‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 115 sur 139 · POURQUOI IL FAUT PAYER LE TRIBUT A CÉSAR · texte numérisé non relu

POURQUOI IL FAUT PAYER LE TRIBUT A CÉSAR

Dans Matthieu, ch. 22, v. 15-22, Marc, ch. 12, V . 13-17, et Luc, ch. 20, v. 20-26, Jésus, à qui des pharisiens hypocrites font demander s'ils doivent payer

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le tribut à César , évite le piège qui lui est tendu, par un faux-fuyant qui excite Fadmiration des tentateurs. Ceux-ci devaient être peu difficiles si leur prétendue admiration n'a pas été simplement le fait des éyangélistes; car la sagacité que montre ici Jésus n a rien que de très-vulgaire, outre qu'elle est d'une moralité équivoque. Il veut que l'on paie le tribut à César, par cette raison que les pièces de monnaie, portant Veffigie de César, lui appartiennent : « Rendez donc à « César, dit-il, les choses qui sont à César, et à Diei « les choses qui sont à Dieu, n Voilà une théorie bien lumineuse sur l'origine et l'exercice de la souveraineté^ politique et sur le genre d'hommage que nous dcTOB.à Dieu ! Zes cJioses qui sont à César ! n'y a-t-il donc ei que de bons princes et que des princes légitimes c*e>Tà-dire tenant leur autorité du choix parfaitement libr^ des populations, qui aient frappé monnaie? Tibère, doiiî c'était peut-être l'image qui était empreinte sur U pièce présentée à Jésus, faisait-il donc alors les délices du monde et en particulier de la Judée , réduiti' perfidement par Auguste en province romaine? Quoi: il suffira à un audacieux destructeur des libertés publiques de faire imprimer sa face maudite sur la riches.^-* métallique d'un peuple pour qu'elle lui appartienne eî propre ! C'est là une question qui méritait d'être traitée autrement par celui à qui l'on a fait une réputatii't de démocrate, justifiée par quelques-unes des pan^le* qui lui sont attribuées, mais contredite par beaucou' d'autres. Cette réponse de Jésus impliquait déjà so> une forme peu voilée la doctrine du droit divin d^^ puissances de la terre , que nous verrons bient4>t d^ veloppée largement par saint Paul (1). On sait quel fréquent usage les prêtres chrétiens ont fait, tour à tor et selon leurs convenances, de la première ou «le

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seconde partie du précepte de Jésus, tantôt pour se prosterner aux pieds des plus odieux tyrans et y entraîner à leur suite les populations égarées, tantôt pour 'ésister à Faction du pouvoir social, exercé même par es meilleurs souverains et dans les vues les plus >ages.

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