COURAGE D^ÉLÉAZAR, d'uNE FEMME JUÎVE ET DE SES SEPT
FRS. MORT d'ANTIOCHUS
Livre 2 ch. 6, v. 18-31, et ch. 7, le vieillard Eléaar, une femme juive et ses sept fils donnent un admiable exemple de courage, en allant à la mort plutôt ue de faire un acte que défend leur religion. Cet xemple serait parfaitement beau s'ils se refusaient à lire une chose qui fût immorale de sa nature au lieu 'être aussi insignifiante en soi que le fait de manger u porc; car c'était à cela qu'Antiochus, au dire de historien sacré, voulait forcer les Juifs, ch. 6, v. 18, t ch. 7, V. P^ Mais, tout en regrettant de voir déenser de la sorte autant de force et de résignation, a ne saurait, je le répète, s'abstenir d'admirer ce noie sacrifice, quand on considère abstractivement le rincipe dont il émane, je veux dire la volonté de conîrver intacte la liberté religieuse.
f i ) Decrelum divi Gratianiy iotius propemodiêtn juris canonici cmndium, summorumquepontificum décréta atque pra^udicia, pari. 2, us. 23, qusest. 5, Lyo", ^S60.
Cet Antiochus avait la manie de Tunité religieuse, imposée d'autorité, ce qui fit souvent travestir son swnom à'Épiphane en celui d'Fpimaney quil méritait mieux. 11 voulait faire adopter son polythéisme hellénique à tous ses sujets. Les historiens profanes lai reprochent avec raison le fanatisme persécuteur dont il usa particulièrement envers les sectateurs de la religion de Moyse : ils n'ont pas dit pour cela qu'il présidât en personne à des exécutions de la nature de celles que décrit l'auteur du 2® livre des Machablts. au cbpitre 7. Ils le font mourir d'une chute de cheval. Mai^ cela était trop simple et pas assez exemplaire por.r 'a haine que lui gardaient lei^ Juifs. Il faut lire la relati que donne de sa fin le chapitre 9; c'est un st-tcimen instructif et édifiant de l'excès de passion auq> se portent parfois les écrivains sacrés. Antiochus et. occupé à une expédition en Perse lorsqu'il apprit It revers que les Machabées avaient fait éprouver à ^t: généraux Nicanor et Timothée. Enflammé de colt^:^ il donne à son cocher l'ordre de le mener sans reh:à Jérusalem dont il veut faire un vaste sépulcre, peine avait-il fini de donner cet ordre, que le i d'Israël lui envoie une violente douleur d'enti'tih Comme il n'en pressait pas moins son cocher, il toi de son char et se disloque tous les membres. Mais ^ que des vers fourmillent dans son corps livré aux \ atroces douleurs; ses chairs tombent en putréfac et s'en vont en lambeaux; l'odeur infecte qui > exhale enipeste toute son armée, personne ne peut Vdurer, et lui-même en est incommodé. Ce fut a seulement que le scélérat reconnut la justice et la p sance de Dieu, du Dieu des Juifs bien entendu, et adressa des prières. Il promettait de rendre libre c cité sainte qu'il s'était proposé de convertir en i beau ; il accorderait l'égalité athénienne à ces J qu'il avait voulu donner à mancrer aux aiseau:i
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proie; il ornerait et entretiendrait somptaeasement le temple quil avait dépouillé; enfin il se ferait juif et prêcherait le judaïsme par toute la terre habitable. Yaiiies et tardives promesses. Le Seigneur fut sourd, bien qu*on assure qu*il suffit, pour en obtenir le pardon des plus grands crimes, d*un bon peccati, comme celui que prononça David adultère et assassin. Le blasphémateur, après avoir écrit aux Juifs une magnifique lettre par laquelle iî recommandait à leur amour sa personne et celle de son successeur, mourut misérablement sur la terre étrangère.
f, k. — SUICIDE DE lUZUS
Ch. 14, V. 37-46, Nicanor, général du roi Démétrius, envoie dans la maison d'un des principaux citoyens de Jérusalem, nommé Razias, des soldats qui ont ordre de l'arrêter. Celui-ci, se voyant sur le point d'être pris, se (Vappe lui-même de son glaive. Comme il n'était pas encore mort, il se précipite du haut d'un mur sur les soldats, qui lui font place et le laissent arriver sur le sol la tête la première. Il respirait encore. Il se lève, 5'a.rrache les entrailles, les jette de ses deux mains sur £jL troupe, et expire en invoquant son Dieu. Que Ton lise qu'en se précipitant sur les soldats et même en eiar jetant ses entrailles dans un accès de rage plus >tirle8que encore que patriotique, il espérait tuer des i n xierois et rendre par h\ service à son pays, et qu'en lax'fiil cas le suicide est non-seulement permis mais méritoire, je n'admettrais pas même cela. Mais quand
il se donne lui-même un coup d'épée, ce nest pas apparemment pour faire du mal aux ennemis et pour sauver son pays, à qui cet acte de démence est inutile et funeste. Il y a bien là un pur suicide, parfaitement caractérisé, et que l'auteur sacré non-seulement n'appelle point de son vrai nom de crime et ne flétrit d'aucun blâme, mais présente comme une belle action: n se perça lui-même de son glaire, toulant mouriff^ blement plutôt que d'être soumis à des impies, v. 41 et 42 (1). Voilà donc l'auteur sacré qui justifie et honore le suicide, se faisant complice d'un cruel et immoral préjugé, et prenant sous sa recommandation un des plus déplorables égarements de l'esprit humain. Oc sait que les Donatistes, lorsqu'ils se donnaient euxmêmes la mort pour éviter de tomber entre les mains des catholiques, invoquaient l'exemple de Razias, e; prétendaient en l'imitant s'élever à un haut degré d" sainteté. Aussi saint Augustin, qui a écrit un livre contre les Donatistes, trouve-t-il répréhensible l'action de Razias (2). Mais, comme on pouvait lui objecter que ce jugement contredit le témoignage qu il tenai: pour divin, il prétend que l'écrivain sacré se borne simplement à rapporter le fait sans l'approuver (3V lprésence du texte que j'ai cité tout à l'heure et quie^• si manifestement un éloge, je vois, dans cette préteition de saint Augustin et dans la dissertation par laquelle il cherche à l'établir, beaucoup de rhétoriqn^ mais je ne sais que penser de sa bonne foi.
(i) Comparer à celte juslification du suicide par la Bible Ut^ commandation que fait Cicéron aux hommes pieux de ne p^"- ' sortir de la vie sans l'ordre de celui qui les y a placés, (fie hff^' blicd, livre 6,$ S.)
(2) CoiUrà Gaudentium Donatistam, livre 1", ch. 31, tomel^ Paris, i688.
^ (3) (ibidem,) La même explication se retrouve dans une de ?•' ^nitres. (Epistola 20i, Dulcitio, art. 7, tome II.'