‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 129 sur 139 · RÉSUMÉ J)E LA SECONDE SECTION · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ J)E LA SECONDE SECTION

Dans la discussion qai précède et qui porte toujours sur des textes que chacun peut vérifier, on a va combien de contradictions et d*erreurs étaient répandues dans les livres du Nouveau Testament. Or ces livres sont le fondement même du christianisme , et comme la vérité ne saurait avoir l'erreur pour fondement, on est forcément amené à reconnaître que la religion chrétienne, non pas seulement telle que ses docteurs l'ont faite, msus lors même qu'elle se composerait uni* quement de ce qui est contenu dans les livres du Nouveau Testament, est radicalement fausse.

Est-ce à dire que je ne trouve rien que de mauvais dans ces livres? Je crois avoir déjà donné de nombreuses |)reuves de mon entière impartialité à cet égard. J'en donnerai encore une, afin qu'il soit surabondamment étabU qu'en attaquant le christianisme, je le fais sans aucune prévention injuste.

Dans Matthieu, on trouve de beaux préceptes sur la réconciliation, ch. 5, v. 23 et 24, de bonnes leçons contre l'hypocrisie et l'ostentation, ch. 6, v. 2-8 et 16- 18; et ch. 23, v. 4-7, 18-15. et 28-28, et d'admirable?»

prescriptions sur l'exercice de la bienfaisance, ch. 25. V. 35-40 et 42-45, prescriptions placées malheoreasement à la suite de cette parabole aux grincements de dents, que j'ai mentionnée plus haut (1), et gâtées par les boucs relégués à gauche et envoyés au feu en corapagnie du Diable et de ses anges, v. 33 et 41.

Je traduirai ici le passage du chapitre 6, v. 2-8 :

« Lorsque tu fais l'aumôme, ne sonne pas de la « trompette devant toi, comme font les hvpocrit^> •« dans les Synagogues et dans les rues pour èii-e •« honorés des hommes. En vérité, je vous le dis, ïU « reçoivent leur récompense.

« Mais, lorsque tu fais l'aumône, que ta main gauch»» ** ne sache pas ce que fait ta main droite,

•« Afin que ton aumône demeure secrète : et ton « père, qui voit ce qui est caché, te le rendra.

•• Et lorsque vous priez, ne soyez pas comme le> •« hypocrites, qui aiment à prier debout dans les syna- •i gogues et aux angles des places publiques pour êtr? « vus des hommes : en vérité, je vous le dis, ils reçoi- « vent leur récompense.

« Mais lorsque tu prieras, entre dans ta chambre. « ferme la porte, et prie ton père en secret; et ton « père qui voit ce qui est caché, te récompensera.

« Lorsque vous priez, ne vous répétez pas comme « les payens; car ils pensent que c'est par la mulri-

- plicité des paroles qu'ils seront exaucés.

« Ne leur ressemblez donc pas; car votre père sair

- de quoi vous avez besoin avant que vous le hii M demandiez. »

Voici encore quelques versets du chapitre 23 :

« Ils (Les scribes et les pharisiens) lient des fardeaux •* pesants et difficiles à porter, et ils les mettent sur

(i) Au $ 20 du 2- chapitre de cette seconde section.

RÉSUME DK LA àECOSDE SECTION. 43S

.. lés épaules des hommes ; mais ils ne veulent pas les .. remuer du bout du doigt, v. 4. «

- Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, • parce que vous dévorez les maisons des veuves, sous ~ prétexte de longues prières, V. 14. »

*. Malheur à vous, Scribes et Pharisiens hypocrites, ~ parce que vous parcourez la mer et la terre pour .. faire un prosélyte, et lorsque vous l'avez fait, vous le .. rendez deux fois plus que vous fils de Géhenne,

- Malheur à vous. Scribes et Pharisiens hypocrites, .. parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis,

- qui au dehors paraissent beaux aux yeux des hom-

- mes, mais au dedans sont pleins d'ossements de

- morts et de toute sorte de pourriture, v. 27. ♦» Dans Luc, il y a trois belles paraboles, ch. 10, 15

et 18. J'ai eu occasion déjà de mentionner la dernière (1). La seconde serait justement en possession d'excitex un vif intérêt, n'était le verset 16, qui en pâte tout le mérite : l'enfant prodigue, réduit à garder dos pourceaux à la campagne, désirait se repaître de leur grossière nourriture; mais il le désirait en vain, parce que personne ne lui en donnait. On s'épuise inufilement à deviner ce qui pouvait Tempêcher d'en prendre lui-même sa part.

Voici la parabole du Samaritain miséricordieux : - Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho.

- Il tomba entre les mains de voleurs qui le dépouil-

- lèrent, l'accablèrent de coups et s'en allèrent, le

- laissant à demi mort.

u Or il arriva qu'un prêtre descendait par la même

- route, et l'ayant vu, il passa outre.

** De même un lévite, étant survenu là et l'avant *• aperçu, passa son chemin.

ll'Sk RÉSUMÉ DE LA SKCONDK SECTION

« Mais un Samaritain (un scliismatique aux yeux des •* Juifs) \int à passer près de lui, et Tapercevant, il •« fut touché de compassion.

•« Et s'approchant de lui., il pansa ses blessures, y .. versant de Thuile et du vin, et le mettant sur sa mon- • ture, il le mena dans luie hôtellerie et prit soin de « lui.

•« Et le lendemain il tira deux deniers et les donna à

- Thôtelier, en disant : Aie soin de lui, et ce que tu dé-

- penseras de plus, je te le rendrai à mon retour. - Enfin il n'y a rien de plus touchant que la scène de

TEvangile de Jean,, où Jésus, après avoir lavé lui-même les pieds à ses disciples , leur donne de si beaux préceptes d'humilité et d'amour mutuel, ch. 13, v. 14, 15, 34 et 35.

La morale que lui attribuent les quatre évangiles . choisis entre plusieurs autres , est généralement pure , je me plais à le répéter. Mais, s'il est permis de penser que les passages que j'ai notés , particulièrement aux §§ 13, 23 et 26 du chapitre I«^ et aux §§ 4 , 9, 12, 16, 18, 20, 21, 22, 23, 24 et 25 du chapitre II, et qui contrarient cette assertion, lui ont été prêtés, il n'est pas impossible non plus qu'ils lui appartiennent véritablement ; car , étant homme , il a dû payer son tribut à l'humanité , soit en ne se montrant pas toujours d'accord avec lui-même, soit en mêlant des erreurs aux vérités morales qu il enseignait. Au reste, ainsi qu'on Ta vu dans tout le cours de cet ouATage, des actes réels du Jésus autre que celui des évangiles, du Jésus véritable, du simple mortel qui a porté ce nom, je n'ai pu dire ni bien ni mal, attendu qu on n'en sait rien d'une scienct fondée sur des monuments irrécusables. M.Salvador entreprend de démontrer que tout ce qu'il y. a de remarquable dans la morale du Christ ne lui appartenait pas exclusivement, mais se trouvait déjà dans les doctrines esséniennes ou même dans les livres de l'Ancien Testa-

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