‹ Examen critique des doctrines de la religion chrétienne (volume 2)Chapitre 91 sur 139 · VOCATION DES APOTRES · texte numérisé non relu

VOCATION DES APOTRES

D'après Matthieu, ch. 4, v. 18-22, et Marc, cli V. 16-20, Jésus, marchant sur le bord de la mer û> lilée, aperçoit Simon (Pierre) et André dans une que, puis Jacques et Jean dans une autre bar. les appelle et leur propose de les faire pt<rriiommes. Ceux-ci abandonnent leurs fllets et le ^ vent (2). La relation de Luc, ch. 5, v. 1-11, col' déjà des variantes assez considérables. Outre Tinc: (le la pêche miraculeuse, qui lui est propre, eL parle pas d'André. Mais cela n'est rien encore a i de la contradiction suivante. D'après révangik Jean, ch. 1®^, v. 35-42, Jean-Baptiste, accompapi' deux de ses disciples, leur dit en apercevant Je- « Voici l'agneau de Dieu. ^ Aussitôt ces deux disci;

(1) louJodxîj kpx^ioi.oyU, livre 18, ch. 5.

(2) On sait que de ce choix des premiers apôtres, pris parm: pécheurs, venait le rôle considcrahle que les mots et les imaç^ poisson et de pêche ont joué dans les idées et les représentasymboliques des premiers chrétiens, représentations qu'on retr dans des «monuments anciens et qui consenrent une sorte J preinte payenne.

ittent leur maître et suivent Jésus, qui les emmène is sa demeure. Les détails de la narration sont tellent précis et circonstanciés que Tévangéliste donne eure même de cette rencontre : « Il était environ la lixième heure. » Or Tun de ces disciples de Jeanptiste» qui suivent Jésus, était André; il rencontre 1 frère Simon, et lui dit : « Nous avons trouvé le Messie », et il amène Simon à Jésus. Certes voilà s relations qui ne se ressemblent guère. On notera plus que les lieux sont absolument différents, iprès révangéliste Jean, les choses se passent sur les rds du Jourdain où Jean-Baptiste exerçait son mistère, tandis que, d'après Matthieu, c*est sur les rds de la mer de Galilée ou lac de Génésareth, c'estdire, à une assez grande distance de là, que Jésus Qcontre ensemble les deux frères Simon et André. . 1 notera de plus que Jean, Tévangéliste qui raconte la sorte la vocation d'André et de Simon, est ce âme apôtre qui, d'après les trois autres évangélistes, rait assisté à la vocation de ces mêmes Simon et idré sur le lac de Génésareth, et qui aurait été aplé eu même temps avec son frère Jacques. Trouveit-on un juge qui osât fonder un jugement de l'inrèt le plus mesquin sur le dire de témoins oculaires li raconteraient les faits de cette façon? Les récits de Matthieu, ch. 10, v. 2-4; Marc, ch. 3, 16-19; Luc, ch. 6, v. 14-16; et Jean, ch. 1», v. 45- 3 , présentent d'autres discordances sur le choix 3S apôtres. Indépendamment de ce que Jean nomme athanaël, qui ne figure point dans la liste des trois atres évangélistes, Luc (Voir aussi les Actes desApô- *'eSy ch. 1«^ V. 13) nomme Jude, fils de Jacques, dont e parlent pas les deux premiers évangélistes, et d'un utre côté, il ne nomme pas Thaddée, qui figure dans mr liste. Comme il n'est pas parfaitement évident a^en nommant Nathanaël, Jean entende pour cela T. n. 15

rintroduire dans le corps des apôtres, la première dif» ficulté n'est pas très-considérable.'Mais il u*en est pas je mâme de l'autre. Thaddée est formellement appelé mtre dans les deux premiers évangiles, et Jude l'est é|2lement dans le troisième. Les docteurs disent qaeié môme K]}6ire pouvait avoir deux noms, puis partant de cette possibilité comm« d'un fait avéré, ils disent, irj leur énumération des apôtres, Thaddée ou Jude, hà ou Thaddée. Mais, pour donner plusieurs noms au mtce personnage, il ne suffit pas qu'il ait pu les avoir, il f:i:' encore qu'il soit établi qu'il les avait réellement, comme, par exemple, cela est dit expressément à Jacob, qui s'appelait encore Israël [Gentsûj ch. *^">>^ V. 27 et 28, et ch. 35, v. 10), de Pierre, qui s'appe:2:: encore Simon, Barjone et Céphas, et de Thomas, cs'appelait encore Didyraé (Matthieu, ch. 4, v. 1?, ch. 10, v. 2, et ch. 16, v. 17; Marc, ch. 3, v. 16; \x\ ch. 6, v. 14;etJean,ch. l^", v. 40 et 42, ch. ll,Y.:e. ch. 20, v. 2 et 24, et ch. 21, v. 2). Or rien absoluise-t dans les évangiles n'autorise à affirmer qu'un desap-tres ait eu les deux noms de Thaddée et de Jude. Il faut noter enfin (Jue cet apôtre Jude, que Luc appe.t fils de Jacques, se dit lui-môme, dans ri?p€/r« cctlylique qui lui est attribuée, v. l*^^ frère et non pas i^ de Jacques.

Dans Matthieu, Jésus n*a encore appelé que quat:* de ses apôtres, lorsqu'il prononce le discours des*;:, sous le nom de Sermon sur la montagne^ et qui occute les trois chapitres 5, G. et 7. La vocation de Mattlii-: n'est placée qu'au chapitre 9, v. 9, et la convocaîi complète des douze qu'au chapitre 10, v. 1-4. Dans U l'élection et la convocation des douze sont compieî^ lorsque l'évangéliste reproduit le célèbre disco::.'^ en Técourtant et en en modifiant plusieurs parti -^ Mais ce qu'il faut noter surtout, c'est là contrai. • tlon suivante que présentent les deux relations : cH

Matthieu, ch. 5, v. 1<?^ et ch. 8, v. P^, Ift discours a YiQM sur une montagne, et c'est de laque lui est venu son nom. Chez Luc au contraire, ch. 6, v. 17, Jésus était descendu de la montagne dans la plaine lors* qu il harangua la foule qui le suivait (1).

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