‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 128 sur 139 · CHRIST · texte numérisé non relu

CHRIST

Dans sa seconde Épttre, v. 10 et 11, saint Jean recommande aux fidèles d'éloigner de leurs maisons cel'i-

qui n'y apporte pas la doctrine du Christ ; il leur défend même de lui souhaiter le bonjour, parce que saluer un tel homme, c'est, dit-il, participer à ses mauvaises actions (1). Voilà encore un texte qui justifie le fanatisme et l'intolérance religieuse, et qui figure très-bien à la suite de ceux de même nature que j'ai notés dans les évangiles. Lorsqu'un zélé Musulman ferme sa porte à celui qu'il appelle un chien de chrétien, ou qu'il détourne la tête avec horreur quand il le rencontre sur son chemin, fait-il autre chose que suivre ponctuellement, à son point de vue, ces règles de conduite? On doit remarquer que leur auteur est celui des disciples de Jésus qui passe pour avoir reproduit le plus fidèlement, dans ses discours et ses actes, la bienveillance, la douceur et la charité attribuées à son maître, et dont on trouve des témoignages non -seulement dans son évangile, mais dans ses épltres mêmes, notamment dans la première, ch. 2, v. 9-11, ch. 3, v. 11, 14-16 et 18, et ch. 4, v. 7, 8, 11, 12, 20 et 21, où il affecte presque de recommander l'amour du prochain. Si cette recommandation comprend tous les hommes, elle jure avec l'odieuse défense de recevoir chez soi et même de saluer ceux qui pensent en religion autrement que nous ; si au contraire elle comprend seulement quelques individus choisis entre tous, elle est en opposition formelle avec la plupart des enseignements de Jésus, qui, loin d'établir une pareille distinction, va jusqu'à vouloir que l'on aime ses ennemis déclarés, ajoutant qu'il n'y a pas grand mérite à n'aimer que ceux qui nous aiment et à ne saluer que des frères. (Voir, entre autres passages, ceux de Matthieu, ch. 5, v. 44-47, et ch. 22, V. 39; Marc, ch. 12, v. 31; et Luc, ch. 6, v. 27 et 32, quelque difficilement cônciliables du reste

(i) On peut rapprocher de cette recommandation de Jean celle de Paul, Êpîire à Tiie, ch. 3, v. 10.

hSO SECONDE PARTIE

qu'ils soient avec la recommandation du venet 17 du chapitre 18 de Matthieu.) Tout ceci est une nouTelle preuve de ce que j*ai dit au début de la seconde partie de ce livre, et que je suis encore plus autorbé i redire sur le point de la terminer, à savoir que Ton trouve dans la Bible tout ce que Ton veut y chercher, le pour et le contre sur toutes les questions et des armes pour tous les partis et toutes les causes.

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