LA VENGEANCE PARTICUUÈRE ÉRIGÉE EN DEVOIR
Cil. !r>, V. 19-21, Jéhovah prescrit aux parents d'an homme assassine ou mort par suite de blessures, d'égorger le meurtrier, aussitôt qu'ils le rencontreront. 11 est difficile de concevoir rien de plus barbare qu'une pareille législation. C'est ériger la vengeance personnelle en devoir et replonger l'homme dans l'état sauvage. Un des principaux buts de l'état social, c'est d'empêcher les individus ou leurs familles de se faire justice, c'est de substituer l'intervention calme et désintéressée de la raison et de la force publiques aux ressentiments exagérés et aux passions trop souvent cruelles des particuliers. La règle posée ici par le législateur des Hébreux est le renvenement de toutes ces notions élémentaires de l'administration de la justice chez les peuples policés. Elle est du reste en contradiction avec le précepte qu'avait donné le même législateur, au ch. 19, V. 18, du Zétitique, où il interdit la vengeance, pour la recommander ensuite un peu plus loin, au ch. 24, v. 19 et 20, du même livre.