‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 79 sur 139 · MÉPRISES HISTORIQUES · texte numérisé non relu

MÉPRISES HISTORIQUES

L'auteur du 1*^ livre, ch. 1*^ v. 7, prétend qu'Alexandre partagea ses États de son vivant entre sf^ principaux compagnons d'armes. L'histoire profane c. au contraire que ceux-ci l'entourant à son lit de mon lui ayant demandé à qui il laissait Tempire, il refosâ.se désigner un successeur et se contenta de répondra' « Au plus digne (2). »

Au chapitre 8, v. 6-8, il nous apprend qu'Antiochuv surnommé le Grand, aurait cédé l'Inde et la Médie an Romains, qui les auraient abandonnées à Eumène. v: l'histoire ne dit absolument rien de pareil. LorsquA^tiochus fut vaincu à Magnésie, il n'eut à céder aoî

0) Le texle original du 1**^ livre des Machabées ne nous est p^.

parvenu. Saint Jérôme dit l'avoir lu en hébreu. {Prœfatio de ok«

bus libris Novi Testamenti, tome I*% Paris, 1693.)

(2) Quinte Curée, De rébus gestis Alexandri wagni, livre l ^ 6 et 10.

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Romains, pour en obtenir la paix, ni la Média ni l'Inde, mais les provinces qu'il possédait dans l'Asie-Mineûre en deçà du Taurua, et ce furent ces provinces que les Romains donnèrent à Eumène, roi de Pergame, qui avait pris leur parti dans la guerre contre le roi de Syrie. Le Maistre de Sacy reconnaît que l'Inde et la Médie n'ont jamais appartenu à Eumène (1). Mais il ajoute : «< Il suffit pour la vérité de l'histoire que Judas « l'eût ainsi entendu dire. ** Quoi! il suffit à la vérité de l'histoire qu'elle soit farcie de mensonges I II suffit rju'un historien ait entendu raconter des fables pour rju'il soit autorisé à les transmettre à la postérité comme autant de réalités ! Plaisante théorie ! Elle ne serait pas tolérable si l'on essayait de l'appliquer à de simples mortels : comment ose-t-on l'appliquer à un écrivain que l'oh nous donne pour inspiré de Dieu?

Aux versets 15 et 16 du même chapitre, l'auteur sacré dit que les Romains avaient un Sénat composé de ^rois cent vingt membres, et qu'ils confiaient tous les ms le souverain pouvoir h un seul ho^nme à qui ils

^1) Il s'exprime loutefois à cet égard d'une manière inexacte : ( Il ne parait point, dit-il, que ni les Indiens ni les Mèdes aient <- jamais été soumis ni à Ânliochus ni à Eumène, roi de Pergame i et de Bithynie. » {La sainte Bible, notes, tome II, Paris, 17n.) [l est vrai que ni les Indiens ni les Mèdes ne furent jamais soumis i Eumène. Mais il n'est point exact de dire qu'ils ne furent non [>!us jamais soumis à Antiochus. Les Séleucides comprenaient dans enr royaume la Médie et plusieurs contrées de Flnde, conquises lar Alexandre. Ils voyaient toujours, il est vrai, ces pays près de eur échapper ; mais enfin ils y maintinrent assez longtemps leur puissance. Antiochus III en particulier, dans une de ses expélitions, avait rétabli son autorité sur ses provinces de l'Inde. !;^uanl à la Médie, il l'avait reconquise sur le salra))e Molon ; mais 1 la perdit de nouveau et pour toujours, ayant été obligé de l'abanionner à Arsace II. Il ne la possédait plus quand il fut défait par es Romains, et ce serait au besoin, indépendamment du silence do rhistoire, une raison pour nier qu'il la leur eût cédée, ainsi que le prétend l'écrivain sacré.

obéissaient tous, sans connaître jamais ni Tenvie ni l. jalousie. Il est évident que cet auteur ignorait que fe Romains, hors le cas très -rare où ils créaient un Dictateur, élisaient sous le nom de consuls deu^ magistrats suprêmes et que cette élection causait fort souTent d" très -grandes dissensions civiles. Il aura pris cett" royauté annuelle et si paisible d*un seul homme à k même source que son nombre rond de trois cent vîd^ sénateurs. Voilà un écrivain qui est bien au courân\ comme on voit, de Thistoire de Rome et de sa constitistion politique. Il ne faut pas oublier qu^il écrit sons la dictée de TEsprit-Saint.

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