PASSAGE A SAMARIE
Luc et Jean, les seuls évangélistes qui fassent passer ésus à Samarie, prêtent aux habitants des disposiions fort opposées. D'après Luc, ch. 9, v. 51-56, les lamaritains ne veulent pas recevoir Jésus parce qu'il e dirigeait du côté de Jérusalem, et Jacques et Jean n sont tellement indignés qu'ils demandent la permision de faire descendre le feu du ciel sur ce peuple
T. Il 15.
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inhospitalier (1). Jésus lés reprend de cette mairr»» pensée, ajoutant qu'il n^est pû-s tenu pour perdît ^(^i'^ pour sauter. D'après Jean, ch. 4, v. 9 et 39-42, le même Jean que Luc nous représente si irrité coQ'r? les Samat^itains, ceux-ci, lorsque Jésus passe danskar contrée, lui font au contraire un excellent accue?. quoiqu'ils sachent fort bien qu'il est Juif; ils le pri€t! de demeurer pendant deux jours au milieu d'cM.^t ils le proclament le sauveur du monde. Les relations de Luc »*t de Jean se rapportent sans doute à deoiy^^sages différents de Jésus en Samarie, puisque, d'après Luc, il allait à Jérusalem, tandis que, d'après Jean, il en venait ; mais cela n'explique pas le moins du mori des dispositions aussi contradictoires de la part dr Samaritains envers les étrangers. Quant à cette difr rence de direction de la marche de Jésus, elle est crj conséquence de la contradiction signalée plus haut Tentre Jean et Matthieu au sujet du théâtre habituel dei actes de Jésus, les indications de Matthieu et de Lad cet égard étant ordinairement les mêmes.
§ Ij. — CHAUSSURES ET BATON EN VOYAGE
D'après Matthieu, ch. 10, v. 10, Jésus recommamî-
(1) Des éditions portent, à la fin du verset 54, ces mois O»*' fit Êlie, Noua avons vu, au 4* livre de^ Itois, ch. !•», v. 10-* qu'en effet Élie avait foudroyé deux officiels du roi OchoiiâM cnl soldais qui Ihs accompagnaient. S'il avait bien agi. ^' cxpmpio claii b(Mi h imiliM-. Si au contraire, comme ci'la est <-^' dent, la demande des dii'ciples de Jésus ctuil iusensée, TacûoD^ prophète l'avait été également.
{V S o de c« chapitre.
aux apôtres de n'emporter en voyage ni chaussures ni bâton. D'après Marc, ch. 6, v. 8 et 9, il leur permet au contraire le bâton et les chaussures. D'après Luc, ch» 10, V. 4, il leur défend les chaussures, sans parler de bâton. Luc ajoute une recommandation qu'on ne trouve ni dans Matthieu ni dans Marc, celle de ne saluer personne en route. Cette dernière recommandation, dont la grossièreté choquait Origène (1), est maladroitement imitée de celle que. fait le prophète Elisée à son serviteur Giézi, au 4® livre des Jiois, ch. 4, v. 29, mais qui s'explique par la nature de la commission dont il le charge.
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^ § 12. — ôuéiusoN DE cicné
En racontant tous trois là guérison de cécité opérée à Jéricho. Matthieu, ch. 20, v. 29-34; Marc, ch. 10, V. 46-52; et Luc, ch. 18» v. 35-43, et ch. 19, v. l^, présentent de remarquables divergences. Selon Matthieu, il y avait deux aveugles; selon Marc et Luc, il n y en avait qu'un, dont Marc donne môme le nom. De plus, d'après Matthieu et Marc, Jésus sortait de Jéricho quand il opéra la guérison; d'après Luc au contraire, non-seulement Jésus ne portait pas de Jéricho, mais il n'y était pas môme encore entré, il ne faisait que d'en approcher. Jean ne dit rien de ce miracle, dont il a dû être témoin. Mais il raconte la guérison d'un aveugle de naissance, opérée à Jérusalem et dont on ne trouve aucune mention dans les trois premiers
M) iiifiï à(i)^v, livre 4, J 18, lome !•', Paris, 1733.
