‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 44 sur 139 · i II a droit à tout ce qui existe · texte numérisé non relu

i II a droit à tout ce qui existe

101. « C'est par la générosité du Brahmane que les autres a hommes jouii^sent des biens de ce monde. \>

Livre 7, st. 37. « Après s'être levé à l'aube du jour, le Roi doit a témoigner son respect aux Brahmanes versés dans la connaissance il des trois livres saints et dans la science de la morale, et se gou- « verner par leurs coiiseils. »

79. « Que le roi fasse différents sacrifices, accompagnés de nom- « breux présents; pour remplir entièrement son devoir, qu*il pro- « cure aux Brahmanes des jouissances et des richesses. »

85. « Le don fait à un homme qui n'est point Brahmane n'a « qu'un mérite ordinaire; il en a deux fois autant, s'il est offert à « un homme qui se dit Brahmane : adressé à un Brâlimane avancé « dans l'étude des Yédas, il est cent fois plus méritoire; fait à un « théologien consommé, il est infini. »

Livre 8, st. 379. « Une tonsure ignominieuse est ordonnée au « lieu de la peine capitale pour un Brahmane adultère dans le cas a où la punition des autres classes serait la mort, a

380. « Que le roi se garde bien de tuer un Brahmane quand « même il aurait commis tous les crimes possibles ; qu'il le bannisse a du royaume en lui laissant tous ses biens et sans lui faire le « moindre mal. &

381. « Il n'y a pas dans le monde de plus grande iniquité que

g 5. — PRÉPARATION DE l'eAU DE PURIFICATION

Le ch. 19, V. 2-22, contient la recette de la préparation et de remploi de l'eau de purification . Voici cette

« le meurtre d'un Brahmane; c'est pourquoi le Roi ne doU p^» « même concevoir l'idée de mettre à mort m Brahmane. >

Livre 9, st. 313. « Dans quelque détresse qu'il se trouve, il dent « bien se garder d'irriter les Brahmanes en prenant leurs biens; « (îar, une fois irrités» ils le détruiraient sur-le-champ, arec son « armée et ses équipages, par leurs imprécations et leurs sacrïâcfi « magiques, b

315. m Quel est le prince qui prospérerait en opprinaant ceia « qui, dans leur courroux , pourraient former d'autres mondes et « (i*autres régents des mondes et changer des Dieux en mortels? »

317. « Instruit ou ignorant, un Bràhmaue est me Divitâté puisa santé. »

Livre iO, st. 123. « Servir les Brahmanes est déclaré V action h a p/tfs louable pour un Soudra ; toute auti*e chose qu'il peut faire « est pour lui sans récompense. »

Livre H, st. 17. « Le Brahmane peut pretidre ce dom il a bes«va u ilans la grange, dans le champ, dans la maison ou dans un autre « endroit quelconque ; mais il eu doit dire la raison au propriétaire u s'il la demande. »

21. « Qu'un roi juste n'inflige aucune amende à cet homme f-? « dérobe ou prend par force ce qui lui est nécessaire pour un &*- « crificc ; car c'est par la folie du prince qu'un Brâhmauc meuri (( de besoin. »

84. « Un Brahmane, par sa seule naissance, est un objet de t» • a nération même pour les Dieux , et ses décisions sont uns autorik « pour le monde; c'est la sainte Écrilurc qui lui donne ce privilège. «

On le voit, la race d'Aaron pourrait encore prétendre au mérite de la modération. Évidemment celte omnipotence temporelle et spirituelle des prêtres do l'Inde n'eût jamais été égalée en ce monde, si le sacerdoce chrétien n'eût existé. Le lecteur peut fair de nombreux rapprochements entre les prescriptions de Manou. qui viennent de passer sous ses yeux, et d'autres doctrines et pré-

