‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 114 sur 139 · PRÉTENTIONS DES FILS DE ZÉBÉDÉE · texte numérisé non relu

PRÉTENTIONS DES FILS DE ZÉBÉDÉE

Dans révangile de Matthieu, ch. 20, v. 20-24. b mère des deux fils de Zébédée (Jacques le Majeur et Jean TÉvangéliste) demande pour eux à Jésus la faveur d'être assis l'un à sa droite et l'autre à sa gauche lorsqu'il régnera. Dans l'évangile de Marc, ch. 10. V. 35-41 ,' ce n'est pas la mère mais ce sont le> û'.eux-mêmes qui font à Jésus cette demande ambitieu>**. Cette différence ne constitue pas précisément une contradiction entre les deux relations; car, dans celle •- Matthieu, Jacques et Jean sont présents, et l'on n»' voit pas qu'ils désavouent les prétentions orgueilleusede leur mère. Dans l'un et l'autre évangile, Jésus répond : Vous ne savez ce que T(ms demander, et cettrépouseost assurément cequ'ily a de plus raisonnai»]-^ Les dix autres disciples, présents à cette scène, se montrent indignés contre les deux frères, et leurindipi. tion paraît assez légitime, soit que l'indiscrète deman j de leurs collègues eût en vue le royaume uiessianiqi:' temporel , tel que l'entendaient les Juifs , soit mên qu'elle eût pour objet le royaume céleste, tel que lerîtendent les chrétiens. Dans l'évangile de Luc, on a trouve rien qui ait rapport à ce fait; mais il y est dit.

ERREURS, INVRAISEMBLANCES, DERAISON 383

ch. 22, V. 22-30, que lorsque Jésus, célébrant la Pàque avec ses disciples, leur annonce sa passion prochaine et leur apprend qu un d'eux doit le trahir, une contestation (le moment était bien choisi pour cela!) s'élève aussitôt entre eux pour savoir lequel parais-^ sait le plus grand, Jésus leur donne alors une leçon d'humilité qui a été souvent citée , leçon qui se lit aussi dans les deux premiers évangiles, à une tout autre place, à la suite des passages cités au commencement de ce paragraphe (Matthieu, v. 25-28, et Marc, V. 42-45), mais qui se termine ici par des paroles propres à en gâter l'effet ; il leur promet que lorsque son règne sera arrivé , il les fera manger à sa table et asseoir sur des trônes pour juger les doii^ze tribus d' Israël. (Voir aussi Matthieu, ch. 19, v.28.) Certes une pareille perspective était bien faite pour leur inspirer des pensées d'orgueil de la nature de celles qui dictèrent la demande des fils de Zébédée. On peut s'étonner enfin que Jean l'Évangéliste, l'un de ces deux fils qui firent cette demande, n'en ait point parlé. Il est vrai que ce trait , s'il lui appartient véritablement , ne lui faisait pas honneur; mais ce n'était pas pour dissimuler ses fautes qu'il rédigeait son évangile , puisqu'au point de\nie chrétien, il l'écrivait sous l'inspiration de l"Esprit-Saint dont il n'était qu'un instrument passif.

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