‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 107 sur 139 · DÉFENSE QUE FAIT JÉSUS DE DIVULGUER SES MIRACLES · texte numérisé non relu

DÉFENSE QUE FAIT JÉSUS DE DIVULGUER SES MIRACLES

Si les miracles que les évangélistes attribuent à Je- § ont pour but de manifester sa divinité et de prouver 'il est le Messie, pourquoi ces mêmes évangélistes, in excepté, lui font-ils répéter si souvent la défense divulguer ses œuvres miraculeuses, et même d\anicer qu'il est le Christ? On peut voir de nombreux »inples de cette singulière défense dans Matthieu,

8, v. 4; rh. 9, v. 30; ch. 12, v. 16; ch. 16, v. 20;

17, V. 9; dans Marc, ch. l«^ v. 43 et 44; ch. 5, t3; ch. 7, V. 36; ch. 8, v. 26 et 30; ch. 9, v. 8; et s Luc, ch. 5, V. 14; ch. 8, v. 56; ch. 9, v. 21 (2). Le

if de la modestie ne saurait être allégué; car la l*^<5tie qui irait directement contre le but que les

in-élistes attribuent à Jésus et auquel ils le font

Cette recommandation de prier sans interruption se retrouve la 1" ÊpUre de saint Paul aux Thessalonkiens, ch. 3, v. 17.

On trouve cependant, dans Marc, ch. 5, v. 19, et Luc, ch. 8, , une recommandation contraire, adressée au démoniaque j*aurai à reparler bientôt, au § 21.

tendre, n'aurait point de sens. Ces observations n autorisent aucune conclusion contre Jésus, qui étaii humble sans doute et ennemi de l'ostentation; nuils elles concluent contre le rôle que lui font jouer \ê> évangélistes. Lorsqu'il leur défend d'annoncer qu'il e>î le Christ, il ajoute, comme motif de cett« défeav-, qu'il lui fallait aller à Jérusalem afin d'y souffrir la persécution et la mort (Matthieu, ch. 16, t. 20 et 21: Marc, ch. 8, v. 30 et 31 jet Luc, ch. 9, v. 21 et 22. Cela revient à dire qu'il voulait retenir ses ennem:dans leur aveuglement. C'est toujours cette mèm^ théorie immorale de l'endurcissement causé directement par la volonté de Dieu, dont nous avons déjà e : et dont nous aurons encore d'autres exemples. Aure^îe. la plupart des défenses que fait Jésus de divulguer <cs miracles sont accompagnées de circonstances qui trahissent le narrateur. Par exemple, c'est en pri^y^y d'une grande foule que Jésus guérit le lépreux à qui 1 recommande de n'en parler à personne (Matthieu, ch>. V. 1-4) , et qui va immédiatement en publier la nou'^ell- (Marc, ch. 1®^, v. 45) ; les deux aveugles à qui il rev la vue et à qui il fait ensuite la même recommandâîi< . r avaient suivi en criant^ et à peine l'ont-ils q-û^ qu'ils s'en vont répandre la nouvelle de leur guéris (Matthieu, ch. 9, v. 27-31) ; après qu'il a rendu \vx et la parole à un sourd-muet, les gens pubhent le n : racle d'autant, plus qu'il le leur défend davantage (Mx^ch. 7, V. 32-36).

§ ?• — GUÉRISON d'un paralytique

Matthieu, ch. 9, v. 2-8, rapporte la guërison d'un paralytique qu'on amène à Jésus et qui s'en va emportant lui-même son lit. Marc, ch. 12, v. 2-12, et Luc, ch. 5, V. 18-26, rapportent le même miracle, mais en ajoutant à la narration fort simple du premier évangéliste des détails d'exécution auxquels personne n'aurait pensé. Jésus est dans l'intérieur d'une maison; mais les abordi^ extérieurs en sont tellement encombrés par la foule, qu'il devient impossible aux porteurs du paralytique de l'introduire par la porte. Que faire donc? Attendre, direz-vous, que la foule se soit dissipée ou réclamer l'intervention du maître de la maison ou de Jésus pour obtenir passage. Ce sont là des moyens trop peu dramatiques. Nos porteurs montent le paralytique avec son lit, ne demandez pas par quelle voie ni par quelles poulies, sur le toit même de cette maison dont ils ne pouvaient pas approcher, puis ils le font descendre, toujours avec son lit, à travers le toit dans (a partie intérieure où se trouvait Jésus. A la vérité les maisons de TOrient ont des terrasses et des platescormes et non pas des toits comme les nôtres ; mais y aire parvenir un paralytique dans son lit autrement lue par les passages intérieurs et ordinaires n'en est >as moins une manœuvre difficile à comprendre. Enfin e récit du second évangéliste contient un incident tout fait inattendu : tandis que Luc se contente de dire ne les porteurs descendirent le malade à travers les liiles, V. 19, ce qu'on peut absolument entendre de ouverture par laquelle on communiquait de l'intérieur la terrasse, Marc nous les montre enlevant la toi- '^Te et pratiquant une ouverture^ v. 4, pour y faire

passer le lit, sans s'inquiéter de savoir si cette démolition convenait au maître de la maison et surtout si eue n'était paS de nature à blesser les gens qui se trouvaient dans Tintérieur. Quand les apologistes chrétierront la bonne fortune de rencontrer dans les livres «sacrés des autres religions des récits de cette force e* même d'une force moindre, on sait quels beaux écb^de rire ils font entendre et si les plaisanteries ronm. ils savent en faire tarissent.

g 8. «- 6CÉRIS0N DE LA FEMME AU FLUX DE S.VNG

Les trois premiers évangélistes racontent le mira de la guérison de la femme au flux de sang par simple attouchement de la frange de la robe de Jésn- Chez Matthieu, ch. 9, v. 20-22, cette femme s'approc— par derrière, et touche le bord de la robe ; Jésus > retourne et lui dit que sa foi Ta sauvée. C'est la narration la plus simple. Chez Marc, ch, 5. v. 2o-Sl. - Luc, ch. 8, V. 43-48, la femme avait en vain dépe^toute sa fortune pour se faire guérir par les médecii:^ A rinstant môme où elle touche par derrière la fi'ar^de la robe, elle est radicalement guérie. Mais Je-' qui s'aperçoit aussitôt qvL une puissance sort de luiiV'^ v. 46), demande qui l'a touché. Il devait le savoir * vertu de sa science suprême. Mais alors pourq*. feindre de Tignorerî Ses disciples s'excusent. femme se déclare en tremblant, et alors Jésus lui que sa foi Ta sauvée. Les évangélistes attribuent or naireraenlles miracles de Jésus à des actes exprès d-' ''Olouté supérieure, qui commande à la nature. M-

ERREUUS, INVRAISEMBLANCES, DERAISON 359

ici c'est une puissance, une vertu, une propriété, qui sorû de sa personne (comme si une puissance pouvait entrer ou sortir), qui est imprégnée jusque dans se» vêtements, et qu*on peut dérober par. le simple contact physique. Assurément il n'est pas de superstitions qui ne soient légitimées par la croyance à un pareil miracle.

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