se rapporte à l'action
de manger, «T^comedere (caepas) rarum est,» au mot ;IË? kia,
«dans la maison,» qui commence le membre de phrase suivant, et traduit : « mais dans un petit nombre de familles ! »
k° M. P. se trompe encore sur les règles de position; car si, par
impossible, les mots /ffifT ^}^ hi-kia signifiaient « dans un petit
«nombre de familles,» ils seraient nécessairement placés avant le
verbe yfiS "â* tan-tchi, «manger.» En effet, la syntaxe veut
que les mots, qui par leur position sont au cas locatif, soient placés invariablement avant les verbes dont ils sont le complément indirect
5° Il commence son § xviu par les mots ^tj "É3* Jf4 ypoa-
chi-tche, « s'il y a des personnes qui en mangent, » et les traduit par
«il est ( /£j yeou) un aliment ( "T^ JfH chi-tche),» comme si
les mots "&* ^S* chi-tche, «qui comedit» (celui qui mange) pouvaient signifier un aliment!
6° H rend le mot /E3^ ling, «on leur ordonne (de sortir),» par «il est ordonné (de préparer cet aliment).»
7° Il suppose que le mot RjlJS hiu, «chasser, expulser violem-
«ment,» signifie ici «pressurer» (comme lorsqu'on presse le fromage) , et traduit : « par la pression ! »
« Ils se nourrissent ordinairement de gâteaux de « farine de grains torréfiés , dans laquelle ils mêlent m de la crème, du beurre, de la cassonade, du sucre ï< solide ou de l'huile de graine de moutarde.»
M. Pauthier traduit : « (Par la pression ) jusqu'à ce u que l'on en ait extrait une matière sucrée, douce et « onctueuse, que l'on mélange avec sa boisson. Le miel en -(pierre, l'huile ou le beurre clarifié, sont des substances
( 139 ) a onctueuses, qui servent habituellement à ia prépa «ration des aliments.»
i° Il a mis un point entre les signes 7-8 (cassonade) et 9-10 (sucre solide) , qui sont inséparables.
20 II rend les mots ^p j* tchi-yu, a quant à,» par «jusqu'à
« ce que ( on en ait extrait ) . »
3° Il traduit les mots ^zl ^q jeou-lo, «crème,» JET UhtÇ
kao-sou, «beurre,» et V/k MjS cha-tang, «cassonade,» par «ma-
«tière sucrée et onctueuse, très-agréable au goût, que Ton mélange « avec sa boisson. » Il m'est impossible d'imaginer comment M. P. a pu trouver ce sens dont le texte cbinois n'offre pas la moindre trace.
4° Les mots yf~t j!& chi-mi , qu'il traduit par « miel en pierre , » signifient « du sucre dur et solide , » par opposition avec Ip sucre appelé y/O J»fcH cha-tang, littéralement «sucre semblable au sable, » c'est-à-dire cassonade jaune en poudre.
5° Il rend les mots ^p> — Jp» jfn hiaî-tseu-jeou, « buile de « graines de moutarde, » par « sont des substances onctueuses. »
6Q II a passé l'expression /H|l y?!*) ping-tchao , « gâteaux faits
a avec de la farine de grains torréfiés , » qui est le mot le plus important de la pbrase.
70 II rend les mots **2* D/T mEf- tchang-so-chen, «c'est ce
«qu'ils mangent constamment , » par «servent habituellement à la « préparation des aliments. »
« Le poisson , le mouton , le daim , le cerf, se servent en tout temps, soit en pièces, soit découpés « en tranches, »
M. Pauthier traduit: «Le poisson, le mouton. « les daims et les cerfs , sont préparés en aliments dans « les saisons convenables, et forment des provisions . »
i° Il rend le mot JÏEE chi, « en tout temps, constamment, » par « dans les saisons convenables. »
2° Il rend le mot fis tsien, «être servi sur la table, » par «être « préparé en aliment. »
3° H traduit les mots yèf hiao, «viaude avec ses os,» et "jïjy tse, «viande désossée et découpée , » par « former des provisions. »
«Quant aux quadrupèdes appelés bœufs, ânes, uéléphants, chevaux, porcs, chiens, renards, loups, « lions , singes , la loi défend de les manger. »
M. Pauthier : «Le bœuf, le mulet, etc. tous ces (( animaux à poils et à crinière, classés ensemble dans la ^mêrne catégorie, sont sans saveur ou n'en ont qu'une « très-fade. »
Je ne m'arrêterai pas à relever l'expression « animaux à poils et à « crinière , » au lieu de « quadrupèdes ; » les fautes qui suivent sont d'une gravité extrême.
i° Le mot K|ga lia signifie âne, et non mulet.
