LIVRE DES ROIS
1'*' LIVRE DES PARAUPOMÈNES.
Joseb.
Jesbaam.
Adino.
(Voir plus loin le nom
d'Adina.)
Éléazar.
Éléazar.
Samma.
Abisaï.
Abisaï.
Banaïas.
Banaïas.
Asaël.
Asaël.
Elchanan.
Elchanan.
Samma.
Sammoth.
Élica.
Hélès.
Hélès.
Hira.
Hira.
Abiézer.
Abiézer.
Mobonnaï de Husathi.
Sobbochaï de Husathi.
Selmon.
Haï.
MaharaT.
Maharaî.
Héled.
Héled.
Ithaî.
Ithal.
Banaïa.
Banaïa.
Hiddaî des torrents de Gaas
• Huraï des torrents de G«sb.
Âbialbon d*Arbath.
Abiel d^Arbath.
Azmaveth.
Éliaba.
Âzmoth.
Éliaba. *
Jonathan.
Jonathan.
Samma.
Ahiam.
Ahiam.
Ëliphélet, fils d'Aasbaï.
Éliam.
Éliphal, fils d^Ur.
Hépher.
Ahia.
Hesraï da Carmel.
Hesro du Carmel.
Pharaï.
Iguéal.
Bani.
Naaraï.
Joël.
Mibahar.
Sélec.
Sélec.
NaharaY.
Naaraï..
Ira.
Ira.
Gareb.
Gareb.
Urie.
Une.
Zabad.
(Voir pins haut le nom d'A-
dino.
Adina et ses tf ente .
Hanan.
Josaphat.
Ozia.
Samma.
Jéhiel.
Jédihel.
ROIS ET PARALIPOHÈNBS 135
Joa.
Éliel.
Jéribaï.
Josaïa.
Jethma. *^
Éliel.
Obed.
Jasiel.
Négligeons les variantes dans la manière d'écrire certainippms qui paraissent plus ou moins évidemment désigner les mêmes personnages, quoique ces variantes ne soient pas sans importance quand il s'agit de livres écrits sous l'inspiration de l'Esprit-Saint et que le concile de Trente défend, sous peine d'anathème, de corriger. Je dis que ces noms paraissent désigner les mêmes personnages ^?i^^ ou moins évidemment : il faut en effet un peu de bonne volonté pour voir, par exemple, Joseph dans Jesbaam, Mobonnaï dans Sobbochaï, Hiddaï dans Huraï, Abialbon dans Abiel, et surtout Élifhélet, fils cTAasiaï, dans Éliphal, fils d'Ur, On remarquera d'abord que la liste des JRois comprend trente-sept noms leulement, tandis que celle des ParalipomèTies en com- >rend cinquante. De plus les six noms d'Élica, Selmon, ^liam, Pharaï^ Iguéal et Bani, de la liste des Hois, ne igurent pas dans celle des Paralipomènes , et d'un utre côté les dix -neuf noms dllaï, Hépher, Ahia, oël, Mibahar, Zabad, Hanan^ Josaphat, Ozia, Jéhiel, édihel, Joha, Éliel, Jéribaï, Josaïa, Jethma, Éliel, >bed et Jasiel, de la liste des Paralipomènes, ne figu- 3nt pas dans celle des Hois. Cette dernière liste comrend trois Samma et un Naharaï, quand celle des Pailipofnènes comprend un Sammoth et un Samma et ?ux Naaraï (1). Enfin le verset 11 des Paralipomènes
(i) hcB deux listes de la version grecque difièreat considérablejit soit entre elles soit de celle-ci.
attribuant à Jesbaam le glorieux exploit de cette bête féroce mentionnée au verset 8 des Èois^ ne donne que trois cents tués au lieu de huit cents. Le Maistre de Sacj a écarté cette contradiction en disant que Jesbaâm tua trois cents hommes d'abord tout en une fois et les antres ensuite (1). Cette manière de venir au secours des distractions de TEsprit-Saint aurait pu faire envie à Voltaire. Malheureusement he Màistre de Sacj était le seul à qui une pareille plaisanterie fût interdite, attendi que, dans sa traduction du verset 8 des ^^4^^^ ^^^ avait représenté le héros en question égorgeaiTles huit cents victimes sans se reposer. Donc Calmet a pris le parti de se décharger sur les copistes des embarras que lui causaient les deux listes et particulièrement le verset 8 des JBois (2).
