‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 54 sur 139 · JÉRICHO. AUTRES MASSACRES · texte numérisé non relu

JÉRICHO. AUTRES MASSACRES

Le passage du Jourdain à pied sec, raconté au livre de Josuéy ch. 3, v. 15-17, et ch. 4, v. 18, fournit aux peintres un sujet de tableau presque aussi riche que le passage de la mer Rouge, auquel il peut servir de pendant, quoique moins original et moins grandiose. Au moment où les prêtres, porteurs de Tarche, mettent le pied dans le lit de la rivière, les eaux venant d'amont s'arrêtent et s'amoncellent en une muraille liquide, et celles d'aval descendent à la mer. Le passage des Israélites opéré, les eaux reprennent leur cours

(j) A la Gu du iv"" siècle, il y avait, de Taveu de saint Jcrùmc, entre les mains des latius, autant de versions du livre ilnJosué que d'exemplaii*es , et chacun y avait à son gré fait des additions ou des retranchements. i^Prœfalio in Josue, tome ^S Paris, 1693.)

ordinaire. L'historien juif Joseph, qui nous avait laissé^; libres de penser ce que nous voudrions du passage de la mer Rouge, imagine ici un autre moyen de mettre notre esprit à Taise : il ne fait intervenir la puissance divine que pour rendre le Jourdain simplement gucahk au moment du passage, ce qui réduit considérablement les proportions du merveilleux et fait presque rentrer les choses dans les limites du naturel et du possible (1 -.

Ch. 6, V. 4, 5, 10, 17 et 20-25, fidèles aux ordres d'extermination qu'ils ont reçus de Dieu, les Israélites, maîtres de Jéricho, dont les murs se sont écroulés au bruit des trompettes sacrées et des vociférations du peuple, en massacrent tous les habitants, sans distinction de sexe ni d'âge; leur fureur se décharge jusque sur les bètes de somme (2). Ils n'épargnent qu'une femme, la courtisane Raliab, chez laquelle deux de leurs espions ont passé une nuit, circonstance qui, sous quelque face qu'on l'envisage, n'avait rien d'honorable, quoique l'auteur de YEpître aux Hébreux, ch. 11, V. 31, y ait vu un merveilleux effet de la foi. L'historien Joseph fait de cette femme de mauvaise vie une simple hôtelière, ce qui certes n'est pas nécessairemont la môme chose (3). Le mensonge par lequel elle trompe ses compatriotes au sujet des espions étranger? qu'elle tient cachés chez elle, donne lieu à des réflexions analogues à celles que nous a suggérées plus haut • 4i celui des sages-femmes israélites.

On peut voir d'autres détails de nouveaux massacres, ch. S, V. 2, 8 et 25-28; ch. 10, v. 28, 30, 32, :3:^ :G,

(I) 'Iou^a«xi& àpyjMn/.ry^i'Xj livre o, ch. l*", lome I**", Âuuler- (lain, 1720.

'2'' « Ils iinmolcrent toul oc qui était dans la viilc , tlepuH ( 1 liomiiie jusqu'à la remme, depuis l'eu Tant jusqu'au vieillard, vl u jusqu*au liœuf, à lu brebis cl à rànc. » Ch. 6, v. 2!.

(3) Ibidtm.

^) Chapitre i, J i*-'.

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37, 39 et 40; et ch. 11, v. 8, 11, 12, 14, 21 et 22. Le chapitre 12, résumant les exploits guerriers de Moyse et de Josué, compte 31 Rois d'exterminés avec leurs peuples, et les chapitres 13-21 donnent les détails du partage de leurs possessions entre les Israélites. Je dois avertir d^avance le lecteur que cette destruction complète des peuples de la Palestine est une affreuse vanterie plus encore qu'une réalité. Ce sera la Bible môme qui nous en fournira la preuve. Aux livres des Juges et des Eois^ on voit ces peuples, que les Juifs avaient exterminés, reparaître assez nombreux et assez puissants pour leur faire des guerres continuelles et souvent même pour les asservir.

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