LOI DU TALION. — LAPIDATION
Ch. 24, V. 17, 19 et 20, Moyse règle les relations civiles des-Juifs par un code pénal excessivementsimple, qu'il a déjà donné dans \ Exode, ch. 21, v. 23-25, et qu'il redonnera dans le Deutéronome, ch. 19, v. 21. Si quelqu'un commet une injustice, on lui rendra exactement la pareille. S'il tue, on le tuera; s'il casse un bras ou une jambe, on lui cassera un bras ou une jambe ; s'il arrache un œil ou une dent, on lui arrachera un œil ou une dent, et ainsi du reste. C'est ce que Ton appelle la loi du talion, qui est en usage chez les peuples enfants et barbares, et quelquefois aussi chez les peuples qui se disent civilisés, loi sauvage par laquelle la justice, en punissant le crime, se montre aussi brutale que lui et aussi grossièrement inintelligente que la passion qui l'a enfanté, loi enfin matériellement inexécutable dans une infinité de cas et d'ailleurs contredite par plusieurs dispositions pénales du code qui la, contient. La peine de mort, encore en usage au xix® siècle, est un reste de ce code barbare, qui s'était annoncé presque dès le début de la Bible, sous cette formule générale : « On « fera couler le sang de celui qui répand le sang de «* l'homme »» {(ienhe, ch. 9, v. 6), et qu'on retrouvedans un des livres du Nouveau Testament sous cette
autre formule : « Si quelqu'un tue avec le glaive, il faut « qu'il soit lui-même tué avec le glaive. » {Apocalypse, ch, 13, V. 10.)
La lapidation était le principal moyen d'exécution capitale, institué par la législation mosaïque, la lapidation qui, par la nature de ses coups et la longue durée qu'elle pouvait avoir, était un des genres de supplices les plus atroces que la brutalité des hommes pût employer. Il était enjoint à la multitude des assistants d'y mettre la main. Entre autres exemples nombreux qu'en donnent les livres saints, on voit, dans ce même ch.24, V. 10-16 et 23, Moj'^se ordonner, au nom de Jéhovah, à l'assemblée du peuple de faire périr à coups de pierres un homme qui avait blasphémé. Comme de pareils spectacles étaient faits pour polir et adoucir les mœurs d'un peuple! Doit-on s'étonner qu'aujourd'hui encore des populations élevées dans le respect de livres contenant de telles prescriptions, attribuées à Dieu, courent comme à une fôte à ces exécutions dont la morale réclame énergiquement la suppression?