2° wM li veut dire « loi » (mot à mot : « d'après la loi , en vertu de
«la loi, on ne les mange pas»). H rend ce mot par «être classé dans «la même catégorie, >> en parlant des animaux qu'on vient d'énumérer.
2° lî ne s'est pas aperçu que le mot \H? weï [vulyo saveur) devient, par sa position , le verbe « savourer, » et qu'il forme avec ftv^
tan , qui suit , le verbe « manger, d Ainsi les mots jfjf Mç WK wou-weî-tan , signifient « ne pas manger, » et non « sont sans saveur ! » 3° Il a lu y^jS tan, «fade, insipide» (Basile, n° 5,o48), pour nj ian ' B manger> * et au ^eu de dire ft quon ne mange pas la « chair de ces animaux , » il a écrit « qu'ils ont une saveur fade! »
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mmift é°È ë a ».
« Ceux qui en mangent sont couverts de mépris et « de honte , et ils deviennent pour tout le monde un a objet de haine et de dégoût. Repoussés de la so- <( ciété, ils vivent en dehors des murs de la ville, et (t ne paraissent que rarement parmi les hommes. »
M. Pauthier traduit : « Ils sont insipides et nau- «séabonds. La lie du peuple, qui est regardée, par (des classes supérieures, comme souillée et dégradée u par toutes sortes de vices , qui habite en dehors des «faubourgs, et paraît très-rarement au milieu de « l'autre population. . . . »
i° M. P. n'a rien compris à cette phrase. Persévérant dans l'erreur signalée plus haut , il rend les mots \$S "ï{Ef tan-tche (qui comedunt) \ «ceux qui en mangent,» par: «ils (ces animaux) sont insipides et « nauséabonds ! »
2° Il suppose que les mots fëH\ pi, «mépriser,» et Jji|\ tchi.
«avoir honte,» qui terminent le second membre de phrase et deviennent passifs par position (être méprisé, être honni) , signifient : « la lie du peuple ! »
3° Il rend le mot ^ÎC' tchong, «la foule, la multitude,» par «les o classes supérieures. »
4° H n'a pas compris l'expression Kv ■EË' ping-kiu, littéralement : « étant expulsé , demeurer, » il traduit : « qui habite. »
m^K $Uj ni a) ifc &.
«Passons aux différentes sortes de vins et de lice queurs. Le jus des raisins ou de la canne à sucre « est le breuvage des Kchatriyas.... r>
M. Pauthier : «Si elle (la lie du peuple — voyez « î 3 1 , 2°) boit des liqueurs fermentées , elle les dis- « tille pendant une nuit , à la dérobée, et la saveur la «plus succulente se perd et se dissipe. On distingue ceci pendant le vin fait de grappes de raisin et la li- « queur produite par la canne à sucre, que boivent « les Kchatriyas. »
M. P. n'a presque rien compris à ce passage.
i° Le texte chinois signifie littéralement: «quant aux différences « des vins et aux sortes variées des liqueurs douces, etc. » On voit qUe l'auteur passe à un autre sujet. M. P. a rattaché les dix premiers mots de cette phrase à la précédente , et les rapporte à « la lie pu peuple , » dont l'auteur ne dit pas un mot.
2° Il divise l'expression yÏÏy |§fr thsieou-li, «vin distillé» (voy. le Chou-Mng, chap. Youeï-ming , 3e part.); il fait de la première syllabe, an substantif, et de la seconde , un verbe actif, et traduit : yÏÏçj
Isiéou, «les liqueurs fermentées, » ?§j=|- H, « elle les distille pendant la
« nuit-, » puis il rend lé mot ^|E£ tch'a, « différence, .» par « à la dërb-
«bée. » Je ferai observer que si le mot rg|| fc/i'fct avait ici le rôle
adverbial que M. P. lui prête, il faudrait que, suivant l'usage constant, il fût placé devant un verbe (Cf. Rémusat, Gram. chin. S 177.)
