‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 58 sur 139 · AOD ASSASSINE ÉGLON, ROI DE MOAB · texte numérisé non relu

AOD ASSASSINE ÉGLON, ROI DE MOAB

Ch. 3, V. 14-24, les Israélites sont 'asservis par Églon, roi de Moab. Jéhovah leur suscite un sauveur, nommé Aod. Voici le moyen auquel a recours cet inspiré. Il vient offrir des présents au roi Eglon et demande à lui parler en secret. Celui-ci congédie tous les assistants. Aod lui dit qu'il a quelque chose à lui faire savoir de la part de Dieu, v. 20. Le roi se lève aussitôt de son trône. Alors Aod s'acquitte de sa commission, c'est-à-dire. qu'il tire de dessous son habit un poignard qu'il plonge dans le ventre d'Églon. Le coup, quoique porté de la main gauche, fut si bien appliqué que la poignée entra et demeura avec le fer ensevelie dans la graisse ; car le roi était très-gras. A cette plaisanterie le verset 22 en ajoute une autre qu'on ne peut traduire en français (1).

(1) Saint Jérftme l'a rendue par une périphrase. Le Iraducleur grec a jugé plus simple de n'en rien dire. L'historien Joseph n'en dit rien non plus. Il nous présente Aod comme un homme d'un très-grand niérile, ayant préparé son coup de loin et s'élanl, dans ce but, habilement insinué par des présents et des flalteries dans les bonnes prAces et même dans Tinliinilc du roi ftplon. {Ibtd,, ch. 4.)

§ 3. — JAÏIEL ASSASSINE SISARA, GÉNÉRAL CHANANEEN.

Ch. 4, Y. 17-22, voici un trait de même nature, rdont une femme est Théroïne. Les Israélites obêisseni à Jabin, roi de Chanaan. Soulevés par Debbora, qu: était en même temps prophétesse et juge d'Israël, ils battent Sisara, général de Jabin. Jahel, femme d'Haber, engage Sisara à se réfugier chez elle, et le reçoit avec des démonstrations amicales (1). Mais, pendant que celui-ci, se confiant à ce bon accueil et comptant sur les droits sacrés de Thospitalité, se laisse aller an sommeil, Jabel entre à pas de loup dans le lieu où il repose, et lui enfonce à coups de marteau un clou dans la cervelle. Au chapitre suivant, la prophétesse Debbora, entonnant un chant de victoire, célèbre ce haut fait de Jahel, et la proclame bénie €7itre les femmes. V. 24-27 (2).

(1) a Entre, mon soigneur, cnlrc chez moi, ne crains rion. V. 18.

(2) Que de grAce devaient avoir les demoiselles de Saint-C\T. lorsqu'elles répétaient devant madame de Maintenon ces regr^*.' que Racine faisait exhaler harmonieusement aux filles de Sien, rne pouvoir enfoncer des clous dans la tète des ennemis de Dieu'

« Hélas! si pour venger l'opprolirc dlsraôl,

« Nos mains ne peuvent pas, coir.me autrefois Jahel,

« Des ennemis de Dieu percer la tôtc impie,

« Nous lui pouvons du moins immoler notre vie. •

(Alhalie^ acte 3, scène 7.

Pour ces tendres jeunes filles chrétiennes, élevées comme elîe^ Tétaient, les ennemis de Dieu c'étaient les hérétiques, les schisme tiques et les incrédules, et dans leurs rôvcs mystiques, elles ift i.trevoyaient pas de plus grand bonheur que celui qu'elles auraior : goûté en les assassinant. Nouvel exemple de la perversion roorak causée par les fausses idées religieuses.

JUGES ET HUTH 67

Ji S. — EXPLOITS ET VENGEANCES DE GÉOÉON. FÉROCITÉ

D*ABIMÉLECH

Aprôs s'être conduits envers les Chananéens avec autant de l)arbarie qu'on Ta vu dans les livres précédents, les Israélites, une fois établis dans la terre promise, ne pouvaient manquer de se déchirer entre eux. ^

Gédéon, qui fut surnommé Jérobaal pour avoir, pendant la nuit, ce qui demandait un grand courage, renversé Tautelet coupé le bocage de Baal, ouvre cette nouvelle série d'horreurs. Je passe sur les miracles qui signalent sa vocation de juge d'Israël et sur son expédition contre les Madianites, où figurent si glorieusement trois cents pots cassés, ch. G et 7. Les habitants de Soçcoth et de Phanuel refusent ironiquement de fournir des vivres à ses troupes. Revenant en vainqueur, il se venge en battant les anciens de la première (]o ces deux villes avec des épines et des chardons, et on massacrant les principaux de la seconde, ch. 8, V. 1-17.

. Son fils naturel Abimélech, sous prétexte d'épargner aux habitants de Sichem l'embarras d'un trop gr.md nombre de chefs, assassine ses 70 frères sur une môme pierre, et se fait procla"Yner roi, ch. 9, v. 1-6. Mais bientôt, les liabitants de cette ville ayant voulu secouer le joug in ils avaient accepté, il la rase et y sème du sel après m avoir exterminé la population, puis il brûle environ [,000 hommes et femmes réfugiés dans une tour. Il se [isposait à en faire autant à des habitants de Thèbes, ni s'étaient enfermés dans une tour, lorsqu'une femme ni lança un fragment de meule, qui lui brisa le crâne ; e voulant pas qu'il fût dit qu'il était mort de la main *a7ie femme, il ordonna à son écuyer de le percer do

son épëe, et cette consolation, bien digne d'un tel monstre, lui fut incontinent accordée , v. 23-54.

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