‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 45 sur 139 · LK DEVIN BALAAM · texte numérisé non relu

LK DEVIN BALAAM

Le devin Balaara est prié par les Moabites de venir jeter un sort sur les Israélites, ch. 22, v, 5-7. Mais le Dieu des Israélites va le trouver la nuit, et lui défend

M.Loiseleur-Deslongcharaps, /^id.)» J'en citerai ici quelques stances -.

St. 58. « Lorsqu'un enfant a toutes ses dents, et lorsque, après ^< la iiaissauce des dents, on lui a fait la tonsure et l'investiture du •< cordon, s'il vient à mourir, tous ses parents sont impurs ; à la K naissance d'un enfant, la règle est la même. »

72. -« Les parents par alliance de demoiselles fiancées mais non « mariées, qui viennent à mourir, se purifient en trois jours ; leurs a parents paternels sont purifiés de la même manière, si la mort a a lieu après le mariage. »

78.. « Lorsqu'un enfant qui n'a pas encore toutes ses dents ou « un Sam&nodaka\ient à mourir dans un pays éloigné, son parent V est sur-le-champ purifié en se baignant avec ses habits. »

87. « Lorsqu'un Bràiimane a touché un os humain encore gras, 0 il se purifie en se baignant; si l'os n'est pas onctueux, en prea nant de l'eau dans sa bouche et en touchant une vache ou en Q regardant le soleil. »

124. « On purifie le sol de cinq manières, en le balayant, en « l'enduisant de bouse de vache , en l'arrosant avec de l'urine de « vache, en le grattant, en y faisant séjourner des vaches un jour « et une nuit. »

136. « Celui qui désire la pureté doit employer un morceau de « terre avec de l'eau pour le conduit de l'urine; il doit en em- « ployer trois pour l'anus, dix pour une main , la gauche, qui est » celle dont il faut se servir pour cette purification, et sept pour 0 les deux, ou plus s'il est nécessaire. »

i37. « Cette purification est celle des maîtres de maison. Celle a des novices doit être double, celle des anachorètes triple, celle a des mendiants ascétiques quadruple. »

145. a Après avoir dormi, après avoir éternué, après avoir a mangé, après avoir craché, après avoir dit des mensonges, après ^' avoir bu et au moment de lire la sainte Écriture, on doit se laver « la bouche, même étant pur. »

Le livre onzième contient divers enrc de pénitences et d'expia-

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d'aller maudire son peuple, v. 8 et 12. Dieu faire en personne une pareille démarche auprès d'un sorcier! C'était, convenons-en, laisser celui-ci libre de se croire

tions. Comme ce sujet lient par plus d'uu côté à celui qui vicul de nous occuper, j'en citerai quelques stances :

St. 72. « Le Brahmane meurtrier d'un Brahmane qu'il a tue « sans le vouloir et auquel il était très-supérieur en bonnes quat lilés doit se bâtir une cabane dans une foret et y demeurer « douze ans, ne vivant que d'aumônes pour la purification de H>a « {\me, ayant pris comme marque de son crime le crâne du mari « ou tout autre crâne humain au défaut du premier. »

78. î Au lieu de se retirer dans une forêt, le coupable qui subii a la pénitence de douze années peut, après avoir rasé ses cheveux « et sa barbe , s'établir auprès d'un village ou d'un pâturage de « vaches ou dans un ermitage ou au pied d'un arbre consacré, « n'ayant d'autre désir que de faire du bien aux vaches et au\ « Br&hmanes. »

79. « Là, pour sauver une vache ou un Brahmane , qu'il fas>e M sur-le-champ le sacrifice de sa vie ; celui qui a sauvé une vache « ou un Brahmane expie le crime d'avoir tué un homme de b « classe sacerdotale. »

90. « Le Dwidja qui a été assez insensé pour boire, avec inlen- 0 tion, de la liqueur spiritueuse extraite du riz doit boire de la « liqueur enflammée ; lorsqu'il a brûlé son corps par ce moyen, il 0 est déchargé de son péché. »

yi. « Ou bien il doit boire, jusqu'à ce qu'il on meure, de l'urine « de vache ou de l'eau ou du lait ou du beurre clarilîc ou daju> « exprimé de la'bousc de vache, tout cela bouillant. »