3° Il rend le génitif Yjfê* Pjfc tse-weï, «deè liqueurs» (littéralement : « des choses douces » ) , par un nominatif : « la saveur la plus « succulente. »
4° Il divise en deux l'expression V^f? Slf lieou-pie, «différentes «sortes, » et traduit : « (La saveur succulente) se perd et se dissipe ( VÎfF lièon!f. 9 Puis commençant la phrase suivante par la seconde syllabe du mot composé Vît? SjJ lieou-pie «différentes sortes,» il
traduit: «on distingue ( 5j| pie) cependant le vin. »
« Cependant les vases dont elles (les basses classes) « se servent diffèrent par la façon ou la matière. »
M. Pautllier : « Ceux qui ont^e X aisance Se seiDent «de vases et d'ustensiles de ménage formés d'une « substance travaillée avec art ; lorsque ces ustensiles a sont endommagés... »
i° Il a divisé en deux, l'expression "p* Epi tse-jong, «se servir
« de. » Il rend la première syllabe *fêf tse, par « avoir de l'aisance, » et la seconde, Epi yong, par « employer. »
20 II confond le membre de phrase terminé par jT* khi, « vases, » avec le suivant , dont il prend seulement les deux premiers mots TtT ?p| hong-tchi «la façon et la matière;» il considère 7t7 kong, «fa-
« çon, » comme un participe passif, et traduit : « (vases) formés d une t substance ( ^3 tchi) travailiée avec art ( 7t7 kong).i
Si les mots JMj f&£ kong-tchi avaient ici cette signification , ce seraient de véritables qualificatifs , et ils devraient par conséquent être placés avant -^M^ khi, «vases.» (Conf. Rémusat, Grain. Chin. §95.)
3° Il détache les deux derniers mots du second membre de phrase <^pT y/K yeou-tchu « avoir, offrir de la différence, » et les construisant avec les mots A~r %rfî\ chi-we, « ustensiles, » qui commencent le troisième membre de phrase , il les traduit par « être endommagé. »
Le lecteur na pas oublié que M. P. a déjà rendu plusieurs fois le mot yrjfc tchu, a différent, différence,» par « être détruit. » (Conf. §3, 20, et S 20, 3°.)
uLes Indiens sont abondamment pourvus d'us- « tensiles appropriés aux besoins de chaque saison. »
Littéralement : « L'appareil des ustensiles de mé- « nage suivant les temps ne manque pas. »
M. Pauthier : « Lorsque ces ustensiles de ménage « sont endommagés , ils ne s'en laissent pas manquer « suivant les circonstances. »
J'ai expliqué plus haut (S i33, 3°) , l'origine de la faute qu'il a commise en rendant les mots /fcf Vyfc yeon-ichou, « être différent, » par « être endommagé. »
ulls se servent même de chaudrons en métal, « mais ils ne connaissent pas les marmites en terre <( cuite pour préparer les aliments. Ils ont beaucoup « de vases en argile séchée. »
M. Pauthier : « Quoique ce soient des vases de « métal, sans pieds, dont ils se servent, et qu'ils pré- « parent leurs aliments dans des vases de terre cuite , uils ne connaissent pas ces nombreux vases en po- (( terie. »
i° Le mot œffc souï veut dire ici «même, » et non « quoique. »
2° M. P. a confondu deux phrases ensemble. Il a pris deux mots
du second membre de phrase )Wâ* w|b tchoui-tseng , littéralement :
« cuisant les aliments - les marmites en terre, » et il a traduit : « ils « préparent leurs aliments dans des vases en terre cuite. » L'auteur dit au contraire « qu'ils ne connaissent pas ces marmites en terre « cuite. »
3° Puis, construisant les deux derniers mots Jp[ 4jH m°-
tchi, « personne ne connaît » (ces marmites en terre cuite) , il les construit avec les quatre mots dont se compose le troisième membre, et
traduit : «Ils ne connaissent pas ( J§=î 4*ÏÏ mo-tchi) ces nombreux
« vases en poteries. »
4° H a fait du nominatif ^ ^§^ to-khi , « nombreux vases , »
le régime direct du verbe 4jy tchi, «connaître,)» qui termine h membre de phrase précédent, et a pour régime les mots W/Â* J. A. Extr. n° 8(i8/n). 10
tchouï-tseng, « quant aux marmites en terre cuite pour préparer les ali- «ments, personne ne les connaît. »
5° Il rend le mot ~pj\ -jh peï-thou , « argile séchée au soleil et
« non cuite au four, » par «poterie. » Le mot poterie, qui peut s'appliquer à des pots de métal (on dit, par exemple, «poterie détain ») ou de terre cuite au four, ne peut donner ridée « d'argile séchée au so-
« leil , » que présentent les mots T/ -p peï-thou.
