SACRIFICES HUMAINS
Ch. 27, V. 1-8, celui qui s'est engagé par un vœu à consacrer sa vie à Jéhovah, peut se racheter en versant entre les mains des prêtres une somme d'argent, dont
(1) « S'il est venu seul, il sorlira seul. » Saint Jérôme a traduit Irès-inexaclement ces mois du verset 3. L'expression hébraïque avec son corps s'emploie pour signifier seul. Les Seplante l'ont traduite exactement.
(2) Voir, dans l'ouvrape spécial De V esclavage chez les nations chrélienncs, ch. 4, Réponse à M"*' Mary Meymeu, ce qu'il faut penser de CCS dernières dispositions.
T. II. l.
le tarif varie selon \ë sexe, l'âge et la condition des gens. Mais si, au lieu de se vouer soi-même à Jéhovah, on lui a consacré autre chose, fût-ce un Âomme, cet être ne peut pas être racheté, il faut qu'il soit immolé, il faut (ju il meure, v. 28 et 29 (1). Ainsi Moyse, qui en d'autres endroits (2) interdit les sacrifices humains, non-seuloment les autorise mais les prescrit dans le cas où l'on en a fait à Dieu le vœu impie ! C'est une horrible contradiction, à laquelle il est impossible d'échapper, tant les textes sont précis. On verra, au chapitre 1 1 des Jnges^ Jephté mettre cette prescription en pratique sur sa propre fille. Cela peut du reste marcher de pair avec ce qu'on lit à^xï^YUxode, ch. 13, v.2. 12, 13 et 15; ch. 22, v. 20;ch. 31, v. 20; et dans \es Nombres, ch. 18, V. 15, du droit de Jéhovah sur les premiers-nés, hommes et animaux, qui devaient lui être sacrifiés, mais qu'il prescrit de racheter pour ce qui regarde les hommes. Ce rachat, qui était censé fait aussi par la consécration de la tribu de Lévi {Nomhrts, ch. 3, V. 12 et 13, et ch. 8, v. 15 et 10», et qu'on donne pour un adoucissement, est aussi absurde que le droit auquel il satisfait est atroce. On ne peut voir dans tout cela qu'un reste de cet ancien culte abominable, qui offrait à la Divinité des victimes humaines. Que le lecteur compare avec le culte des Phéniciens et des Carthaginois ce culte de ]\Ioloch, pour lequel les Israéhtr>
(1) L'abbé Guénée prétend qu'il ne s'agit pas ici d'une consécra- Uon pariiculidrey d'un anathème volontaire, mais d'une consérralion pénale, d'un anathème solennel, prononcé par l'autorité publique- (Lettres de quelques juifs, tome 11, Paris, 1781.) L'immolation n'en serait pour cela ni plus juste ni plus sainte. Mais cette interprétation ne tient pas devant ces mois si formels, tout ce qui est consacrét qui sont répétés jusqu'à trois fois dans les versets 28 et 29, et qui sont de plus expliqués par cette énumération détaillée, hommi hâte on champ.
(2) Particulièrement an Deutéronome, rh, 42, v. 31.
avaient tant de penchant, comme on le voit à chaque page de leur histoire, auquel ils revenaient sans cesse malgré les réprimandes et les menaces de leurs prophètes, et dont ils ne perdirent le goût et l'habitude que dans la captivité.