V\ — EMPLOI DES EAU3L AMÈRES
Le chapitre 5, v. 12-51, contient les superstitions les plus grossières sur la fabrication et remploi des eaux amères. Si un homme soupçonne sa femme d*adultère, mais sans pouvoir produire des témoins, il ramènera au prêtre, à qui il fera d'abord son offrande. Celui-ci prendra de Teau sainte dans un vase d'argile; il y mêlera de la poussière du pavé du tabernacle, puis chargera le tout de malédictions, y. 17 et 18. Gela fait, il présentera à la femme ces eaux amères, en lui disant que, si elle est innocente, elles ne lui feront absolument rien, mais que, si elle est coupable , Jéhovah lui fera pourrir la cuisse et enfler le ventre, v. 19-22. La femme, après avoir répondu amen, avalera la potion, qui agira sur elle exactement comme il vient d'être dit (1). Cette épreuve n*est autre chose, comme on voit,
(1) Les chrétiens de toutes les communions doivent , aussi bien que les
que le jugement de Dieu; elle repose , aussi bien que le mode d^instruction des affaires criminelles par les tortures de la question, sur ce principe des législations barbares, que la Divinité est aux ordres d*une ignorance capricieuse et brutale, et doit intervenir miraculeusement pour dissiper les perplexités du juge quand, où et comme il plaît à celui-ci de le fixer.
§ 2. — FRACTIONNEMENT DE l'eSPRIT DE MOYSE.
Ch. 11, V. 17 et 25, en faisant la conversation avec Moyse, Jéhovah lui enlève une partie de son esprit, absolument comme si l'esprit était une chose solide, étendue, composée de parties qui pussent se compter, se peser, se séparer les unes des autres, et il distribue ce fragment qu'il vient de détacher de l'esprit de Moyse entre 70 vieillards qui se mettent aussitôt à prophétiser. Voilà assurément une grande merveille psychologique.
juifs 9 recevoir avec un saint respect ces extravagances et tant d'autres de même genre, qu'ils lisent dans la Bible et qu'ils regardent comme l'œuvre de Dieu. Ont-ils donc alors le droit de se moquer des sottises du Talmud, que la tradition rabbinique a ajoutées à leurs livres sacrés et qui en sont les fruits si légitimes ? Cette question s'applique particulièrement au livre , remarquable d'ailleurs, de Mac Caul, recteur de Saint- Jacob à Londres. Yoir la traduction libre qu'en a donnée M. Oster, sous ce nom les Sentiers d'Israël, Paris, 18éé.
§ 3. — RÉVOLTE DE MARIE ET d'aARON CONTRE MOTSE.
Gh. 12, il parait que Moysc traînait dans ses bagages, à travers le désert, les petites misères du cœur humain, et que, par le fait des femmes, Fliarmonie ne régnait pas toujours entre les membres de la famille; car un beau jour, sa sœur Marie, soutenue par Aaron et jalouse de l'Éthiopienne, femme de Moysc , s'écrie : « Est-ce que Jéhovah n'a parlé que par « Moyse ? N'a-t-il pas parlé aussi par notre entremise, et ne « nous a-t-il pas également exaucés? » V. 1 et 2. Cette dispute de ménage a pour résultat définitif de confondre Toi^eilleuse Marie, que Dieu couvre de lèpre, v. 10. Je ne mentionne un incident d'aussi peu d'importance que parce qu'il fournit à Moyse une occasion de glisser son propre éloge entre parenthèses, en apprenant h la postérité, qui sans cela ne s'en serait pas doutée, qu'il était le plus doux de tous les hommes vivant (Hors sur la terre, v. 5. D'après ce que nous avons déjà vu de la douceur de Moyse, cet éloge doit nous donner une bien triste idée des autres hommes de ce temps-là.