# ffl # m.& p:iiM
«lis font rarement usage du cuivre rouge; iis « mangent dans un seul vase. »
M. Pauthier n'a pas compris le second membre de phrase; il le confond avec le premier, et traduit : «Ils se servent rarement de vases en cuivre rouge « pour prendre leurs aliments. »
i° M. P. a confondu le mot f^jHJ toiuj, «cuivre,» qui termine la première moitié de cette phrase, avec le mot "1^" chi, «manger,» qui commence la seconde.
2° Il a passé les mots y J • "p^ i-i-khi, «ils se servent
« d'un seul vase , » et a fait disparaître cette observation que les Indiens ne font pas usage de plusieurs plats , de plusieurs vases , pour manger les différents mets dont se compose leur repas.
«Ils apprêtent leurs mets avec divers assaisonneif ments, et les prennent avec les doigts. Ils n'ont «jamais de cuillers ni de bâtonnets.»
M. Pauthier : « Ils goûtent de tous les mets avec les «doigts de la main; ils prennent ou distribuent les « aliments sans cuillers ou bâtonnets. »
Les quatre premiers mots ^55" 03ç /JmEj Hf/Bl tchony-weï-siangtiao , forment un sens complet. M. P. a pris les deux mots -^» ig cheou-ichi , « avec les doigts de la main , » qui commencent la phrase suivante, et en a fait le complément indirect des mots ^s0 gfji| « mêler, combiner ensemble , » expression qu'il traduit par « goûter. »
2° Il a rendu les mots sfâ' O^P tchong-weï, «assaisonnements « nombreux, » par « tous les mets. »
3° Après avoir confondu les mots -^* Zptj chrou-tchi, «doigts
«de la main,» (qui se construisent avec m^t Py^J tchin-tcho , «pui- «ser, prendre») , avec AsH g'Ej siang-thiao , «mêler, combiner en- « semble , » il s'est vu dans la nécessité de construire les mots .$£*• lll^ chin-tcho, «puiser, prendre,» avec les quatre mots suivants,
Wrt jffr. iA -y£- Uo-wou-pi-tchou , «ils nont ni cuillers ni bâtonnets , » qui forment seuls un sens complet.
4° H a divisé en deux les mots -+rfcif Éjw qui forment le verbe composé «puiser,» et les a rendus par «prendre ou distribuer »
«Quant à l'or, l'argent, le laiton, le jade blanc,
( 148 ) « les perles de feu , ce sont des produits indigènes ; « on les voit entassés avec profusion. »
M. Pauthier : « Si nous arrivons aux métaux, i'or, «l'argent, la pierre de iu ou le jade, le jaspe, les « perles de feu ou la nacre, sont produits par le sol « ( de l'Inde ) ; on en rencontre partout où l'on se « trouve, et en grande abondance. »
i° Il n'est pas exact de ranger parmi les métaux les cinq produits énumérés plus haut, au nombre desquels se trouvent une sorte de pierre (le jade) et du cristal.
2° M. P. prend pour du jade le laiton, ™|M yf~\ theou-chi (mots
qu'il prononce iu-chi). ( Conf. Encyclopédie japonaise , liv. LIX, fol. i3; Rémusat, Notices des manuscrits, tom. XI, pag. 232 ; ïbid.
n° 2 3. ) Suivant le Dictionnaire de Khang-hi , on fait du tfm{{ s\~\
theou-chi artificiel en combinant, par parties égales, le cuivre et la calamine.
3° Il prend le jaspe pour le jade.
k° H prend pour la nacre les lentilles de cristal ou de verre appelées perles de jeu, dont on se sert pour allumer, aux rayons du soleil, l'armoise sèche destinée à brûler la peau dans l'opération du moxa. (Voyez YEncycl. jap. liv. LX, fol. 5.)
5° M. P. a divisé en deux la phrase î
mi-fo - ing-tsi, « (ces cinq produits) sont entassés en abondance;» il
n'a pris ici que les deux premiers adverbes C|NÎ /\£ mi-fo, « en
« abondance , » qu'il a rendus par : « on en rencontre partout où Ton t se trouve et en grande abondance. »
6° H a commencé la phrase suivante par l'expression ei*r Tg
ing-tsi , « être entassé , » qui termine celle-ci. De cette manière , il a été obligé de rendre ces deux verbes activement, et de leur donner pour
régime direct les nominatifs j^ -S* 38- =j|g tchin-ki-tsa-
pao, «les différents joyaux , précieux et rares» qui commencent la phrase suivante.
n # m êM m » #.
w i: è nr.'» tx m m.
