BÉSUMÉ DE LA SECONDE SECTION
- même (1). ^ C'est grand dommage qu'on ne puts^^r pas dire que le philosophe avait emprunté cette roaiime à Jésus ; mais on a la ressource de dire qu'il l'avait volée à Moyse. On rencontre, dans les écrits attribués à Confucius et à Mencius, beaucoup d'autres maxin-^^ de cette nature, mais en compagnie d'une infinité i^ platitudes qui doivent confondre de la part d><;iiit^ aussi élevés, si ce sont bien. véritablement eux qui^?> ont écrites. Un autre payen, qui a du reste trop bi^r: parlé de la vertu et de la philosophie pour quenoosli pardonnions d'avoir été si opulent et d'avoir tant tarde à s'éloigner d'un monstre couronné, Sénèque^ 2), recommande, à chaque page de ses écrits, le témoigna,':; d'une bonne conscience, la soumission à la volonté > Dieu, la confiance en sa providence , la bienveillance pratique que nous devons à tous les membres de la i-mille humaine , toutes choses que l'on voudrait fartr passer pour avoir été inventées par le christianisme 3 On a prétendu que Sénèque avait reçu des leçons iic
\\) Lun-yu ou Entretiens philosophiques, livre l'S ch..4, an. ' traduction de M. Paulhier dans la collection des Livres $r.créi l'Orient.
(2) Tacite laisse planer sur sa mémoire de terribles »)up»N au sujet de la mort dÂgrippine. (Annales, livre U, art. 1 en' Mais on trouve, chez le même historien, un second témoigivs:'^ qui n'est guère d'accord avec le premier, et où il nous rcp^v-i Sénèque recevant avec une fermeté stoïque Tarrêt de mort c - Néron vient de lui faire signifier, consolant les amis qui-reolounet leur disant qu'il ne restait au cruel Néron, meurtrier dcsanet de son frère, qu'à faire périr son précepteur. {lbid€m, livre r art. 62.) En tenant un pareil langage, évidemment Sénèque rrf chaità Néron l'assassinat d'Agrippine. Or il est difficile d'adœc que, dans ce moment solennel où il n'avait plus que quelques ■■'stanls à vivre, il eût menli à sa conscience au point tCallrita Néron seul un crime dont il eût partagé la responsabilité.
GO Epistolœ 23, 7i, 1)5 et .110. Strasbourg, 1809. U hr citer ici ces préceptes si délicats, que trace Sêoèqae, daa^ " traité De beneflrijs, sur la pratique de la bienfaisance: njâi?
k£si;mé D£ la seconde section &39
saint Paul etqu il était chrétien. Cette assertion, contredite par une infinité de passages de ses écrits , n*a pas besoin de réfutation. Mais -voici un autre auteur, Plutarque, qui parle magnifiquement du pardon des injures et de la bienfaisance exercée à l'égard des enner mis (1). Ou n'a pas dit que celui-là eût été en relation d'intimité avec les fondateurs du christianisme : c'était un prêtre d'Apollon. Un autre payen , Épictète, qui, dans la condition de Tesclave, a su conserver la dignité et la liberté de Vkme, recommande éloquemment la résignation à la volonté de Dieu, le mépris des vanités de la vie, la nécessité de la pratique de la vertu, l'indulgence envers ceux qui nous offensent, la supériorité des bons exemples sur les beaux discours (2). Voici un philosophe stoïcien, qui ne s'inspirait pas auprès des chrétieus, puisque l'histoire lui reproche de les avoir méprisés et même persécutés ; sans cela elle n'aurait trouvé à reprendre dans sa vie que son excessive bonté envers une épouse et un fils qui en étaient également
lurait trop à citer. Voir particulièrement les 13 premiers arllclea iu livre 2 de ce traité.
Quand j'appelle Sénèque un auteur payen, il est bien clair que ;ette expression veut dire simplement qu'il vivait dans un temps )ii le polythéisme était la religion orficielle, mais nullement qu'il îlait lui-même polythéiste. Celle observatiou devra s'appliquer également aux autres auteurs payens que je vais citer après )énèque , et qui ne croyant pas plus que lui aux dieux du pagalisme, quoiqu'il leur arriv&t quelquefois d'en parler dans la langue lu vulgaire , s'exprimaient habituellement en véritables déistes. Vssurément Sénèque n'avait en vue ni un Jupiter adultère, ni un ilars batailleur, ni un Mercure patron des voleurs, dans ses bonnes paroles sur les faux biens. {Epistola 71.) Ce n'était non plus h lucun des habitants de l'Olympe que pensait Cicéron dans ses ionseils à Brutus. {Paradoxon i .)
(l) n«ç «V Tiç vît' Ex^^v «J»I>.0ÎT0.
(2) Quelques-uns de ses enseignements noua ont été conservés lar son disciple Arrien. (t^ tow Kttmcti&tou lyx»*/»'^"».) Voir particulièrement les articles 44, 21, 22. 43 et 46.
i'iO RKSUMK DE LA SECONDK SECTION
indignes : Marc-Aurèle a écrit un beau livre de préceptes moraux qu'il pratiquait sur le trône, ce qui était plus difficile et plus méritoire que de les écrire (1). Jo citerai encore deux philosophes payens, Tun du ii^ siècle, Maxime de Tyr, qui voyait dans le désir de la vengeance la source principale des fléaux de rhumanité i2 . l'autre du iv® siècle, Thémistius, qui s'adressant à Valens, un empereur chrétien, arien et persécuteur des catholiques, lui enseignait la philanthropie et la tolérance religieuse avec une puissance de raison qui n'a été surpassée dans aucun écrit soit ancien soit mc^ derne (3). J'aurais voulu surtout citer Platon ; mais jai dû y renoncer par l'impossibilité de faire un choix entre les innombrables pages où il met dans la bouche d^ Socrate les plus sublimes enseignements, ent^emêl»^^ d'erreurs souvent exorbitantes. Le Koran , qui abonde en détestables préceptes, abonde aussi en admirable^: maximes. Par exemple, cette recommandation si sa^e, « Point de violence en matière de religion ; la vérit*: - se distingue assez de l'erreur, « a été écrite de !a même main qui venait de tracer ces lignes sanguinaires « Tuez-les partout où vous les trouverez... Combat- ♦* tez-les jusqu'à ce que vous n'ayez point à craindre la ♦* tentation, et que tout culte soit celui du Dieu «3^-
(1) Twv liç coevrôv. J'indiquerai quelques préceples entre mille Livre 2 , § i 1 ; livre 4 , ^J 23 et 3 1 ; livre 6, JJ 6 et 7 ; livre 7. %\ ^ 22, 31 ei 71 ; livre 9, §*J 4 et 5; livre 10, J 30; cl livre 12, J H
(2) A070Ç 18, il TÔv «JixxiffavTa àvra^txii'koTt . J'ai dit lo«t a l'heure que ces philosophes payens ne croyaient qu'à un p.ea unique, quoiqu'il leur arrivât quelquerois de nommer les dieui du vulgaire. On en trouvera une nouvelle preuve dans un passât de Maxime de Tyr.(AeJyoç 17, Te ô ©«èçxaToi n>.àrwv«.)
(3) ÉîtI Tijç el/o^vflç, Guà^fvTi, 10* Discours. Le plus rem^* quable des Discours de Thémistius, adressés à Valens, est le tf. Le texte grec de ce discours ne nous est point parvenu- Il en exi^'' une ancienne traduction latine, attribuée à Andréas Dudiim^^ Père Petau, qui Ta accompagnée d'une traduction grecque.