SECONDE SECTION
LIYRE9 DU NOMJYEltfD TESTAIHEIVT
Les principaux livres du Nouveau Testament sont les Évangiles , les Actes des Apôtres et les Épltres de saint Paul. Je ne m'arrêterai pas longtemps sur les Actes des Apôtres ni sur les Epltres de saint Paul; mais j -examinerai en détail les quatre évangiles, parce que ce sont les bases mêmes sur lesquelles on a prétendu asseoir la religion chrétienne. On voit que je ne yeux pas user ici de l'avantage que la critique tire ordinairement de l'existence d'un très- grand nombre d'évangiles qui avaient cours parmi les chrétiens des premiers siècles, et dont quatre seulement, ceux qui portent les noms de Matthieu, Marc, Luc et Jean, et qui sont en effet les moins déraisonnables sans être pour cela peut-être moins apocryphes, auraient été déclarés authentiques par un décret du pape Oélase I^, rendu dans un concile de 70 évêques assemblés à Rome,
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en Tannée 494 (1). Je m'en tiens à ces quatre é^ayr giles, qui me sont fournis par nos adversaires mêmes. Je m'attacherai uniquement à leur valeur intrinsèque, laissant de côté, comme je l'ai fait pour les livres de l'Ancien Testament, la question de leur authenticité ;2
(4) Collection des conciles, lome X, Paris,. 1644. Onaéier* contre rauthenlîciié même de ce décret, attribué au pape Gélss^ de sérieuses objections. Le troisième concile de Carthage, leou e- S97 (canoR 47). et le concile de Laodicée, tenu à une date lut^- (aine, mais sous le pontiGcat de Sylvestre I^^' , qui fut pape de M« à 336 (canon 60), auraient déjà mentionné comme seuls authcoiii' t' les évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean. (Ibid., tomes UeiH^ Plus anciennement encore, dès la fin du n* siècle, saint Irèoéedi:' rait dit qu'il y avait quatre évangiles et qu il ne devait y eo d>^ que quatre, par la raison que la terre est partagée en quatre réfw^ et quMl y a quatre vents généraux. {Contra hoareses^ livre 3, et if art. S, Paris, 1710.) Saint Irénée donne encore d'autres rù^ aussi puissantes, celle-ci, par exemple, que le Verbe est asis-^ les chérubins (verset 2, Psaume SO [79] ), et que les chérubtDS' quatre formes (Apocalypse, ch. 4, v. 7), celle d*un lion, eelkd veau, celle d'un homme et celle d'un aigle, d'où il suit que i^évangiles devaient être en harmonie avec les quatre sièges Christ.
(2) Les objections élevées contre cette authenticité se tirent p" ticulièrement de ce que plusieurs pères des deux premiers ^^''^ ou ne font aucune mention de ces évangiles ou citent un n^^'^\ assez considérable des paroles de Jésus, qui ue s'y trouvei^l?^- J'épargnerai au lecieur cette discussion qui exigerait de longs etf^^ tidieux détail:*, et qui aurait de médiocres résultats pour le butq-'^ je me propose dans cet ouvrage.
Les trois premiers évangiles , ceux de Matthieu, Maicetisont, sur une infinité de points, de pures copies d'un mème^ ce qui leur a fait donner le uom de synoptiques. Le quairif^ celui de Jean, est celui qui s^éloigne le plus des trois autivvli été écrit manifestement dans un esprit de réaction eoolre la ^i dances des synoptiques, et par un auteur du ii* siècle quelque ?^ imbu de gnosiicisme et appartenant à ces églises d*Asle qui pi salent pour se rattacher plus particulièrement, comme à leur 11 dateur, à l'apôtre Jean. Marc et Luc, qui n'auraient pas éiei trea , sont les évangelistes qui se rapprochent le plus de Maitfe^ tandis que Jean et Matthieu , qui tous deux auraient été apÛ3«