99. « L'homme qui a volé de l'or à un Brahmane doit ai^r « trouver le Roi , lui déclarer sa faute ut lui dire : Seigneur, pu- « nisscz-moi. »

100. « Le Roi, prenant une massucvde fer que le coupable pori' « sur sou épaule, doit le frapper lui-môme une fois; par ce coup. <( le voleur, qu'il meure ou non, est déchargé de son crime. »

108. « Celui qui a commis le crime secondaire de tuer une vacli»' « par mégarde doit, s'étant rasé la tète entièrement, avaler pen- « dant un mois des grains d'orge bouillis dans l'eau cl s'clablir « dans un pâturage de vaches, couvert de la peau de celle qu i» M a tuée. »

110. « Qu'il suive les vacbes tout le jour, et se tenant derriè:? « eUes , qu'il avale la poussière qui s'élève sous leurs sabot?.

une grande influence sur les destinées humaines. Cependant Balaam obéit, v. 13. Mais il est sollicité de nouveau par les Moabites, et cette fois Dieu vient lui dire

« après les avoir servies et saluées, que pendant la nuit il se place « auprès d'elles pour les garder. »

lU. « Pur et exempt de colère, qu'il s'arrête lorsqu'elles s'ar- « rêtent, qu'il les suive lorsqu'elles marchent, qu'il s'asscie lorsu qu'elles se reposent. »

116. « En outre, lorsque sa pénitence est entièrement accom- « plie, qu'il donne dix vaches et un taureau, ou, s'il n'en a pas le « moyen, qu'il abandonne tout ce qu'il possède à des Brahmanes « versés dans le Véda. »

• 118. « Quant à celui qui a violé le vœu de chasteté, il doit saa criGer un âne borgne ou noir à Nirriti, suivant Je rite des obla- <( lions domestiques , dans un endroit où quatre chemins se reni( contrent et pendant la nuit. »

122. a Lorsqu'il a commis cette f.iute, se couvrant de la peau <t de l'Ane sacrifié , qu'il aille demander l'aumône dans sept mai- <( sons en proclamant son péché. »

131. a Si un Dwidja a tué à dessein un chat, une mangouste, « un geai bleu, une grenouille, un chien, un crocodile, un hibou «c ou une corneille, qu'il fasse la pénitence prescrite pour le « meurtre d'un soudra. »

133. a Que le Brahmane qui a tué un serpent, donne à un autre « Brahmane une bêche ou un bâton ferré; s'il a tué un eunuque, « qu'il donne une charge de paille et un mâchaka de plomb. »

199. « Celui qui a été mordu par un chien, par un chacal, par « un âne, par des animaux carnivores fréquentant un village, par « un homme, un cheval, un chameau ou un porc, se purifie en' <( retenant sa respiration. »

202. <x Celui qui , étant très-pressé , a déchargé ses excréments « n'ayant pas d'eau h sa disposition, ou l'a fait dans l'eau, peut a étie purifié en se baignant avec ses vêtements hors de la ville et « en touchant une vache. »

205. « Celui qui a frappé un Brahmane , môme avec un brin a d'herbe, ou qui Ta attaché par le cou avec un vêtement, ou qui <t Ta emporté sur lui dans une contestation , doit calmer son res- « sentiment en se jetant à ses pieds. »

207. « Autant le sang du Brahmane blessé, répandu à terre, « absorbe de grains de poussière, autant de milliers d'années l'au- « leur de ce méfait restera dans le séjour infernal. »

215. « Celui qui, maître de ses sens et parfaitement attentif,

(le les suivre, v. 20. Balaam obéit encore à cet ordre qui était contraire au premier, et il part monté sur cette ànesse, qui depuis est devenue célèbre, v. 21. Mais voilà que Dieu est irrité contre luil II envoie un ange

« supporte un jeûne de douze jours, fait la pénilencc appelé»^ « Paràka, qui expie toutes les fautes. »

220. « Celui qui, imposant un frein à ses organes, pendant tout « un mois, ne mange pas plus de trois fois quatre-vingts bouchées a de grains sauvages, n'importe de quelle manière, parviendra au « séjour du régent de la lune. »

223. « Trois fois le jour et trois fois la nuit, qu'il entre dans Feau a avec ses vêtements, et qu'il n'adresse jamais la parole à uno « femme, à un soudra ou à un homme dégradé.

