‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 77 sur 139 · OSÉE · texte numérisé non relu

OSÉE

Le prophète Osée emploie comme Isaïe et Ézéclii" des allégories et des pantomimes impudiques. Il se fsdonner l'ordre d'épouser une femme de mauvaise ti-

(1) Par ttfi cheveu d'après la Vulgate, par la chevelure d'aprè> i texte grec.

2: Ce verset 42 n'existe pas dans le grec. Il a été retrancb^^

PROPHÈTES 20a

ch. P»", V. 2. Il figure les infidélités d'Israël et son retour à Dieu sous l'image d'uije femme adultère, qui court après ses amants, mais qui ne les trouvant pas et ne sachant que devenir, se décide, par ce motif, à revenir chez son mari, ch. 2, v. 4-9 [v. 2-7]. Enfin, pour signifier que Jéhovah aime les Israélites, quoique ceuxci recherchent les Dieux étrangers, le saint homme se condamne de nouveau à aimer une femme adultère» ch. 3, V. 1 et 2. Le Maistre de Sacy prétend que cette femme adultère était la femme même d'Osée, celle qu'il avait déjà épousée au chapitre l®*", et que le prophète reçoit ici de Dieu l'ordre de la reprendre malgré ses adultères (1). D'abord le texte n'autorise point cette interprétation; il porte simplement, v. 1" : « Et Jého- « vah me dit encore : Va, aime une femme qui a un «< amant et qui est adultère. ^ Afin de plier le texte aux exigences de son opinion, Le Maistre de Sacy traduit ainsi : « Allez et aimez encore une femme adul- •» tère. '»^ A-t-il espéré qu'une fraude consistant simplement dans la transposition d'un mot, passerait inaperçue? En second lieu, le verset 2 renverse la supposition de Sacy. Voici ce verset : « Et je l'achetai « quinze pièces d'argent et un homer et demi d'orge (2). >♦ Cette femme adultère, que le prophète se fait donner Tordre d'aimer, n'est donc pas sa femme, puisqu'il en loue ou en achète les faveurs à prix d'argent et de denrées, et qu'on n'est pas obligé apparemment de procéder ainsi pour vivre avec sa propre femme. En vain

latin de la Bible polyglotte de Paris , tome IV, 1629, ainsi que de rédition des œuvres de saint Jérôme par les bénédictins , tumel*% Paris, 1693. Je ne le trouve pas dans un manuscrit latin, présuiLé du w^ siècle , inscrit au catalogue de la bibliothèque Mazarine, sous Jes n*' 1 et 2.

(1) La Sainte BibUy notes, tome li, Paris, 1717.

(2) La version grecque fait -figurer au marché une certaine quantité de vin qui ne se trouve pas dans l'hébreu.

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invoque-t-on l'usage Israélite, dont on trouve plllâea^ exemples dans la Bible, et en vertu duquel on achex véritablement la femme que l'on épousait. Cela ne peu' pas se dire ici d'Osée. Dans la supposition que noi' combattons, il ne se marierait pas, puisqu'il ne fer:: que reprendre la femme qui lui appartenait déjà. S*: l'avait achetée, il n'avait pu le faire que lors du maria.mentionné au chapitre 1®'; mais il n'avait pas à Tachrter une seconde fois. Reste donc une seule explicai: possible, celle de l'achat d'un commerce crimineU^ une femme adultère.

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