David fait le dénombrement de son peuple. D*après le chapitre 24, v. l**", du 2« livre des Xois, il est exciti à cet acte par Jéhovah, qui se propose de Ten punir. D'après le chapitre 21, v. 1*^, du 1^ livre des ParaitpomèneSf c'est Satan qui l'y pousse. On trouva pour résultat d'un recensement complet, d'après le chapitre 24, V. 8 et 9, du livre des £ois, 800,000 guerriers es Israël et 500,000 en Juda, en tout 1,300,000. D'aprèi le' chapitre 21 , v. 5 et 6, du livre des Paralipominis. on trouva 1,100,000 guerriers en Israël et 470,000 ei Juda, en tout 1,570,000, et Ton n'aurait pas compte les tribus de Lévi et de Benjamin, ce. qui semble coor firme par le verset 24 du chapitre 27 de ce même livre des Paralipomènes, mais ce qui est peu d'accord avec les termes précis de la relation du livre des Rois. Le Maistre de Sacy pense que, dans le livre des Rais^ les
(1) La Bomte Bible, note sur le Teraet 11 du line des ParakifB' mènes, tome !•», Paria, 1717.
(2) Conmeaiaxre littéral iur le 2* Uvre des Rois , tome ^ Paris, 1711.
ROIS ET PARALIPOlfàNES 137
500,000 de Juda ont été pris pour compte rond, tandis que, dans le livre des ParalipomèTies, les 470,000 ont mis la chose plus juste ; il ajoute qu*il y a peut^tre aussi une méprise de copiste (1).
D'après le chapitre 24, v. 24, du 2« livre des Sois, David achète cinquante sicles d'argent Taire où il se propose d*ériger un autel afin d*apaiser Jéhovah qu'il avait irrité en faisant le dénombrement de son peuple. D'après le chapitre 21, v. 25, du 1^ livre des Paralipornènes, il achète cette aire six cents sicles d'or; ce qui est fort différent. Des auteurs estiment que le sicle d'argent des Hébreux pesait le double du sicle d'or. Dans ce cas, le rapport de la valeur de l'argent à celle de l'or étant supposé celui de 1 à 15 7/10, les deux prix donnés par les Itois et les Paralipomènes, différeraient donc entre eux comme 1 diffère de 94 2/10.
D'après le chapitre 5, v. 50 [v. 16], du 3® livre des Hois, Salomon établit trois mille trois cents chefs pour présider à des travaux relatifs à la construction du temple. D'après le chapitre 2, v. 1 et 17 [v. 2 et 18], du 2« livre des Paralipomènes, il en établit trois mille six cents (2).
D'après le chapitre 9, v. 28, du 3® livre des Jiois, la flotte de Salomon lui rapporte d'Ophir quatre cent Ti7igt talents d'or. D'après le chapitre 8, v. 18, du 2® livre des Paralipomènes, elle lui en rapporte quatre cent cinquante (3).
D'après le chapitre 15, v. 2, du 3® livre des Itois, Abia, fils et successeur de Roboam, roi de Juda, avait eu pour mère Maacha, JiUe d'Aiessalom, D'après le cha-
(1) Note sur le verset 5 du livre des Paralipomènes.
(2) Le grec donne trois mille six cents dans les deux passages.
(3) Le grec donne également quatre cent cinquante au 2* livre des Paralipomèneê; mais au troisième livre des Rois il ne donne que cent vingt.
pitre 13, v. 1 et 2, du 2^ livre des Paralipomènes, il avait eu pour mère ^ichaisL, Jllle d' UrieL Ce n'est pas tout. L'auteur du 2^ livre des Paralipomènês ne contredit pas seulement Tauteur du 3^ livre des Hais, mais il se contredit lui-même; car, au chapitre 11, v. 20 et 22, il avait dit aussi qu'Âbia avait eu pour mère Maacha, fille d'Absalom.
D'après le chapitre 15, v. 10, du 3® livre des Jiois^ A.sa, roi de Juda, avait eu pour mère Maacha, fille TÂbessalom, ce qui en ferait alors le frère de son prédécesseur Abia. Or, d'après le chapitre 13, v. 23 [ch. 14, V. l^'J, du 2^ livre des Paralipamènes, il n'était pas le frère, mais le fils d'Abia (1). Autre contradic* tion : d'après le livre des Hais, v. 14, Asa ne détruisit pas les hauts lieux; d'après le livre des Paralipomènês, V. 2 et 5, au contraire, il les détruisit.
D'après le chapitre 15, v. 33, du 3* livre des £m, Baasa, roi d'Israël, monta sur le trdne la troisième année du règne d'Asa, roi de Juda, et d'après le chapitre 16, V. 6 et 8, du même livre, il mourut la vingtsixième année du règne de ce même Asa, et fut remplacé par son fils Éla. Mais nous voyons, au 2® livre des Paralipomènes, ch. 19, v. 19, et ch. 16, v. 1®% Baasa venir combattre Asa la trente-sixième année du règne de ce dernier : d où il suit que Baasa faisait encore la guerre en personne dix ans après sa mort.