224. « Qu'il soit toujours en mouvement, se levant et s'assejanl a alternativement, ou, s'il ne le peut pas, qu'il se coucbe sur la a terre nue ; qu'il soit chaste comme un novice, suive les mêmes «f règles relativement à la ceinture et au bâton, et révère son mal- « tre spirituel, les Dieux et les Brahmanes. »

On est tenté de s'apitoyer sur la condition des dévots hindous, assujettis à des pénalités aussi rigoureuses. Mais, en poursuivant, on se rassure bientôt. Ils n'appliquaient cette pénalité qu'aux péchés publics. Us avaient, pour les péchés secrets, quelque nombreux et quelque grands qu'ils fussent, une morale un peu plus facile, et l'on va voir qu'ils connaissaient fort bien la maxime de M. Tartuffe :

c Le ciel défend, de vrai, certains contentements ; c Hais on trouve avec lui des accommodements. *

(Molière, Tartuffe, acte 4, scène 5.)

St. 247. « Je vous ai déclaré, suivant la loi, le moyen d'expier « les fautes publiques ; apprenez maintenant quelles sont les expia- « lions convenables pour les fautes secrètes. »

248. « Seize suppressions de respiration en même temps que l'on « récite les trois grandes paroles, le monosyllabe Aum et la Sàvitf tri, continuées chaque jour pendant un mois, peuvent purifier « même le meurtrier d'un Brahmane. »

251. « En récitant chaque jour seize fois, pendant uu mois, Tlla- « vichyanliya ou le Natamanha, ou en répétant intérieurement « l'hymne Pôroucha, celui qui a souillé le lit de son maître spiri- « tuol est absous de sa faute. »

252. « L'homme qui désire expier ses péchés secrets, çrands et

qui effraie labète. Celle-ci broie le pied de son maître contre un mur, puis se couche sous lui, puis enfin répond aux coups de bâton, non pas en son. patois, mais en pur dialecte hébreu, v. 22-30. (Voir aussi le verset 16 du chapitre 2 de la 2® ÉpUre de Pierre.) Alors seulement Balaam aperçoit Fange , qui lui reproche d'avoir fait justement ce que Dieu lui avait dit de faire, V. 31-33. Le devin reconnaît qu'il a eu tort. Il lui eût été, il est vrai, difficile de dire pourquoi; mais il n'en avait que plus de mérite à faire un pareil aveu. Il ajoute que, puisque Dieu ne veut pas qu'il parte, il v.a donc

a peiiis^ doit répéter une fois par jour, pendant un an, la prière « commençant par Ava ou le Yatliintchida. »

254. « Celui môme qui a commis beaucoup de fautes secrètes^ a est purifié en récitant pendant un mois le Somârôdra ou les trois tt prières commençant par Ayrama, et en se baignant dans une « rivière. »

256. « Le Dwidja qui offrira du beurre clarifié , pendant un an , « avec les prières des obl^lions dites Sâkalâs, ou en récitant lin- « vocation dont le début est Nama, effacera la faute la plus grave. »

261. « Un Brahmane possédant le Rig-Véda tout entier ne sérail « souillé d'aucun crime, même s'il avait tué tous les habitants des <f trois mondes et accepté de la nourriture de l'homme le plus vil. »

262. « Après avoir trois fois récité, dans le plus profond. rec( cueiilement, une Sanhilà du Ritch, du Yadjous ou du Sâma, i( comprenant les Mantras et les Bràhmanas, avec les parties mys- (X térieuses, un Brahmane est déchargé de toutes ses fautes, »