«Une foule de choses rares et précieuses, diffé- « rentes d'espèces et de noms, viennent des îles. Il « leur est facile de s'enrichir. »
M. Pauthier : « C'est comme si l'on y avait entassé <( les choses les plus précieuses et les plus extraordi- « naires , les plus variées et les plus rares ; mais tous «les noms m'échappent. Ces objets rares viennent « des golfes de la mer ; on s en sert dans les relations « commerciales pour se procurer des objets d'échange. »
i° M. P. ainsi que je l'ai dit plus haut (6°) , a commencé cette phrase par les deux derniers mots du membre de phrase précédent, qui, par leur position, sont à la voie passive (ils sont entassés) ; il les rend par « entasser, » et leur donne pour régime direct les quatre premiers mots de cette phrase-ci , qui sont au nominatif.
2° Il ne s'est pas aperçu que , dans l'expression Wtr, =||Ç tsa-
pao,lemot Mœ p'ao est un substantif, «joyaux,» dont les trois
mots précédents sont les qualificatifs-, mot à mot : ^pg p'ao, «les
«joyaux,» +-X tchin ,« précieux , » -t=jf* khi, «rares,» 4t$k tsa,
avariés,» et il rend ces quatre mots Jfc T^f* Thffc ^jÛJf tchin-khiréa-p'ao par «choses précieuses Çjfa tchin), choses extraordinaires
« (-tjp/c/u) , choses variées ( AftE tsa) , choses rares ( =||3 p'ao).»
3° Les quatre mots suivants -K£ 2pp V/fc ^f\ i-louï-tchounung signifient « dont les espèces et les noms sont différents ( varias «species, varia nomina).»
Il a passé les trois premiers mots •$?». 3pjr^ Y/K i-louî-tchou ,
« variae species , varia » puis, construisant le mot ^X ming,
a nomina , » de l'expression V/fc ^sL tchou-ming, « varia nomina , » avec le mot \j~\ tch'ou, «sortir» (ces produits sortent, c'est-à-dire viennent Je), il traduit : «mais les noms ( ^/Ç m'ing) M'Échappent «( {£J tckou!).»
4° H a rendu l'expression Jtgt jjM hai-iu par « golfes de la «mer;» ici elle veut dire «les îles.» Ce sens est confirmé par ce passage du Chou-hing (chap. I-tsi) : ÇjS -y^ J^ J^ ~j^
5j ~^p yS JfK jg» >^p ti-kouang-tien-tchi-hia-tchi-iu-
haï-iu-tsang-sing , «Que l'empereur illumine (par sa vertu) le des- « sous du ciel ( c'est-à-dire de l'empire ) ; qu'elle parvienne jusqu'aux « peuples nombreux des îles de la mer. » La version tartare-man-
dchoue rend les mots ffit j)S haï-ju par A-2-^ VJ ^ p^-^. mederï
ioun , expression que tous les dictionnaires mandchou-chinois rendent
Par Trïfc fin naï~tao' «îles des mers.» Le dictionnaire tartare-
mandchou Thsinq-wen-lonï-chou l'explique de même : « terre située « au milieu de la mer, d'un fleuve ou d'un lac, entièrement entourée « d'eau et qui n'a aucune communication avec la terre ferme. » On peut comparer le Miroir impérial de la langue tartare-mandchoue, liv. II, fol. 4o r.
5° J3* y] w,« il leur est facile» (de se procurer des richesses).
Suivant le dictionnaire Pin-tseu-tsien . le mot E=* ho, « richesses, »
comprend l'or, l'argent, le jade et les étoffes de soie et de toile.