D'après le chapitre 8, v. 26, du 4« livre des Hais, Ochozias, fils de Joram, roi de Juda, monta sur le trône à vingt-deux ans. D'après le chapitre 22, v. 2, du 2^ livre des Paralipomènês au contraire, il avait quarante-deux ans quand il commença de régner. Mais voici le plus curieux. Non content de se mettre en con-
(<) Celle contradiction n'existe pas dans le grec, qui, au lÎTit des Rois, donne à Asa pour mère une autre ftllé d'Abessalom , nommée Aaa.
tradiction avec le 4^ livre des Hois, l'auteur du 2* livre des Paraliptmènes se met en contradiction avec luimême, et cela à la distance du dernier verset d'un chapitre aux deux premiers versets du chapitre suivant. Le verset 20 et dernier du chapitre 21 répète ce qui avait été dit déjà au v. 5 du même chapitre, que Joram était monté sur le trône à trente-deux ans et qu'il en avait régné huit, d'où il suit qu'il était mort à quarante ans. Or, d'après les deux premiers versets du chapitre 22, son fils Ochozias, qui lui succéda immédiatement, avait alors quarante^deux ans. Il résulte de là que le fils avait deux ans de plus que le père. Le grec n'a pas ces contradictions; mais il en a une autre. Au 4* livre des Rois, il fait monter Ochozias sur le trône à l'âge de vingt-deux ans, et au 2« livre des Paralipomènes, il le fait régner à vingt ans.
D'après le chapitre 22, v. 3-20, et le chapitre 23, V, 1-20, du 4« livre des Hois, ce ne fut que la dix-huitième année de son règne et après la découverte du livre de la loi, que Josias détruisit le culte des idoles et massacra les prêtres de Baal. D'après le chapitre 34, V. 3-16, du 2« livre des Paralipomènes , au contraire, ce fut dès la douzième année de son règne et avant la découverte du livre de la loi.
D'après le chapitre 24, verset 8, du 4* livre des Hois, Joachim, roi de Juda, monta sur le trône à l'âge de diX'huit ans, et il régna trois mois. D'après le chapitre 36, verset 9, du 2® livre des Paralipomènes^ il gtrriva à la royauté âgé de huit ans seulement, et il rég-na trois mois et dix jours.
Voilà d'assez graves contradictions. Des commentaieurs, àhout d'expédients, disent que la diversité des ^eçons et la méprise des copistes sont cause de ces varia- 'ions. Telle est en particulier la réponse de l'abbé Gué- Lier de Saint-Âubin, à propos de la contradiction ig^nalée plus haut, entre la relation du 3^ livre des Rois
et celle du 2* livre des Paralipomènes relativement à la mère d*Abia (1). Nous prenons acte de cet aven. Il s'ensuit évidemment que Thomme peut changer et co^ rompre Tœuvre de TEsprit-Saint qui, selon la doctrine chrétienne, a dicté également toutes les parties de la Bible. Mais rEsprit-Saint, en supposant qu'il ait recours à des intermédiaires pour manifester sa pensée et sa volonté, doit-il permettre qu'ils corrompent son œuvre, et s'il permet qu'ils la corrompent, peut-on dire qu'elle est encore son œuvre? Si une fois vous accorde qu'elle peut être altérée sur un point, qui assurera qu'elle ne l'a pas été aussi sur celui-ci, et puis sur cet autre ? En disant que vos auteurs sacrés sont inspirés par la Divinité, vous êtes obligés de convenir que les copistes et les traducteurs ne le sont pas (2). Mais ceh est pour nous absolument comme s'ils ne l'étaient ni les uns ni les autres, puisque Tœuvre des auteurs sacrés ne nous est pas présentée en original, sans ratures ni variantes, et marquée de leur sceau, mais ne nous es: transmise et notifiée que par la voie des copistes. Vons avouez qu'il y a, dans les livres saints, des choses qtii sont de l'homme et non pas de Dieu. S'il en est ainsi, qui fera le départ de ce qui revient à Dieu et de ce qsi revient à l'homme? Et d'ailleurs ne déclarez-vous pâs en principe qu'on ne peut rien changer, rien ajouter,
(1) Histoire sainU, tome ni,2* note de la page 404, Paris, t74l. Voir aussi la réponse de Tabbé Guénée , Lettres de quelques j»(t tome III, pages 350 et suivantes, Paris, 1781.
(2) ff Tout le monde sait parfaitement la différence qu'U y 3 « entre les auteurs sacrés et ceux qui les ont traduits ; on sait qœ « les premiers étaient inspirés, et que les autres ne Tétaient pa^- « J'ai déjà fait yoir que la multitude des manuscrits devenait viBf « source d*errettrs par Tlnadvertance des copistes, b (Essai sff VÊcntwresairUe, par Tabbé du Contant de la Molette, ch. 3, 1 1
ch. 6, $ 3, Paris, 1775.)
rien corriger à votre texte de la Bible sans être anathème? Je reviendrai sur cette question lorsque j'aurai à examiner, dans la seconde section, les nombreuses et bien autrement graves contradictions des évangiles.