MOYSE PERMET AUX JUIFS D* A VOIR DES ESCLAVES
Ch. 25, V. 44-46, Moyse, s'adressant aux Juifs de la part de Jéliovah, leur permet, à l'égard des étrangers, l'esclavage proprement dit. Or quel est l'homme, ayant le sentiment du juste, qui ne reconnaisse aujourd'hui que le fait de tenir son semblable en esclavage est un des plus grands crimes que l'on puisse commettre? Eh bien ! ce fait trouve non-seulement une excuse, mais une consécration dans le texte que je viens d'indiquer. On a vu déjà, au chapitre 21 de V Exode, et l'on peut voir aussi, au chapitre 29, y. 19, des Proverbes et au chapitre 33 [30], v. 25-30, de VEcclésiastique, comment, en instituant l'esclavage, la législation hébraïque entend qu'il faille traiter les esclaves.
On a souvent attribué au christianisme le mérite d'avoir aboli l'esclavage. Dans un travail spécial, relatif à cette matière (2), je fais voir que rien n'est moins vrai, et je montre en même temps que les chrétiens,
(1) Au chapitre suivant, J 4, Droi's des prêtres et âesUvites.
(2) Ce travail, intitulé De l'esdfwafje chez les nalions chrétiennes, est publié en nouvelle édition en même temps que le présent ouvrage.
prenant pour point de départ de leur croyance les livres de l'Ancien Testament, ne peuvent pas, sans se montrer inconséquents, condamner l'esclavage comme une chose mauvaise de sa nature, puisque leur Dieu, qui ne peut rien permettre d'essentiellement mauvais, Ta permis aux Juifs.
Au chapitre 21, v. 2-6, de Y Exode, Moyse avait permis déjà aux Juifs, à l'égard de leurs compatriotes, un esclavage qui devait cesser la septième année : ce terme arrivé, l'esclave sortait comme il était entré (1). S'il avait amené une femme, il l'emmenait avec lui. Mais si son maître lui avait donné une femme dont il eût eu des enfants, cette femme et ces enfants demeuraient la propriété du maître, et il pouvait, à son choix, ou refuser de s'en séparer ou s'en aller seul ; dans le cas où il voulait rester avec eux, on lui perçait l'oreille et il devenait esclave à perpétuité (2).