évangiles, quoique Matthieu ait dû y assister. Du ' cette relation de Jean, Jésus crache à terre et fait r*r sa salive de la boue dont il oint les yeux de Taveiaf.' puis il renvoie se laver dans la piscine de Siloé, " c'est après cette lotion seulement que la guérison r. opérée, ch. 9, v. 6 et 7 (1). Cette onction et cette lor. figurent-elles ici comme des moyens caratifs natire. La suite du récit ne permet pas cette supposition, cagents thérapeutiques n*ayant rien à faire dans ::: opération qui est donnée pour surnaturelle et et .: commandement, la simple volonté de ropérateur d ' suffire. Ce sont donc de pures simagrées, autorisaciir soupçons sur le sérieux de Topération. Le miracle t^ suivi d'interrogatoires que font successivement sali: Taveugle ses voisins et les pharisiens à qui ils Y^^ nent, interrogatoires où se montre Tintention éride:: du narrateur d*amuser le lecteur aux dépens des c:. teurs, en les faisant discuter avec un mendiant qui 1^ raille et les met à bout d'arguments. Tout dfela est arrangé avec cette sorte de finesse qui caractérise IV prit légendaire, v. 8-34. Dans une autre guérisou d^ aveugle de Bethsaïde, qu'on ne lit que dans TévaBride Marc, ch. 8, v. 22-25, la salive et les attoach^ ments interviennent aussi. De plus, Jésus agit comn^ s*il doutait de sa vertu miraculeuse ou comme s il y pouvait l'exercer que par des actes successifs. H emène l'aveugle hors du bourg, et il s'y prend à deux f^ pour le guérir, attendant les progrès de la cu^ comme le ferait un médecin ordinaire, et interrogea: à cet égard le malade qui, après la première opératier ne voyait encore les hommes que comme des arb^e^ l Ceux qui commandent à la nature procèdent habituel; lement avec plus de confiance dans le succès de leir
(i) Comparer avec les miracles que TacUe attribue à ye8|>asie£ et que J'ai relatés dans un note de la page 208 du tome !•'.
actes et d*ane façon moins compromettante pour leur puissance surnaturelle.
§13. — ENTRÉE A JÉRUSALEM. LES VENDEURS ET LES ACHETEURS CHASSÉS DU TEMPLE ET LE FIGUIER DESSÉCHÉ
D'après Matthieu, ch. 21, v. 1-7, Jésus se disposant à faire son entrée à Jérusalem envoie deux de ses disciples chercher une ânesse et un poulain ; il recommande seulement de les détacher, de les emmener et, si quelqu'un le trouve mauvais, de dire que le Seigneur en a besoin. L'évangéliste ajoute que tout cela a été fait pour l'accomplissement d'une prophétie dont il altère les termes (1). D'après Marc, ch. 11, v. 1-7, et Luc, ch. 19, V. 28-35, Jésus envoie chercher un poulain sur lequel personne ne s'était encore assis, et il n'est dit mot de l'accomplissement d'une prophétie . D'après Jean , ch. 12, V. 12-15, Jésus n'envoie pas chercher d'avance une monture, mais en venant à Jérusalem, il trouve dans sa route un ânon sur lequel il s'assied selon la prophétie, dont le texte est altéré comme dans le récit de Matthieu. Ce sont là de graves divergences dont plus d'une peut même s'appeler une contradiction. Mais voici quelques autres détails, les uns véritablement grotesques, les autres contraires aux lois de la stricte honnêteté. D'après Matthieu, les disciples font asseoir Jésus à la fois sur l'ânesse et le poulain (dans la pro-
(i) Cette prophétie se lit dans Zacharie, ch. 9, v. 9 : « Voici c ton roi qui t'arrivera juste et sauveur, il est doux et monté sur « un âne et sur un ftnon, petit d'ànesses. »