De même que jflrE y J nan-i signifie il est difficile de (conf. § 52, 90 : il est difficile de rapporter cela en détail) , l'expression if?* yj i-i signifie ici il (leur) est facile de. On lit encore dans notre voyageur (liv. IX, fol 16 v. lin. 9): Jg* y\ EJ£ -=?éz i-itch'ing-nie , « il leur était facile de réussir dans leurs études. » Pour que le mot Jj9* i puisse se traduire par échanger une chose contre une autre, il faut qu'il soit précédé de yl i et de la chose qui sert
de moyen d'échange, et suivi du nom de la chose que ion échange
ou de la particule relative "V* tchi, «cela,» qui tient lieu de ce
régime direct. Meng-tseu, liv. I, cap. v, S 26 : «Quel bonnet porte « votre maître ? — Un bonnet de soie unie. — Le tisse-t-il lui-même?
« — Non; il l'échange contre du millet,» y] .§£ Jfrt \£
i-sou-i-tchi M. P. a cru que le mot J&* i signifiait ici relations
commerciales. Il paraît ignorer la règle de position exposée plus haut,
et d'après laquelle on reconnaît infailliblement si le mot i veut dire facile ou échanger.
6° Il a traduit le mot 1=| ho , « richesses , » par objets d'échangt
(Voyez plus haut, 5°.)
W § Z MM à $ B>
m # n ft.ffi m m m.
« Ainsi donc j'ai fait connaître d'une manière «complète l'emploi (varié) de leurs richesses, les «échanges du commerce, les monnaies d'or et d'ar- « gent, les coquilles à perles et les petites perles, les « frontières de l'Inde et ses limites territoriales.
« J'ai noté sommairement les différences du climat « et du sol; j'ai groupé ensemble les détails qui se
( 15'2 ) v rattachent au même sujet, et j'en ai présenté un ^résumé succinct; enfin, en traitant de chaque uroyaume, j'ai eu soin de décrire les différents « modes d'administration, et les mœurs diverses des « habitants. »
M. Pauthier : « Ces objets sont employés dans le <( commerce au lieu de monnaies d'or et d'argent dont « ils ne font pas usage. Les perles grandes et petites <( se récoltent sur les rivages et les frontières de l'Inde , a dans des contrées particulières ou des hommes sont en- «voyés exprès pour les chercher. Le plus souvent ces «perles sont enfilées ensemble, et par ordre, dans un « même fil. Généralement parlant , une administration «différente et des mœurs également différentes (de celles «des Chinois) appartiennent à ce royaume dont nous «venons de nous entretenir. »
i° M. P. a cru que les choses précieuses dont on vient de parier plus haut étaient généralement employées par les Indiens dans leurs transactions commerciales, au lieu de monnaies, etc.
Notre voyageur dit, au contraire , de la manière la plus formelle, que les habitants de l'Inde faisaient usage de monnaies d'or et d'argent
Je vais expliquer, n° 7, comment M. P. a été conduit à dire le contraire, savoir, qu'ils ne faisaient pas usage de monnaies d'or et d'argent.
20 II a mal ponctué la première ligne, et c'est peut-être là la cause des erreurs qu'il a commises au commencement de ce passage.
H a regardé le mot *$fc jen comme une particule finale appartenant au membre de phrase précédent.
3° Il a placé un point (o) après le génitif £e* ho , «richesses»
(divitiarum) f et en a fait le nominatif objets (d'échange). (Voyez Si 39, 6°.)
k° H a construit le mot Epi yong, «l'usage, l'emploi,» dernier
mot du premier membre de phrase , avec les deux premiers mots du
suivant, <É\r ^r!« kiao-thsien. Il a traduit: «ces objets sont em-
« ployés dans le commerce. » Il a fait ainsi le verbe passif être employé du substantif emploi ( l'emploi de leurs richesses ) .
5° Si les mots -<a£ -Jp| kiao-thsien ( voyez leur sens 70 ) signifiaient dans le commerce et étaient dans la dépendance du mot Bbj
yong ( dans le cas où ce mot signifierait être employé ) , ils devraient nécessairement le précéder.
6° Il a passé le mot sË-î ye°u > « ce qu'on a. »
70 L'expression <£? \ffi /c\ jw. kiao-thsien-yeou-uôd si-
gnifie l'action d'échanger mutuellement {-^r XpÉt kiao-tsien) ce
qu'on a ['/tzï yeou) contre ce qu'on n'a pas ( im. won) ■ Il a construit le régime direct -fffi wou, «ce qu'on n'a pas,» avec les mots 'Zp. ïïliL aIr. W*k kin-tsien-yn-tsien , « monnaies d'or, monnaies d'ar- «gent,» qui commencent le second membre de phrase, et, le rendant par «ne pas avoir,» il a entendu qu'ils « n'avaient pas (j[2£