‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 130 sur 139 · RKSUMK DE LA SECOUE SECTION · texte numérisé non relu

RKSUMK DE LA SECOUE SECTION

meut (1). Il prenti comme résumé de la morale de Jésus le discoui*s de la Montagne d'après les textes de Matthieu et de Luc, et il rapproche do ces textes des citations bibliques ou des traditions et des enseignements qui avaient cours du temps de Jésus, et qui lui paraissent contenir les mêmes doctrines moins l'exagération de la forme. Il s'étaie de divers textes de Philon qui prêche la fraternité universelle et la pureté de cœur qu'on doit apporter dans les actes de religion ; des doctrines des Esséniens sur la concorde, le serment et la chAsteté; des recommandations tirées des livres juifs sar le bon accueil à faire à l'étranger, le bien qu'on doit faire aux ennemis mêmes et le pardon des injures; enfin des sorties d'Isaïe contre les riches, les jeûneurs et les prêtres hypocrites et trompeurs. M. Salvador conclut de toutes ces citations qu'il n'est pas un i)oint de la morale de Jésus qui ne fut connu et n'eut été prêché déjà chez les Juifs mêmes. Tout cela est incontestable. Je me bornerai ici à deux exemples éclatants. Ce précepte, Tu aimeras ton 2}rocAain comme toi-mê7?ie, qui a été présenté si souvent comme le résumé de toute la doctrine morale et sociale de Jésus, se trouvait déjà au chapitre 19, y. 18, du Lévitique {2), et lorsque les évangélistes Matthieu, ch. 22, v. 39, et Marc, ch. 12, v. 31, le mettent dans la bouche de leur maitre, ils le lui font

{ I ) Jeaus-Ohrist ci sa doch inp, tome l'% ch. 6, livre 2, Paris, 1838.

Un autre auteur Israélite, M. Joseph Cohen, a soutenu récemment celle même thèse avec un remarquable talent, dans son livre intitulé Les dékides^ V partie, ch. 10 , Paris, 1861 , livre qu'il termine par celle curieuse conclusion, que le christianisme, auquel il adresse, toutes les fois qu'il le trouve sur son passage, des salutations dont la parfaite sincérité n'est pas bien évidente, a eu pour mission providentielle, en répandant dans le monde entier la connaissance des livres sacrés des Juifs, de le préparer à embrasser un jour le mosaïsme.

(2) Voir, plus haut, page 344, une note du $ 4 du chapitre H de celle seconde section.

!li6 RÉSUMÉ DE LA SECONDE SECTION

rapporter à la loi mosaïque comme à sa source. J'ai cité (1) le chapitre 20, v. 22, et le chapitre 24, v. 2î*. du livre des Proverbes, contenant la défense de rendra le mal pour le mal, défense renouvelée par Jésus sou? des formes qui en compromettent l'autorité. On trouverait également, dans les livres des payens, un graLd nombre de maximes parfaitement conformes à la morale évangélique : j'en donnerai tout à Theure quelque^ exemples. Mais Jésus a-t-il connu les livres payens existant déjà de son temps? A-t-il connu le juif Philon. son contemporain , qui vivait à Alexandrie ? A-t-il même été en relation avec cette secte de communistes Esséniens, établie plus près de lui, et dont la doctrine, telle que nous la dépeignent Philon et Joseph, présentait tant de points de ressemblance avec la partie ascétique de renseignement des évangiles? Tout cela es: possible mais incertain. Et quand cela serait constaté, s'ensuivrait-il que la doctrine morale, attribuée à Jésus, ne fût pas la sienne, et qu'on pût retrancher quelque chose du mérite de l'avoir prèchée ? Non assurément. Ce que Ton peut dire, c'est que cette doctrine, dans ce qu'elle avait de vrai, n'était point une invention nouvelle, mais une application de quelques principes de la philosophie, application qu'appelaient enîin la décrépitude du paganisme et le progrès de Tesprit humain, mais qui devait être retardée pendant tant de siècles encore par le malheur des événements politiques. Il n'y a point de code religieux, point de Uvre dr morale où l'on ne trouve quelques bons préceptes. Lisez les Lois de Manou, la Parole tkante de Zoroastre, les écrits» de Confucius, de Lao-Tseu et de Mencius, le Koran de Mahomet. Vous y rencontrerez, àxhaqu^ page, comme dans les livres sacrés des chrétiens, ^ côté d'une foule de choses parfaitement déraisonna-

(1) Page 166, au % !«•' du chapitre X de la V* seclion.

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