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phétie» le roi était assis sur deux bfttes) ; eela detait donner au public un spectacle peu approprié à la dignité d'une entrée triomphale. Le poulain sur lequel Marc et Luc placent Jésus et sur lequel personne ne s^était encore assis, devait faire une monture fort pes complaisante et dont les impatiences, inévitables en pareil cas à moins d*un miracle, ne pouvaient qu exciter la risée des spectateurs. Dans Tévangile de Marc, de^ personnes parmi lesquelles on peut supposer que se trouvait le propriétaire du poulain, voyant les disciples le détacher et Temmener sans en avoir préalablement demandé la permission, leur adressent des représentations sur cet acte qui partout ailleurs semblerait malhonnête. Les disciples font alors la réponse que Jésus leur avait dictée, et ici il est dit qu*on les laisse aller. ce qui peut absolument s*entendre d'un conseutemeni au moins tacite qu'ils obtiennent et qu'ils auraient dû demander d'abord. Dans Tévangile de Matthieu, Jé$a> leur avait bien annoncé qu'on les laisserait aller, mais il n'est pas dit qu ils aient en réalité obtenu la permission qu'ils n'y demandent pas. Dans Tévangile de Luc. Jésus ne leur annonce pas qu'on les laissera aller, et i n'est pas dit non plus qu'ils aient obtenu la permission qu'ils n*y demandent pas davantage. Dans TéTangile d: Jean, il est dit seulement que Jésus trouve un ànon e' qu'il monte dessus, comme si o'était là une chose tout: simple. S'il agissait ainsi en vertu du souverain domain de Dieu, il fallait le dire; si c'était en sa quali: d'homme, venant donner au monde l'exemple de toute: les vertus humaines et par conséquent du respect de i propriété, cela était peu édifiant.
Matthieu etMarc représentent, chacun dans tin mèr chapitre, Jésus chassant les vendeurs et les achetec"^ du temple et desséchant un figuier sur lequel il ër venu en vain chercher des fruits. Mais ils se contre^ sent sur l'ordre de aucoession de ces deux faits. D>
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près Matthieu, ch. 21, v. 12-20, la scène des vendeiirs et des acheteurs chassés du temple précède celle de la malédiction du figuier; d*après Marc au contraire, ch. 11, V. 12 21, elle ne vient qu'après. Chez Luc, qui ue dit rien du figuier desséché, Texpulsion des acheteurs et des vendeurs a lieu, ch. 19, v. 45 et 46, comme chez Matthieu, le jour de rentrée de Jésus à Jérusalem, tail*> ' dis que, chez Marc au contraire, elle a lieu le lende* mnin. Autre divergence entre les deux premiers évan^ gëlistes : selon Matthieu, v. 20, le figuier se dessèche à Tinstant même de la malédiction de Jésus, et ses disci-» pies s*en aperçoivent sur-le-champ et en font la remarque; selon Marc, v. 19-21, c'est le lendemain seulement que le figuier est desséché» ou que du moins ils s'en aperçoivent et que Pierre le fait observer à Jésus.
Demandons-nous s'il est rien de plus déraisonnable qae de maudire et dessécher un figuier parce qu'on n'y trouve pas de fruits pour apaiser sa faim. N'est-ce pas là une de ces colères d*enfants qui prétendent punir dus êtres privés d'intelligence et de liberté, parce qu'ils ne les trouvent pas dociles à leurs désirs et à leurs caprices? N'est-ce pas dès lors un acte indigne d'un homme aussi sensé que Jésus le paraît ordinairement? Et comme si la chose n'était pas déjà assez extravag-ante par elle-même, Marc, v. 13, a soin de faire remarquer que ce n était pas la saison des figues. On n'a donc pas ici, même eu se plaçant au point de vue de l^enseignement sous forme d'action symbolique, la ressource de dire que, voyant un arbre ne pas remplir sa destination, et voulant prendre de là occasion de donner une leçon morale aux hommes dont la vie demi ire stérile, il le détruisit par cette raison seulement qj'il xio portait pas de fruits, ce qu'il fallait dans tous les ca \ laisser faire au propriétaire. Ce dont on s'étonne surtout, c'est que Jésus allât chercher des fruits là où il
devait savoir, en sa qualité de Dieu, qu'il n'y en atait pas. J*ai dit que Luc n'avait pas Thistoire du figuier desséché; est-ce pour cela que lui seul a rapporté, cb. 13, V. 6-9, une parabole qui en est la condamnation ?
