VENUE PROCHAINE DE JÉSUS APRÈS SA MORT
D'après Matthieu, ch. 16, v. 28, et ch. 24, v. 34;
arc, ch. 8, v. 39, et ch. 13, v. 30; et Luc, ch. 9,
27, et ch. 21, v. 32, Jésus prédit, de la manière la
us expresse et la plus claire, qu'il reviendra prochai-
ment sur terre, pour y établir le règne de Dieu. Il
clare non-seulement que la génération des hommes
>rs vivants ne passera pas sans que cet événement
lieu, mais que, parmi ses auditeurs mêmes, il en est
I lie mourront pas sans le voir venir en son règne. Le
itrième évangile ne dit rien à cet égard d'aussi pré-
cis, et ce silence peut paraître d'autant plus surprenant qu'on lit, au chapitre 13, v. 3, de Marc, queJew aurait été le seul des évangélistes qui aurait entenin cette importante prédiction de la. bouche du Ctet. Est-il croyable que Jésus eut fourni contre lui unarpment si prochain et si péremptoire? Quoi qu'il en ?on. cette prédiction paraît avoir été prise à la lettre dans les premiers temps de l'Église chrétienne, et comDe elle ne se réalisait pas, elle fournit matière aux railleries des payens et causa de grands embarras aux cbeî>. ainsi qu'on peut le voir dans des textes nombreux (Paul, Épttre 1'® aux Thessaloniciens, eh. 1^, v. 10. et ch. 4, V. 13-17 ; Épttre 2^ aux mêmes, ch. 2, v. W: Jipttre aux Hébreux, ch. 10, v. 37. Jacques, i|pi?r^ catholique y ch. 5, v. 7-9. Pierre, Épitre 1*^, et ^ V. 7 et 17, et Épttre 2«, ch. 3. v. 3-14. Jean, ÉpîtriVch. 2, V. 18 et 28, ch. 3, v. 2, et Apocalypse, ch. 2:' passim. ) Cependant des chrétiens attendaient encitr la venue glorieuse de Jésus-Christ sur la terr^. npas seulement vers le milieu du ii® siècle, comme on V voit dans saint Justin (1), mais au commencement <i IV® siècle, ainsi que nous l'apprend un passage où Li' tance, invoquant jusqu'à ces oracles sibyllins que i< critique tient pour évidemment supposés (2), décrit 1^
{h) Hpôç T/îuywva toy<^«cov <fc«V/oç, Paris, 1615. Saint Jost appuie sa croyance sur Je passage du chapitre 65, ▼. 47-25, d'Isj qui se termine par cette merveilleuse promesse : « Le loup* « l'agneau pâliront ensemble, le lion mangera de la paille nsBr^ « le bœuf, elle serpent se nourrira de poussière. » Voir aussi chapitre il, v. 6-8. Quelques années plus tard, saint Irenée e seignait la même doctrine. (Contra hœreses^ livre 5, A. 34-^' Paris, 1710.) La prochaine apparition du Bouddha siamois oc F" * duira pas de moindres merveilles, (Pallegoix, Grmmaticê H»^*^' Thai , ch. 30 , Syatema Buddhicum secmdàm SiamenseSt fe^' kok, 1850.)
(2) Les chrétiens qui suivent le rite romain les invoquent en ^ aujourd'hui dans leur Prose de Pofflcc des morts, Diei me.
rogne de Dieu comme devant réaliser en ce monde l'âge d'or, chanté par les poëtes. Le prince des démons devait être enchaîné pendant mille ans, la lune avoir Téclat du soleil et ne plus connaître de déclin, le soleil briller sept fois plus qu'aujourd'hui, la terre nourrir sans culture ses habitants, les loups enfin vivre amicalement avec les brebis. Quant à l'époque précise où devaient se réaliser toutes ces merveilles, Lactance la croyait imminente ; cependant, pour ne pas se compromettre auprès de ses contemporains, il ajoutait qu'elle pouvait absolument se faire encore attendre deux cents ans au plus (1). L'Église, qui est prudente aussi et qui ne voyait pas arriver le règne de Dieu, prit plus tard le parti de condamner l'opinion des millénaires, quoique cette opinion eût son fondement dans les textes sacrés et qu'il fût incontestable qu'elle avait Hé adoptée presque unanimement par les premiers docteurs depuis saint Justin jusqu'à Lactance, et qu'elle avait même encore de hauts partisans à la fin du vi* siècle, comme on le voit dans une lettre du pape saint Grégoire l^, dit le Grand (2). Le millénarisme n'a plus de
(1) 1n$iUia%<mes,\viT^l, ch. 24 et 25, tome II, Deux-Ponte, 1786.
Après le règne de mille ans , le prince des démons devait être déchaîné et venir, à la tète des gentils, assiéger les justes dans la cité sainte. Mais Dieu devait arrêter le soleil pendant trois jours et exterminer les innombrables armées de Satan par des' pluies de soufre enflammé et des grêles de pierres. Après quoi les justes , sortant de leurs retraites , devenaient désormais purs comme des anges, et le règne de Dieu était définitivement et pour toujours établi sur la terre renouvelée. De l'aveu de Lactance, les chrétiens ne propageaient qu'à petit bruit ces rêveries qui excitaient le rire des philosophes du temps. (Jbidem , ch. 26.) Aussi Lactance se venge-t-ll des philosophes en excitant contre eux la colère de Constantin, à qui il décerne les plus magnifiques éloges de xainteté, quoiqu'il approchât d*assez près son illustre maître pour s'apercevoir qu'il lui manquait plus d'une vertu.
'2) L'empereur Maurice venait de renouveler la défense de rc
disciples aujourd'hui que dans quelques sectes peu nombreuses d'Angleterre et des États-Unis.