‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 69 sur 139 · PROFESSION DE JUDAÏSME · texte numérisé non relu

PROFESSION DE JUDAÏSME

Au livre 1^' diEsdras, ch. l«f, v. 2, on fait dire i Cyrus qu'il a reçu de Dieu la mission de lui constnài^ un temple à Jérusalem. C'est la répétition de ce q^ venait d'être dit au dernier verset des Paralipomhfs Darius, au chapitre 6, verset 10-12, et Artaxerxès, as chapitre 7, verset 26, se font les exécuteurs des ordres donnés à cet effet par Cyrus ; ils menacent de la mort de l'exil, de l'amende ou de la prison ceux qui oserâiei' y contrevenir; Artaxerxès, v. 20-23, va jusqu'à metfr ses finances à la pleine disposition des Juifs. On ne f^^ pas dire que ces trois rois de Perse prétendaient simi^r ment faire acte de tolérance religieuse pour une nativréduite en esclavage : parler et agir comme ils le îvC ici, c'était faire abjuration publique de leur religioD e* profession solennelle de judaïsme ;' car ils appellent ^

Dieu des Jaifs le Dieu du ciel, Cyrus dit avoir reçu Tordre de lui construire un temple à Jérusalem, Darius veut qu*on lui fasse des offrandes et invoque sa protection, et Artaxerxès redoute sa colère ; toutes choses qui impliquent la croyance réelle ou simulée. Sans la Bible nous eussions ignoré que ces rois se fussent montrés aussi bons Israélites; car l'histoire profane ne nous en dit absolument rien. Non-seulement elle ne nous en dit rien, mais elle nous transmet des renseignements qui autorisent à supposer le contraire. Un historien grec, Hérodote, qui avait parcouru l'Asie et qui vivait du temps d'Ârtaxerxès, assure que les Perses, loin de bâtir des temples en Thonneur de la Divinité, voyaient dans un pareil fait un trait de folie (1). Un autre auteur grec, Arrien, nous apprend que Xerxès avait renversé les temples de Babylone, qu'Alexandre fit relever (2). On peut juger, d*après ces témoignages, de la sensation qu^eussent produite les faits de solennelle profession judaïque, attribués par la Bible aux rois Cyrus, Darius et Artaxerxès, et s'il est dès lors vraisemblable que l'histoire proprement dite les eût laissés passer inaperçus.

Cyrus rend aux Juifs les vases et ustensiles sacrés de leur temple, qui avaient été enlevés par Nabuchodonosor. Le verset 11 du chapitre 1^ porte le nombre total de ces objets à 5,400; mais, quand on fait Taddition des nombres détaillés que donnent les versets 9 et 10, on ne trouve que 2,499. Nous allons voir, dans le paragraphe suivant, de bien autres erreurs de comptes.

(1) *I/}To/>i«v, livre l«s art. 131, Londres, 1679.

(2) ïltfA «vaSàffiuc 'Â>fSàv^/9ou, livre 3, Genève, 1575.

liA SECONDE PARTIE

§ 2. — DENOMBREMENT DES JUIFS AU RETOUR DE LA CAPTIVnC

Le chapitre 2 fait le dénombrement des Juifs qui, après la captivité de Babylone» revinrent en Judée soos la conduite de Zorobabel. Ce dénombrement design? chaque famille par son nom, et comprend les nombres précis d'individus dont se composaient ces diverses familles. Après avoir fourni lui-même ces détails, raatenr sacré fait la somme, v. 64 et 65, et donne quarafUe4m mille trois cent soixante, en déclarant que, dans ce nombre, il ne comprend pas sept mille trois cent trentesept esclaves, parmi lesquels se trouvaient deus centi chanteurs et chanteuses. Si nous faisons radditioo après lui, en y comprenant les onze chefs nommés individuellement au verset 2, nous trouvons seulemeot vingt-neuf mille huit cent vingt-neuf. Nous avons beat compter puis recompter, nous n*en trouvons pas danotage. La différence est de douze mille cinq cent trente et un. Au 2® livre à*£sdraSt appelé aussi le livre de NihémiaSj ch. 7, on trouve égsdemént un dénonabrement des Juifs au retour de la captivité. On espère ^ celui-là va faire sortir de l'embarras où jetait le premier. Au contraire il y replonge de plus belle. Les versets 66 et 67 donnent aussi pour total le nombre de quarante-deux mille trois cent soixante, non compri-' sept mille trois cent trente-sept esclaves, dontife»»* ce^^^tf^rtz^^e^oi^^ chanteurs et chanteuses. Mais, quand on additionne les divers nombres qui viennent d'être présentés comme les éléments de cette somme, en } comprenant les douze chefs nommés individuellement au verset 7, on ne trouve que trente et un mille cent «*• Encore une différence de onze mille deux cent cinqua^^

Mufy et une différence autre que la première (1). Ainsi, de deux choses Tune : ou le Saint-Esprit, qui a dicté les deux livres canoniques iHEsàras, a oublié quelque chose en donnant le détail des familles qui revinrent de la captivité et en fixant les nombres précis d'individus dont elles se composaient, ou il a depuis permis aux copistes d'omettre quelques-uns de ses renseignements, et l'une de ces deux choses, qui sont également compromettantes pour son infaillibilité, est arrivée à deux reprises différentes. Mais cela n'est pas tout. Quand on compare entre eux les détails corrélatifs des deux dénombrements, on y rencontre de nombreuses contradictions. Je ne m'arrêterai ni à plusieurs noms de famille qui figurent dans un dénombrement et point dans l'autre, ni à divers noms plus ou moins estropiés dans l'un ou dans l'autre. J'appellerai seulement l'attention du lecteur sur le tableau suivant, indiquant les chiffres contradictoires que donnent les deux dénom^ brements pour les nombres d'individus dont se composaient diverses familles. De ce tableau sortira cette conclusion que ces deux dénombrements sont en contradiction entre eu\ dans leurs détails respectifs, indépendamment de ce que le résultat général de chacun d'eux est, comme nous l'avons vu tout à Theure, en contradiction avec ses éléments particuliers.

(1) Dans le grec, les versets 64 et 65 du chapitre 2 du t«' livre, et les versets 66 et 67 du chapitre T du 2* livre doonent également le total précis de quarante-deux mille trois cent soixante, non com« [>ris les esclaves. Mais , quand on fait l'addition , on ne trouve , 30ur le premier dénombrement, que trente mUle vingt, et pour le second , que trente et un mille deux cent douze. Les diverses édiions du texte actuel de la Yuigate donnent généralement, dans les Icux livres, un total de 42,360. Mais, dans un manuscrit de la bibliothèque mazarine, présumé du ix* siècle, n^' 1 et 2, je lis, au «' livre 42,340, et au 2« livre 42,660.

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