Matthieu, Marc et Luc placent la scène d'expulsion des vendeurs du temple près de la fin de la mission de Jésus, tandis que Jean, ch. 2, v. 14-16, la place près du commencement de cette même mission. Les circoostances dès quatre récits sont à peu près identiques; il est donc peu probable mais il n'est pas absolument impossible que le fait ait eu lieu deux fois, Matthieu, Marc et Luc parlant de la seconde, et Jean de la première. Mais que penser de ces actes de violence exercés par Jésus contre des vendeurs et des acheteurs établis nca pas assurément dans la partie sacrée du temple mais dans une de ses enceintes extérieures? C'était là qie se vendaient les victimes que la dévotion juive venait ofirir à Dieu selon la loi de Moyse. C'était sans douu un assez vilain spectacle que ce marché ; mais il étax: en harmonie avec le genre de piété du temps et du lien, et n'était du reste pas plus choquant que ces comtneroe« de diverses sortes qui se font aux portes et jusque dans l'intérieur de certaines églises chrétiennes. Quelque légitime que pût être le sentiment de dégoût, d'indignation même de Jésus, il pouvait l'exprimer d^une façon qui fût moins en désaccord avec ce caractère de mansuétude qu'on lui attribue habituellement. On coiaprendrait tout au plus que, cédant à un mouvement de sainte colère, il apostrophât les trafiquants, mais n(% qu'il recourût contre eux à des voies de fait. La namti:ii de Luc est la pins simple et celle qui blesse k i;: >ins la vraisemblance : elle permet de supposer q:t Jésus chasse les vendeurs et les acheteurs par la seuk autorité de sa parole, en leur reprochant de converni 'ne maison de prières en une caverne de voleurs. Datf
les relations de Matthieu et de Marc, il leur adresse bien le même reproche, mais il ne s*en tient pas aux paroles ; il renverse les tables des changeurs et les sièges des marchands de colombes. Dans le récit de Jean, il chasse les vendeurs mais non les acheteurs ; il ne se borne pas à renverser les tables des changeurs, il frappe à coups de fouet les gens et les bètes ; car on vendait non plus seulement des colombes mais encore des brebis et des bœufs, ce qui autoriserait au besoin à croire que la scène se passait dans une des parties accessoires du temple. Comment admettre que ce doux Jésus, ordinairement si patient et si maître de lui-même, se soit porté à des actes d'une telle brutalité ? Est-ce là une manière d*agir qui convienne, je ne dis pas à un Dieu ou à son mandataire, mais simplement à un sage? Et ne semble-t-il pas que, dans la relation de Jean, v. 17, le narrateur ou les disciples mêmes de Jésus éprouvent de rembarras pour s'expliquer sa colère, quand on les voit y chercher l'accomplissement prophétique de ces paroles du verset 10 du psaume 69 [68], le zèle de ta maison m'a dévoré ? En admettant même que Jésus eût voulu se comporter de la sorte, on se demande s'il n'eût pas été empêché dans l'exécution soit par l'autorité quelconque (dans la relation de Marc, des sacrificateurs sont présents) qui faisait la police des abords d'un temple unique où affluait une si grande foale, soit par le public lui-même des vendeurs et des acheteurs ainsi maltraités. Tout cela s'arrange bien sans doute dans r esprit de ceux qui tiennent Jésus pour un Dieu, paralysant par sa puissance surnaturelle toute pensée de résistance à ses violences : un miracle n'est pas de trop en effet pour lever de telles difficultés; mais cela n'est pas tout à fait aussi simple pour nous qui regardons comme certain qu'il n'y a pas d'autre Dieu que Dieu même, et qui n'avons pas la ressource des miracles.
