CHAPITRE IV
§ l*'. — EMPLOI DES EAUX AMERES. MARQUES DE VIRGINITÉ.
Le chapitre 5, v. 12-31, décrit la fabrication ef remploi des eaux amères. Si un homme soupçonne sn femme d'adultère, mais sans pouvoir produire des témoins, il l'amènera au prêtre à qui il fera d'abord s<ni
(1) Le livre des Nombres est ainsi appelé des divers dcnombi-oments qu'on y lit et dont quelques*uns ne respectent guère 1*^ règles de la nunnération. Le chapitre 3, v. 21, 22, 27, 28, 33 et 3i. énumère les descendants mi\les des trois fils de Lévi, deTâged'c mois et au-dessus : ceux de Gerson montent à 7,500 , ceux n:» Caath à 8.600, et ceux de Mérari à 6,200. Ces trois nombres additionnés donnent un total de 22,300. Mais le verset 39 ne donurque 22,000, et cette somme fautive est confirmée par les ve^st^t^ i et 46. Dans la version des septante, le nombre des descendants di Mérari ne s'élève qu'à 6,050 au lieu de 6,200 que donne Thébre \ et de plus celle version donne, au verset 39, pour total le mèai' nombre de 22,000, porté dans le texte hébraïque, et qui se Irouv
offrande. Celui-ci prendra de Veau sainte dans un ra^e d'argile; il y mêlera de la poussière du pavé du tabernacle, puis char^ra le tout de malédictions, v. 17 et 18. Cela fait, il présentera à la femme ces eaux amères, en lui disant que, si elle est innocente, elles ne lui feront absolument rien, mais que, si elle est coupable, Jéhovah lui fera, pourrir la cuisse et enfler le ventre, v. 19-22. La femme, après avoir répondu amen, avalera la potion, qui agira sur elle exactement comme il vient d'être dit (1). Pratiquée sérieusement, cette épreuve
alors une seconde fois inexact, étant en désaccord avec celui de 22,150, auquel on arrive en réunissant, dans le grec, les chiffres des versels 22, 28 et 34. Le chapitre 26, v. 7, 14, 18. 22, 25, 27, 34, 37, 41, 42, 43, 48, 50 et 51, dénombre les Israélites de vingt ans et au-dessus, pouvant aller à la guerre. Les nombres que donnent Thébreu et la version des septante présentent, pour cinq tribus, celles de Gad, Issachar, Benjamin, Âser et Nephthali, les différences suivantes :
Hébreu. Grec.
Gad 40,500 44,500
Issachar 64,300 64,400
Benjamin 45,600 35,b00
Aser 53,400 43,400
Nephthali 45,400 40,300
Quand on additionne les nombres donnés pour les douze tribus, on trouve, dans l'hébreu, un total de 601,730, et dans le grec, de 580,630; dlflérence, 21,100. En outre, les septante, au lieu de donner, au verset 51, le total exact de 580,630, qui résulte de leurs cbilTres de détail, donnent la somme de 601,730, qui n'est exacte que dans l'hébreu. Nous avions eu déjà et nous aurons encore par la suite d'autres exemples de ces mauvais comptes, éviderpment mal établis d'abord ou altérés depuis, et qu'on nous donne pour écrits sous la dictée de TEsprit-Saint. Si les auteurs profanes en présentaient de pareils, on les renverrait à Técole.
(1) Les chrétiens de toutes les communions doivent, aussi bien que les juifs, recevoir avec un saint respect ces extravagances et tant d'autres de même genre, qu'ils lisent dans la Bible et qu'ils regardent comme l'œuvre de Dieu. Ont-ils donc alors le droit de se moquer des sottises du Talmud , que la tradition rabbinique a
14 sEcorrDE partie
eût été ce qu'on a appelé depuis le jugement de Dieu; elle repose, aussi bien que le mode d'instruction des affaires criminelles par les tortures de^la question, sur ce principe des législations barbares, que la Divinité est aux ordres d'une ignorance capricieuse et brutale, et doit intervenir miraculeusement pour dissiper les perplexités du juge quand, où et comme il plaît à celuici de le fixer. Mais on y voit une supercherie, assez peu ingénieuse du reste, plutôt qu'une erreur superstitieuse. Sans se compromettre auprès de la femme innocente, le prêtre aurait cherché à effrayer la femme adultère, qui, étant supposée croyante, n'osait affronter de terribles menaces et était ainsi amenée à avouer sa culpabilité. Il pouvait pourtant lui arriver d'être joué par quelque femme réellement coupable, mais plus fine que lui. Les rabbins ont vu ce danger : M. Salvador fait remarquer la rare prudence avec laquelle ils assurent que Teffet miraculeux des eaux amères pouvait être retardé et même annulé lorsque la femme rachetait sa faute par de bonnes actions ou lorsque son mari ne lui avait pas été constamment fidèle (1).
On lit, au Deutéronome (ch. 22, v. 13-21), une autre épreuve qui mérite d'aller de compagnie avec celle-<;i. Si un homme, ayant épousé une femme, prétend ne l'avoir point trouvée vierge, le père et la mère de la jeune fille devront apporter aux anciens de la ville, siégeant publiquement à une des portes, les marques prétendues de sa virginité, v. 17, marques des plus difficiles à produire réellement ou des plus faciles à fabri-
ajoutées & leurs livres sacrés et qui en sont les fruits si légitimes? Cette question s'applique particulièrement au livre, remarquable d'ailleurs, de Mac Caul, recteur de Saint-Jacob à Londres. Voir la traduction libre qu'en a donnée M. Oster, sous ce nom Ui Sentiert d7»r<iéli, Paris, 1844.
(1) Histoire des institutions de Moyse et an peuple hébreu, liv. 7. chap. 1", lomo tt, Pari», 1828.
quer. Or, dans le cas où cette démonstration suspecte serait produite, les anciens donneront le fouet au mari et le condamneront à payer cent sicles d'argent au père de la jeune fille. Ce mari, battu et honni, devra reprendre sa femme, et Ton conçoit quel bon ménage ils. feront ensemble. Si au contraire les parents ne fournissent point la démonstration prescrite et qui peut très-bien faire défaut dans le cas même de l'innocence de la jeune fille, alors on devra la lapider devant la porte de la maison paternelle. Tout ceia est sale, inepte et cruel, et il ne faut pas oublier que c'est Dieu même qu'on nous donne pour l'auteur de cette législation sauvage. Au chapitre 24, verset P^, de ce même livre du Deiiléronome, la sainte institution du mariage est traitée avec légèreté et mépris. Si une femme vient à ne plus trouver grâce devant les yeux de son mari, parce qu'il a découvert en elle quelque chose de hmtetix, il pourra s'en débarrasser avec une extrême facilité : il lui mettra danâ les mains une lettre de divorce et il la renverra de sa maison. Quelque chose de Iionteux! Le texte n'en dit pas davantage. C'est là un motif excessivement élastique, et qui peut favoriser le plus frivole caprice aussi bien que le grief le plus sérieux. Jésus s'inscrira contre cette disposition en restreignant la légitimité du divorce au seul cas de l'adultère de la femme, dans le même chapitre où, par une contradiction manifeste, il déclarera qu'il ne vient point abolir la loi de Moyse. {^^vangi/e àeMdiithïen, ch. 5,v. 17-19 31 et 32.)
16 SECO?fDE PARTIE
}{ 2. — MURMUKES. FRACTIONNEMENT d'uN ESPRIT. SURABONDANCE