Assurément les Brahmanes chrétiens ne se sont point entendus avec Tauteur qui a dressé ce tarif pénitentiel, dont on ignorait môme l'existence aux plus beaux jours de la casuistique. Pourtant, que de points de contact, que de ressemblances! Des historiens, des orateurs, des poëtes, des philosophes même répètent encore aujourd'hui que toute sagesse et toute science viennent de l'Orient. Pour moi, j'admettrais volontiers que toute erreur et toute folie en viennent, s'il ne m'était démontré qu'en fait d'exlravogances l'esprit humain est, sous toutes les latitudes et dans- tous les temps , très-riche de son fonds et rarement obligé de recourir aux emprunts, pour peu que certains précepteurs l'aident à exploiter ses propres ressources.

rentrer chez lui, v. 34. Assurément on ne vit jamais volonté plus docile ni plus souple. Mais voilà que l'ange lui ordonne de continuer sa route et de suivre les Moabites : ce à quoi Balaam se résigne encore, v. 35. Bien plus, dans les deux chapitres suivants, on le voit bénir par trois fois les Israélites, en présence même du roi Balac, qui l'avait appelé pour faire tout le contraire et dont il brave la colère. Vous croyez que cette conduite le fera bien venir enfin des Israélites. Point du tout. Il est enveloppé dans le massacre qu'ils font des Madianites, et que je vais relater tout à l'heure. Tel fut en définitive le prix de ses complaisances pour ses bourreaux, complaisances, il- est vrai, mêlées de perfidies, puisqu'il aurait donné aux femmes moabites le conseil d'exercer de coupables séductions sur les Israélites, ch. 24, V. 14, et ch. 31, v» ,16. Cette histoire de Balaam est, comme on le voit, un chef-d'œuvre de bouffonnerie et de déraison.

j5 7. — LES PILLES DE MOAB SÉDUISENT LES ISRAÉLITES; MASSACRE DES MADIANITES ET PARTAGE DU BUTIN

Ch. 25, V. 1-5, les Israélites, séduits par les filles de Moab, sont entraînés au culte de Béelphégor. Jéhovah fait pendre les chefs du peuple, et Moyse ordonne aux juges d'Israël de tuer tous les coupables. On voit, au verset 9, que cette tuerie avait déjà fait périr 24,000 Israélites, et qu'elle ne s'arrêta qu'après la scène racontée aux versets 6-8, et dans laquelle le petit-fils du grand-prêtre joue un rôle étrange (1). Est-ce assez de ces

1) Saint Jérôme semble s'être proposé de rendre cette çeène

24,000 morts pour apaiser la colère de Jéhovah? Non. Maintenant qu'il s'est vengé des Israélites, il leur ordonne de se venger et de le venger lui-même des Madianites, ch. 31, v. 2 et 3 (1). Mais ils se contentent de ravager et d'incendier les villes et les bourgs et d'égorger les hommes faits, et ils réservent les femmes, les enfants et "lés troupeaux, v. 7-10. Moyse, irrité de cette modération, leur ordonne de tuer tous le^ enfants màlesettoutes les femmes qui ont eu commerce avec des hommes ; mais il prescrit de réserver toutes les vierges, V. 14-18. Puis, procédant au partage du butin et faisant d'abord la part sacrée, il donne à son neveu, le grandprêtre Éléazar, 675 brebis, 72 bœufs, 61 ânes et 32 vierges, et aux lévites 6,750 brebis, 720 bœufs, CIO ânes et 320 vierges. Le reste est livré aux guerriers et au peuple, v. 27-47 (2). Ainsi, indépendamment des

plus graveleuse encore qu'elle ne l'est déjà par elle-même, en introduisant dans sa traduction de vilains mois qui n'ont rien de correspondant dans le texte originel. On remarquera que le fait du V. 6 se lit de trois façons différentes dans l'hébreu, le grec et le latin. Dans Thébreu, un des enfants d'Israël aviena la Madianite à ses frères ; dans le grec, il amena son frère à la Madianite ; dans le latin enfin, il entra en présence de ses frères auprès d'une prostitué Madianite.

(1) La vengeance de Jéhovah, v. 3. Quelle heureuse alliance de mots!

(2) II faut remarquer que les chiffres indiquant les divers objets du butin sont arrangés en nombres parfaitement ronds, tous exactement divisibles par mille; on reconnaîtra que cela était nécessaire, si Ton examine les détails du partage :

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