270 SRGOPfDE PAftTIC
§ U. — ONCnON DE JÉS9S
Les quatre éYangëlistes, Matthieu, ch. 2A, y. 2-13, Marc, ch. 14, v. 1-9, Luc, ch. 7, v. 36-40, et Jean, ch. 12, V. 1-8, racontent une scène d'onction de Jésus par une femme, scène étrangement passionnée et d'une valeur morale plus que équivoque. S\ngit-il d'une seule et même onction ou de plusieurs? Matthieu, Marc et Jean semblent avoir eu l'intention de décrire la môme •cène. Pour ce qui est de Matthieu et Marc, cela est évident. Pour ce qui est de Jean, voici les ressemblances asseï nombreuses et assez frappantes. Chez lui» comme chez Matthieu et Marc, les choses se passent à Béthanie, peu de jours avant lapàque; Jésus est à table; la femme apporte un parfum précieux, du nard comme chez Marc; un assistant au moins se scandalise; Jésus fait allusion à sa sépulture et déclare qu'il y aura toujours des pauvres parmi les hommes. Voilà certes un concours de circonstances identiques, qu'il serait déjà fort extraordinaire de rencontrer dans des scènes difierentes. On est donc autorisé à supposer que les narrateurs veulent parler ici d'une même scène. Mais, dans cette supposition, comment expliquer les contradictions suivantes? D*après Matthieu et Maro, la scène a lieu deux joxxrs seulement, d après Jean six jours avant la pàque; d'après Matthieu et Marc dans la maison de Simon qu'ils surnomment le lépreux, d'après Jean dans celle de Lazare le ressuscité; d'après Matthieu et Marc, c'est la tite de Jésus que la femme arrose de parfum, tandis que, d'après Jean, ce sont les pieds, que de plus elle essuie avec ses cheveux. Enfin, selon Matthieu, les disciples de Jésus s'indignent de la
prodigalité de la femme, tandis que, selon Jean, Judas ISCariote est le seul des disciples qui se scandalise. Voyons maintenant la narration de Luc. Elle présente des caractères qui lui sont particuliers. D'abord la scène a lieu dans les premiers temps de la mission de Jésus, et non sur la fin de cette mission comme che2 les trois autres évangélistes. Luc introduit une femme de mauvaise vie, tandis que Jean nomme au contraire Marie, sœur de Marthe et de Lazare, amie comme eux de Jésus (Jean, ch. 11, v. 5). D'après Luc enfin, Thôte seul est choqué, non pas de la prodigalité de la femme, mais de ce que Jésus admet auprès de lui une telle personne^ tandis que, d'après Matthieu, ce sont les disciples 9e Jésus qui se scandalisent de la prodigalité de la femme, et d*après Jean, c*est un seul de ces disciples, celui qui ailait bientôt le trahir. Ces différences, leâ deux premières surtout, ne semblent point permettre de supposer que la scène décrite par Luc soit la même que celle des trois autres évangélistes. Mais alors comment expliquer les ressemblances suivantes? Gomme chez les trois autres évangélistes, la scène se pjtsse pendant }U6 Jésus est à table; comme chez Matthieu et Marc, hOte se nomme Simon; enfin comme chez Jean, la exnme répand le parfum sur les pieds de Jésus» et les essuie avec ses cheveux.
En résumé, ou c'est la même scène d'onction que les uatre évangélistes entendent décrire, et j'avoue que e/a n*est point démontré rigoureusement, ou ce sont lusieurs scènes difi'érentes. Dans le premier cas, les >ntradictions abondent. Dans le second cas, il faut adettre, non pas deux mais trois scènes, une pour Matfeu et Marc, une pour Jean et une pour Luc; mais 3rs on se heurte contre un concours de similitudes i ne se trouve pas dans les chances de la probabilité qui doit alors paraître infiniment suspect. Ke marquons enfin, au moins comme un défaut d*ordre
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dans la rédaction des récits évangéliques, qu'an chapitre 11» Y. 2, Jean parle de Fonction de Jésus par Marie comme d*an fait qu il aurait déjà mentionné et qu alors aurait eu lieu avant la résurrection de Lazare, tandis que ce n*est qu'au chapitre suivant qu'il raconte cette onction comme ayant lieu après la résurrection de Lazare.