SAGESSE ET ECCLÉSIASTIQUE
. Le livre de la Sagesse (1) est le premier des livres de rAncien Testament qui parle expressément et en termes intelligibles de l'immortalité de Tàme, ch. 2, v. 23; ch. 3, V, 1-4; ch. 5, v. 16, et ch. 15, v. 3. On y rencontre de généreuses pensées : par exemple, le chapitre 11, V. 24, 25 et 27, et le chapitre 12, v. 2 et 16, proclament l'inépuisable bonté de Dieu, et semblent repousser le dogme impie de l'éternité des peines, et admettre celui de la réhabilitation de toutes les âmes par la purification des épreuves. Mais on trouve dans le livre de la Sagesse, soit dans les chapitres mêmes que je viens de citer soit ailleurs, bon nombre dMdées qui ne sont plus en parfaite harmonie avec celles-ci. Les derniers chapitres surtout font disparate avec les autres.
Le livre de Y Ecclésiastique (2), qui porte le nom de Jésus, fils de Sirach, nous fait retomber en plein dans les idées juives.
Chapitre 7, v. 26, il est défendu à un père de montrer à ses filles un visage gai. Chapitre 30, v. 1, 9 et 10, il lui est recommandé, s'il aime son fils, de le fouetter assidïiment , et il lui est interdit de jouer et de rire avec lui. Nous avions entendu déjà l'auteur du livre des Proverbes préconiser ce système d'éducation,
(i) Saiot Jérôme Ta traduit du grec en déchirant qu'il n'exisait pas dans l'hébreu, et que d'anciens écrivains Tatlribuaient à ^hilon. (Prœfatio in libres Salomonis , tome I", Paris, «693,)
(2) Saint Jérôme la traduit de riiéhrcu : je citerai sa traducon h défaut de i'original qui n'est pas venu jusqu'à nous.
Chapitre 12, v. 4-7, il est ordonné de se montrer dw et sans pitié envers les pécheurs, parce que Dieu te hait et se rengera d'eux.
Chapitre 36 [33], v. 2, 3, 8 et 9, les malédictions et les fureurs de Dieu sont appelées sur les nations étrangères.
On ne s^attend guère à ce que Tauteur d*un livre es Ton rencontre de pareilles recommandations ait estrevu quelqu'un de ces préceptes que son compatriotr et homonyme, Jésus, fils de Marie, mettra plus tarder lumière. Il en a entrevu pourtant. On voit, aa chapitre 28, V. 1-11, de bonnes et sages recommandation' contrastant avec celles que j*ai citées tout à Theurf. et par lesquelles il conseille le pardon des injures f' condamne la vengeance.