recette que Jéhovah lui-même donne à Moyse et à Aaron. Onamènera au grand-prêtre une vache rousse, sans tache ni défaut, et qui n'ait point porté le joug. Le prêtre remmènera hors du camp, Timmolera, trempera son doigt dans le sang, et fera sept aspersions vers le tabernacle. Puis il livrera aux flammes le corps entier de la vache, et jettera dans le feu du bois de cèdre, de Thysope et de Técarlate. On recueillera ensuite les cendres. Celui qui aura brûlé la vache et celui qui en aura recueilli les cendres devront laver leurs vêtements et seront impurs jusqu'au soir. Ces cendres seront mêlées à l'eau destinée à diverses purifications. Par exemple, celui qui aura touché le cadavre d'un homme ou un sépulcre, devra recevoir une aspersion le troisième et le septième jours. On a vu déjà, au chapitre 2, § 6, que l'omission de cette formalité était punie de mort. Ceux qui seront entrés dans la tente d'un homme mort seront impurs pendant sept jours ainsi que tous les ustensiles qui se trouveront dans cette tente. On mêlera des cendres de la vache rousse dans l'eau vive, et un homme pur aspergera avec de Thysope latente, les meubles et lespersonnes souillées.

tentions assez connues. Je m*arrèleral à un seul exemple, elje n'aurai pas besoin d'aller le demander aux é|)0({ues les plus mauvaises et les plus obscures du moyen âge. De tous les textes qu'on \iciit de lire, le plus fort assurément est celle stance du livre 8 : « Que le roi se garde bien de tuer un BrAlimane , quand même H « aitrait commis tous les crimes possibles. » Eh bien! Mariana a enseigné h très-peu près la môme chose, dans un livre écrit pour réducclion d'un roi. (De rege et régis institutione^ liv. 1*% chap. 10, Tolède, 1599.) Dans ce môme ouvrage où l'auteur refuse au souverain le droit de punir de mort les ecclésiastiques, même lorsqu'ils l'auraient mérité, il accorde en revanche au premier fanatique Tenu la permission de tuer le roi pour le plus grand bien de la religion, et fait à ce propos un magnifique éloge de l'assassin de Henri III, de ce religieux dominicain, Jacques Clément, qu'il appelle l'éternel honneur de la France , et que le pape Sixte-Quint eut grande envie de canoniser. (Ibidem^ ch. 6 et 7.)

Si cela nous était présenté comme une recette de bohémiens pour conjurerla peste ou préserver de lafoudre, je devrais demander pardon au lecteur de l'arrêter à de pareilles niaiseries. Slais ces niaiseries deviennent ici des choses très-graves; car elles sont données pour des communications directes de la Divinité, et il en sort un triste enseignement, à savoir que les pratiques légales et les observances matérielles, se substituant à la morale, finissent par l'évincer. J'en donnerai immédiatement un exemple saisissant. Dans un des plus épouvantables massacres, sanctifiés par la Bible, celui des Madianites (1), Moyse, après avoir ordonné aux Israélites d'égorger sans pitié tous les hommes, même enfants, et toutes les femmes qui ne seront pas reconnues vierges, ajoute que quiconque aura tué un homme ou touché un cadavre devra demeurer hors du camp comme impur, puis se purifier, le troisième et le septième jours, par une aspersion de l'eau de| lustration, avec laquelle on purifiera également les vêtements, ainsi que celles des dépouilles qui ne sont pas de nature à passer par le feu (ch. 31, v. 17-24). Or on ne saurait considérer comme une simple mesure d'ordre et de propreté des observances de purification, qui tenaient. les Israélites éloignésdu camp pendant sept jours. Quels pouvaient donc être le but et l'effet de ces obser^ance-^, qui revêtent évidemment un caractère religieux, sinon de donner une sanction sacrée aux atrocités qu'ils venaient de commettre, et de prévenir toute pensée de remords qu'ils auraient pu en concevoir (2) ?

(1) J'aurai à en reparler dans un instant, au g 7.

(2) Les prescriptions relatives à la préparation et à remploi d' Teau de purification chez les Hébreux paraissent pauvres d'invention quand on les compare aux règles de purification de Fun d».** plus anciens codes sacres de l'Inde. On peut voir le détail de ce? règles nombreuses dans le 5« livre des Loi^ de Manon (Traducl.il<'

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